Le compostage est un processus de stabilisation des matières organiques par dégradation permettant la production d’un amendement organique : le compost.
Ce processus est le fait de l’activité de micro-organismes se développant dans des conditions particulières de présence d’oxygène (il s’agit donc d’un processus aérobie), de chaleur et d’humidité. Schématiquement, ce processus se déroule en deux étapes : la fermentation et la maturation. Lors de la phase de fermentation, la température augmente jusqu’à 70° ceci permettant l’hygiénisation du compost par élimination des germes pathogènes, parasites, etc.
Le compostage peut être réalisé en gestion domestique (dans un jardin, au pied d’un immeuble) ou en plateforme collective (un espace dédié pour le territoire avec centralisation des résidus).
Le compostage domestique.
La gestion domestique des résidus organiques permet le traitement biologique directement par les producteurs, en l’occurrence, la population. Contrairement à ce que l’on pense, la gestion domestique est applicable à l’habitat individuel comme à l’habitat collectif. La collectivité, même si le traitement biologique est réalisé par la population, doit mettre à disposition le matériel pour le compostage. De plus, pour que le traitement aérobie se déroule dans de bonnes conditions, il faut former la population aux techniques de compostage.
· Dans l’habitat individuel
Ce type d’organisation est applicable à un grand nombre de situations, qu’il s’agisse de zones à faible densité (habitat rural) ou périurbain (habitat horizontal). Dès que les ménages ont un espace disponible en extérieur, la collectivité peut distribuer des composteurs individuels.
· Dans l’habitat collectif
On met à disposition au pied des immeubles des composteurs que la population utilisera de la même façon que les composteurs individuels. Cette solution n’est possible que dans le cas d’un espace disponible au bas des immeubles.
Le compostage collectif : plate-forme gérée collectivement.
On peut centraliser les résidus organiques sur des plate-formes de compostage par apport volontaire des déchets verts comme des restes de cuisine ou par une collecte sélective. La solution de la plate-forme collective est particulièrement applicable aux zones rurales et périurbaines. En effet, le débouché pour l’amendement organique produit est facilité dans ces zones.
Les étapes du traitement par compostage en plateformes collectives
· La réception et le stockage des matières : Dans cette étape, il s’agit de réaliser le contrôle, le tri, le suivi du produit réceptionné.
· Le mélange, broyage et mise en andains :
le mélange : cette étape permet le respect des différentes proportions nécessaires au bon déroulement du compostage : le rapport carbone/azote (C/N), le taux d humidité, etc.
le broyage : il s’effectue généralement sur l’aire de réception. Il est parfois nécessaire de réaliser un arrosage pour atteindre les 60 % d’humidité.
la mise en andains : le compost est placé sur des andains de deux à trois mètres de hauteur sur l’aire de fermentation.
· La fermentation active et le retournement : Cette phase dure de 2 à 3 mois. C’est une phase de grande dégradation de la matière organique, ceci consommant beaucoup d’oxygène. Le retournement fréquent est nécessaire pour permettre l’oxygénation des andains ainsi que l’arrosage pour maintenir le taux d humidité.
· La maturation et le retournement : Cette phase, longue de 3 à 5 mois, est caractérisée par une baisse de la consommation d’oxygène, le retournement devenant moins fréquent. L’arrosage doit être arrêté pour arriver à un taux d’humidité compatible avec le criblage.
· Criblage et stockage : Il faut protéger les andains sous bâche ou dans un hangar avant criblage. Il est réalisé grâce à des tamis vibrants ou à tambours. Suite à cette opération, le compost doit être stocké par trois mètres de hauteur maximum jusqu’à la commercialisation ou la redistribution.