Alors que nous vivons au XXIe siècle, la notion de meurtre repose encore dans nos sociétés sur des représentations de la préhistoire et du Moyen Age : écraser un crâne à l’aide d’une massue, tuer au couteau… Pourtant, aujourd’hui, le meurtre chimique représente une véritable insécurité.
Devant la somme de connaissances dont nous disposons aujourd’hui, le CNIID conclut que la notion juridique de meurtre doit désormais inclure le meurtre chimique. En effet, les auteurs de ces meurtres utilisent une arme, en l’occurrence une arme chimique, dont le caractère mortel est bien déterminé, à l’image de la dioxine et de l’une de ses principales sources, les incinérateurs de déchets. Les études épidémiologiques sur les maladies que subissent les voisins d’incinérateurs de déchets donnent des résultats dévastateurs. Celle réalisée par l’Institut National de Santé et de Recherche Médical sur les 70 incinérateurs de la région Rhône Alpes et leur incidence sur la naissance d’enfants malformés conclut que « les risques significatifs pour les populations exposées sont observés pour […] les anomalies chromosomiques et les autres malformations majeures ». De plus, « une différence d’incidence nettement significative est observée avec un risque plus élevé pour les populations exposées après le démarrage de l’incinérateur qu’avant ». Et à Besançon, « le risque de développer un lymphome malin non-Hodgkinien [cancer] est 2,3 fois plus élevé pour les individus résidant dans la zone la plus exposée aux retombées de dioxines que pour ceux habitant la zone la moins exposée ».
Selon Pierre-Emmanuel Neurohr, directeur du CNIID, « dans le monde réel, des gens meurent empoisonnés. Nous connaissons les meurtriers et l’arme du crime. A nous de faire en sorte que les industriels et les politiciens qui pratiquent le meurtre chimique soient poursuivis ».
Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées, membres du CNIID vont relayer ces campagnes d’informations et dénoncer cet empoisonnement généralisé de notre planète : voir encadré pour la manifestation du 24 avril qui dénoncera le Plan Départemental des Déchets que s’apprête à adopter le Conseil Général de la Haute-Garonne, en dépit du bon sens et de la santé publique, qui privilégie le développement des incinérateurs .
mai 2004