En réponse à la crise européenne déclenchée par la découverte de bétail contaminé par la maladie de Creutzfeld Jacob en France, en Allemagne et en Espagne, les 15 ministres de l’agricultures européens ont voté la semaine dernière l’interdiction des farines animales pour l’alimentation animale à partir du 01 janvier 2001 (1). Il en résulte que des sources alternatives de protéines doivent être trouvées pour nourrir l’important cheptel européen. Il est par ailleurs fait état d’importations discrètes (2) à destination de l’UE en provenance des Etats Unis d’un demi million de tonne soja certainement modifié génétiquement. Les importations de soja en provenance des Etats Unis pour les prochains mois pourraient atteindre plusieurs millions de tonnes.
Selon les AdT, De sérieuses leçons auraient dû être tirées de la récente crise de la vache folle, et notament qu’il ne faut pas introduire n’importe quoi dans les chaînes alimentaires. Pour David Azoulay, responsable de la campagne biotechnologies pour la France, "Cette solution revient à remplacer un problème d’environnement et de santé publique par un autre. Il serait aberrant, alors que les consommateurs ont clairement fait savoir qu’ils rejetaient les aliments transgéniques, et que de nombreuses entreprises agro-alimentaires excluent ces derniers de leurs produits (3), que le résultat de la crise de la vache folle soit une importation massive d’OGM en Europe. On demande au consommateur qui prend conscience que la peste menace de lui préférer le choléra !".
Commentant l’obligation qui serait faite aux pays européens d’importer des récoltes transgéniques d’après l’accord de Blair House (4), Gill Lacroix, coordinatrice de la campagne biotechnologies des Amis de la Terre Europe, déclare : "il est totalement inacceptable pour le consommateur européen que l’UE importe du soja transgénique des Etats Unis plutôt que de permettre aux agriculteurs européens de cultiver plus de plantes à fourrage. Le commissaire Fischler affirme qu’il est interdit à l’Europe de cultiver du soja et que les importations sont donc inévitables (5), mais il existe de nombreuses alternatives pour les agriculteurs européens. L’Europe peut faire pousser d’autres cultures riches en protéines, telles que le lupin, les pois etc... ou encore importer du soja non transgénique en provenance du Brésil".
Pour plus d’informations : Gill Lacroix, 00 32 2 542 01 82, mobile, 00 32 476 244 161 David Azoulay, 01 43 71 35 07, mobile, 06 84 15 69 01.
notes :
(1) Le 4 décembre, les ministres de l’agriculture européens ont approuvé des mesures d’urgences pour prévenir la maladie de la vache folle pour tous les animaux d’élevage.
(2) Wall street journal, 7.12.00 :"...L’Union Européenne a récemment acheté 500 000 t de soja aux Etats Unis, a déclaré un officiel . Celui ci a affirmé que cet achat s’était déroulé très discrètement étant donné la sensibilité de la question des OGM en Europe..."
(3) En mars, les AdT Ont révélé que plus de 20 producteurs et transformateurs agro-alimentaires parmi les plus important d’Europe était soit ’sans OGM’ soit en passe d’éliminer les OGM de leurs produits.
(4) L’accord de Blair House a été négocié pendant l’Uruguay Round du GATT et est inclu dans les obligatrion européenne dans l’OMC. D’après cet accord, la production européenne d’oléagineux (tournesols, soja etc...)est limitée et les agriculteurs s’expose à des pénalités en cas de surproductions. Ils sont dans le même temps, rétribués pour laisser certaines de leurs terres en jachères.
(5) "Malheureusement, pour être indépendant en soja, il faudrait changer le climat puisque celui-ci ne pousse que très mal en Europe..." Commissaire européen de l’agriculture, Franz Fischler cité par Reuters le 7.12.00




