A la suite du naufrage de l’Erika en 1999, près de 20 000 tonnes de fuel se sont déversées sur plus de 400 kms de côtes françaises, entraînant une catastrophe écologique majeure.
L’entreprise Total est poursuivie dans ce dossier pour « complicité de mise en danger de la vie d’autrui et pollution maritime ». Les Amis de la Terre se sont constitués partie civile dans le procès visant à établir les responsabilités pénales et permettre ainsi l’indemnisation des victimes.
Lundi 10 janvier, la Chambre de l’Instruction de la Cour d’Appel de Paris doit examiner l’opportunité de diligenter une nouvelle expertise sur le naufrage de l’Erika.
En juin 2004, alors que l’instruction est officiellement close depuis mars 2004, le Parquet de Paris demande une nouvelle contre-expertise sur l’état du navire suite à la communication par l’entreprise TOTAL d’un rapport la mettant hors de cause (commandé et financé par elle, et qui n’est pas considéré comme un rapport d’expertise par les auteurs eux-mêmes).
Les Amis de la Terre s’étonnent de cette demande singulière du Parquet, qui impliquerait de différer pour une durée très longue l’issue de la procédure. L’ensemble des victimes (riverains, bénévoles, marins, paludiers, dirigeants d’entreprises, artisans) attendent toujours, cinq ans après, d’être indemnisées. Tous n’en ont pas les moyens financiers. Faudra-t-il attendre, comme pour l’Amoco Cadiz, 14 ans avant de toucher un seul centime ?
Si la Cour donne raison au Parquet, c’est l’enlisement de la procédure pour plusieurs années. Comme dans le cas d’AZF, le groupe Total utilise les recours juridiques pour fuir ses responsabilités sur l’impact social et environnemental de ses activités.
Contact presse
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