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Le combat de Berta Cáceres contre l’impunité des multinationales

Le meurtre de Berta Cáceres, militante hondurienne des droits humains et de l’environnement, montre une fois de plus la nécessité de combattre l’impunité des multinationales. En lutte contre une centrale hydro-électrique, elle a été assassinée le 3 mars 2016 par des hommes armés. Qu’attendons-nous pour qu’un traité international contraignant régule les activités des multinationales et renforce l’accès à la justice des populations impactées ?

Berta Cáceres était la représentante du Conseil national d’organisations populaires et autochtones du Honduras. Ce leader autochtone Lenca, organisatrice communautaire, féministe de base et militante pour la justice environnementale, se battait notamment contre le projet de centrale hydro-électrique Aqua Zarca sur le territoire du peuple Lenca. En 2015, elle a reçu le prix Goldman pour l’environnement, l’un des prix américains les plus reconnus pour la défense de l’environnement. En 2016, le 3 mars, elle a été assassinée chez elle, par des inconnus.

Gustavo Castro, représentant des Amis de la Terre Mexique, a également été blessé durant l’attaque. Témoin du meurtre,sa sécurité est en danger et le gouvernement hondurien ne veut pas le laisser rentrer chez lui au Mexique.

Les Amis de la Terre France et les Amis de la Terre international demandent qu’une enquête indépendante ait lieu, que Gustavo Castro soit protégé, que les militants du Conseil national d’organisations populaires et autochtones du Honduras et le peuple Lenca cessent d’être persécutés, et enfin que les projets hydro-électriques contestés soient suspendus.

A qui profite le crime ? La responsabilité du gouvernement hondurien et des compagnies chinoise et européennes

En réponse à l’opposition du peuple Lenca au projet de barrage Aqua Zarca, le territoire a été militarisé et les militants persécutés. En 2013, Tomás Garcia, également opposé à un projet de centrale hydro-électrique, a été tué par un policier lors d’une manifestation. Berta Cáceres était régulièrement menacée et la Commission inter-américaine des droits de l’Homme avait ordonné au gouvernement hondurien de la protéger. En vain puisque Berta Cáceres est venue allongée la liste des 111 militants des droits humains et de l’environnement tués au Honduras entre 2002 et 2014.

Ce contexte violent n’a pas effrayé les financeurs européens qui ont investi dans le projet : FMO, un fond contrôlé par le gouvernement néerlandais et Finnfund, un fond finlandais qui mettent en avant leur politique de responsabilité sociale et environnementale.

Au-delà de ce cas particulier, c’est la communauté internationale qui est responsable du vide juridique concernant les activités des multinationales

Tragique coïncidence que cet assassinat ait lieu quelques jours avant une session du Haut Commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme qui se réunit pour discuter d’un traité « entreprises et droits humains ». Les Amis de la Terre souhaitent que ce traité donne accès à la justice aux victimes des multinationales, renforce les devoirs des Etats de protéger les droits humains sur leur territoire ainsi que lorsque des entreprises nationales agissent à l’étranger. Jusqu’à présent, l’Union Européenne et la France ont tenté d’obstruer les débats alors qu’elles n’hésitent pas à créer des tribunaux spécifiques et à accorder des droits spécifiques aux investisseurs dans le cadre des traité de libre-échange comme le TAFTA.

Pour demander la protection de Gustavo Castro, militant des Amis de la Terre Mexique, blessé lors de l’assassinat de Berta Cáceres et témoin du meurtre :

Contact presse :

Laureline Bourit, chargée de campagne industries extractives et RSE, 06 20 79 72 31

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