L’écocertification est un concept né après le Sommet de la Terre de Rio de 1992 pour tenter d’enrayer la destruction des forêts tropicales. Les principales ONG de protection de l’environnement (Greenpeace, WWF et certains groupes des Amis de la Terre...) qui ont choisi de soutenir cette démarche ont identifié deux clés de voûte de l’écocertification :
la nécessité de protéger les droits des peuples autochtones vivant en forêt (devenue le principe n°3 du FSC)
la protection de la biodiversité animale et végétale (devenue le principe n°6 et 9).
En 1993, le Forest Stewardship Council (FSC) ou Conseil de Bonne Gestion Forestière est créé. C’est la première certification à s’être mise en place. Il regroupe trois chambres équilibrées qui assurent un fonctionnement démocratique : environnement (organisations de protection de l’environnement), social (organisations de défense des droits des peuples indigènes) et économique (forestiers et revendeurs de produits bois comme Ikea, Kingfisher, B&Q).
Cette écocertification repose sur 10 principes, qui sont ensuite déclinés régionalement. Dans de nombreux pays tropicaux, les lois forestières ne permettent pas de garantir une exploitation raisonnée des forêts, ni le respect des droits des peuples autochtones.
Les limites du principe d’écocertification
Si dans ces principes l’écocertification est un outil intéréssant, dans son application il y a encore de nombreux points à améliorer.
Depuis sa création en 1993, des études de cas soulignent régulièremment les limites de l’écocertification. Ainsi dans un rapport intitulé "Certifying the uncertifiable", le World Rainforest Movement a montré l’impact très négatif de la certification de vastes plantations d’arbres en Thailande et au Brésil. Des cas similaires ont été recensés en Afrique du Sud et dans d’autres régions du monde.
La principale limite de l’écocertification est ainsi d’être avant tout un outil de marché : par exemple, si le marché mondial exige plus de papier, l’écocertification ne peut pas inverser cette tendance. Ainsi pour fabriquer ce papier, certains pays du Sud sont en train de se transformer en champs d’arbres à croissance rapide destinés à alimenter l’industrie du papier.
Certes, l’écocertification peut permettre d’améliorer la qualité de ces plantations mais elle ne peut pas les empêcher. Pourtant même en les améliorant, ces plantations ont des impacts environnementaux très lourds. Par exemple, l’eucalyptus est un arbre très exigeant en eau. En le plantant sur de vastes surfaces, il déséquilibre le fonctionnement hydrologique de certaines régions et peut priver les populations d’eau comme mentionner à plusieurs reprises en Afrique du Sud.
Sous la pression des mouvements environnementaux d’Amérique du Sud, notamment des groupes nationaux des Amis de la Terre, FSC a accepté de revoir sa politique de certification des plantations (actuellement en cours de révision). Cette exemple montre que la certification FSC est également critiquable mais, qu’en offrant un réel espace de paroles aux mouvements environnementaux et sociaux, c’est une certifi cation dynamique et capable d’évoluer dans le bon sens.
De même, les forêts du bassin du Congo en Afrique Centrale qui représente le deuxième massif forestier dans le monde après l’Amazonie constituent la "chasse gardée" des grands groupes forestiers. Dans les prochaines années, 70 à 80% de la superficie forestière du bassin du Congo sera alloué sous forme de concessions à des entreprises d’exploitation forestière la plupart étrangères. Entre 10 à 15% de la superficie sera "mise sous cloche" pour créer des parcs nationaux et des aires de conservation dans lesquels les populations sont la plupart du temps exclues. Il ne reste que des miettes pour les populations locales et les peuples autchtones pour décider par eux même de l’avenir de leur forêt. Certes, l’écocertification peut permettre d’améliorer les conditions d’exploitation des forêts par les transnationales du bois mais cet outil ne permet pas aux populations locales et aux peuples autochtones qui dépendent de ces forêts de décider par eux même des projets qu’ils veulent faire.
Conclusion
Le label Forest Stewardship Council est la certification qui offre le plus de garanties environnementales et sociales aujourd’hui.
Si la certification FSC permet de renforcer le respect des droits des populations locales et des peuples autochtones, elle reste pour autant inefficace à régler les problèmes fonciers en zone tropicale car il ne s’agit pas d’un outil juridique mais d’un outil de marché.
Dans de nombreuses régions du monde, pour des raisons historiques ous sous la pression des institutions financières internationales, les Etats ont fait le choix d’allouer la forêt sous forme de concessions à des entreprises étrangères privant de fait les populations locales et les peuples autochtones du droit à la terre.
Les associations membres du réseau international des Amis la Terre appuient les populations locales et les peuples autochtones dans la mise en place de forêts gérées directement par ces communautés.
La certification FSC appliquée à ces forêts communautaires est une opportunité pour commercialiser des bois tropicaux de façon plus équitable et avec un impact environnemental réduit.