Le gouvernement délivre de nouveaux permis pétroliers à la veille de la COP21 !

A la veille des négociations climatiques internationales, le gouvernement vient d’accorder de nouveaux permis pétroliers sur le territoire français. Loin d’être isolés (1), ces cas répondent à une politique active du gouvernement de promotion du renouveau extractif en France (mines et hydrocarbures) (2). Une décision aberrante qui aggravera le changement climatique et va à l’encontre des promesses d’engager une véritable transition énergétique qui implique une sortie urgente de notre dépendance aux énergies fossiles.

Ci-dessous le communiqué de presse signé par les collectifs citoyens et les organisations nationales, dont les Amis de la Terre France.

Le 21 septembre dernier, Ségolène Royal, Ministre de l’écologie, et Emmanuel Macron, Ministre de l’économie, ont accordé trois nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux (les permis de Champfolie en Seine-et-Marne, de Herbsheim dans le Bas-Rhin et d’Estheria dans la Marne) et ils ont décidé d’en prolonger deux autres jusqu’à fin 2018 (les permis de Bleue Lorraine en Moselle et de Juan de Nova dans « les terres australes et antarctiques françaises »). Ces permis de recherche visent officiellement des pétrole et gaz conventionnels, mais également des pétrole et du gaz non conventionnels, malgré la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique.

A la veille de la Conférence de l’ONU sur le changement climatique à Paris, le gouvernement encourage donc la poursuite des investissements dans la recherche de nouveaux gisements d’hydrocarbures sur le territoire français. Une décision qui entre en contradiction avec les recommandations des scientifiques qui ont clairement établi qu’il fallait geler 80 % des réserves actuelles prouvées d’hydrocarbures, pour avoir une chance raisonnable de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement climatique d’ici la fin du siècle.

En délivrant ces nouveaux permis, le gouvernement fait donc le contraire de ce qui est nécessaire : à l’heure où pour chaque euro investi dans les énergies renouvelables, près de quatre le sont dans les énergies fossiles, il est urgent de mettre fin à l’expansion du front de l’extraction des énergies fossiles. Que valent donc les promesses de François Hollande et des négociateurs français d’obtenir un « accord historique » à Paris et de « tout faire » pour rester en deçà des 2°C, si c’est pour entretenir cette fuite en avant extractiviste et les crimes climatiques qui en découlent ?

Nous exigeons que le gouvernement annule les permis qu’il vient de délivrer et mette fin à la prospection pétrolière, gazière et charbonnière sur le territoire. Pour que les discours sur l’urgence climatique ne restent plus sans lendemain.

Paris le 1er Octobre 2015

Signataires :

Organisations : 350.org, Agir pour l’environnement, Aitec, Amis de la Terre, Attac France, Confédération paysanne, Coordination Eau Île-de-France, France Libertés, FSU, Réseau Action Climat, Solidaires

Collectifs citoyens contre les hydrocarbures de schiste et de houille  : Collectif du pays fertois (77), Stop GDHC d’Alsace et de Lorraine, collectif Carmen (Château-Thierry 02), Collectif stop gaz de schiste 69, Collectif Haut Bugey non aux forages, Collectif non au gaz de schiste pays de Savoie et de l’Ain, Collectif 07 Stop Gaz et Huiles de Schiste, collectif houille-ouille ouille 59/62, collectif d’Anduze, collectif 91, Collectif GDS Roquedur-Le Vigan, Collectif viganais, STOP GHRM 38...

Contact presse :
Pierre Sagot, Les Amis de la Terre : 06 86 41 53 43 ; communication@amisdelaterre.org

En savoir +

Voir aussi sur le site des Amis de la Terre :
(1) Déjà en avril dernier, un recours contentieux avait été déposé contre la prolongation et la mutation du permis « La Folie de Paris » en Seine-et Marne, accordées par le gouvernement à une entreprise fantôme. Ce recours contentieux a été déposé par Les Amis de la Terre France, mandatés par les collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » (voir le communiqué de presse ici). La décision du Tribunal administratif de Melun est toujours attendue.

(2) Le gouvernement a ainsi créé en avril un comité "Mine responsable", auquel les Amis de la Terre ont refusé de participer (Ingénieurs sans frontière FNE s’en sont retiré récemment). Par ailleurs, la réforme du code minier en cours entend favoriser ce renouveau extractif.

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