La filière de recyclage des piles piétine. Deux piles sur trois finissent encore à la poubelle. La faible mobilisation des consommateurs additionnée à un manque d’efficacité de l’organisation des acteurs demeurent des freins au développement de cette filière. Les Amis de la Terre Paris dénoncent cette situation et s’impliquent pour réduire ces pollutions.
Du fait des innombrables appareils mobiles de notre quotidien (téléphones portables, appareils photo, jouets, baladeurs, assistants personnels, etc…) le nombre de piles vendues continue de croître et bien entendu le nombre de piles usagées augmente dans les mêmes proportions.
Après usage, les piles sont jetées dans la poubelle, ou pire dans la nature, les boîtiers s’altèrent par oxydation et des métaux lourds s’en échappent et se mêlent aux eaux usées, empoisonnent le sol puis les nappes phréatiques.
L’incinération des piles produit un gaz extrêmement toxique, composé de dioxines, qui répandu dans l’atmosphère pollue gravement l’air. De plus, les cendres et déchets de cette combustion, contiennent des métaux lourds qui peuvent également polluer le sol et les nappes phréatiques.
Une fois dans la terre ou l’eau ces composants toxiques, très persistants dans le temps, pénètrent directement dans la chaîne alimentaire, exposant les animaux ainsi que l’homme à une intoxication lente mais certaine.
La législation sur le traitement en fin de vie des piles usagées s’impose car les piles et accumulateurs contiennent des produits dangereux.
Mais pour recycler, il faut collecter !
Les conclusions du rapport de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) peinent à présenter une évolution positive de la situation.
Le rapport 2002 soulignait : « Comme en 2001, l’année 2002 apparaît comme une année de montée en charge très significative de la collecte. Le taux de collecte apparent des piles atteint ainsi 31% en 2002 contre 17% en 2001. Si des efforts restent à faire pour sensibiliser le consommateur et rejoindre nos voisins européens, il semble que le dispositif en place permette rapidement d’atteindre à terme des taux de collecte acceptable. »
Et le rapport 2003 déclare : »la quantité de piles collectée est en augmentation de 13% par rapport à 2002…Si ces résultats sont encourageants, des efforts complémentaires seront nécessaires pour atteindre les objectifs prévus dans la prochaine directive. Le ralentissement de la croissance de la collecte peut être notamment attribué à la stabilisation du dispositif après la phase de croissance initiale et à l’absence d’une communication nationale... »
Cette situation est elle acceptable, ces résultats sont-ils encourageants ? Passer d’un taux de collecte apparent de 31% en 2002 à 27% en 2003 n’est vraiment pas acceptable et encore moins encourageant.
De plus, les rapports successifs soulignent toujours les mêmes manquements :
-dispositif déclaratif de la profession non exhaustif
- communication de sensibilisation auprès du public qui reste le principal point noir.
La filière de recyclage a bien du mal à s’organiser. Les professionnels (fabricants et distributeurs) ont mis en place une organisation à minima pour satisfaire à la législation, mais elle ne répond pas aux objectifs de préservation de l’environnement recherchés. La France est loin derrière les pays du nord dont les taux de collecte atteignent les 60%.
Comment pouvons nous agir ?
Faire les bons gestes c’est :
- Choisir autant que possible des produits qui utilisent une autre source d’énergie que les piles (ex : alimentation électrique, capteurs solaires).
-Préférer, les accumulateurs ou « piles rechargeables ». (tout aussi polluantes en fin de vie, mais dont la durée d’utilisation est au moins 500 fois supérieure)
-Si vous ne pouvez utiliser des « piles rechargeables » choisir les piles alcalines ou au lithium plus puissantes, bien moins polluantes et à durée de vie bien plus longue que les autres types de piles.
- Ramener vos piles et accumulateurs usagés dans les bacs de collecte des distributeurs.
Rejoindre les Amis de la Terre - Paris qui préparent des actions concrètes pour réduire ces pollutions.
1. Inciter les organismes collectifs de collecte, notamment COREPILE et SCRELEC, à réaliser enfin une grande campagne d’information- sensibilisation.
2. Faire améliorer la visibilité des points de collecte dans les magasins de grande distribution parisiens .
3. réclamer auprès des fabricants de piles que le processus de collecte et la dangerosité pour l’environnement et la santé soit indiqué clairement sur l’emballage de produit.
4 promouvoir le développement des points de collecte dans les entreprises et les lieux publics.
Même si nous ne pouvons exclure totalement l’utilisation des piles, en faire un usage modéré et contribuer au recyclage de tous ces produits nous permettra de satisfaire aux exigences environnementales.