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Le travail de l’ombre des Amis de la Terre

1. LES BANQUES RECONNAISSENT LES IMPACTS DE LEURS FINANCEMENTS

2005, les Amis de la Terre France lancent leur campagne pour la fin des financements des banques privées aux énergies sales. En face, les banques nient leurs responsabilités dans les impacts des activités qu’elles financent aux quatre coins de la planète. Alors que la question climatique se développe dans l’espace public, les banques se mettent peu à peu au vert….mais dans leurs bureaux uniquement – apparition de gobelets à la place de ceux en plastique, économies d’énergies au niveau du parc informatique, etc. Il faudra encore rappeler pendant quelques années que les vrais impacts des banques se passent sur le terrain, partout où elles financent des projets d’infrastructures pour qu’enfin, elles reconnaissent ne plus pouvoir tout financer sans considération sociale et environnementale.

En 2011, le big bang arrive : les banques adoptent enfin leurs premières politiques d’encadrement de leurs activités dans les secteurs les plus risqués – mines, énergies fossiles, nucléaire etc.

2. LES BANQUES NOUS SUIVENT

Occupations d’agence par des militant-e-s, interventions en Assemblées générales des actionnaires et rapports d’expertise... l’ombre des Amis de la Terre France plane dans les couloirs des banques. Les informations que nous publions, avec notre partenaire privilégié BankTrack, sont suivies, lues et connues du monde bancaire. Leurs commerciaux en charge des contrats avec les multinationales disposent d’ailleurs d’une liste de projets qu’ils leur faut mieux éviter de soutenir…

Cette liste, c’est la nôtre ; celle des projets que nous avons identifiés comme étant risqués pour les populations et l’environnement de manière visible sur nos sites internet, et qui en deviennent risqués pour la réputation des banques.

3. UN, DEUX, TROIS PROJETS ET TELLEMENT PLUS !

Belene, Alpha Coal, Plomin C, etc, nous avons empêché de nombreux projets controversés ! Si cela ne semble être qu’une goutte d’eau dans notre combat pour la réorientation des financements vers des sociétés soutenables, ce sont de grandes victoires pour la justice sociale et environnementale. Et c’est autour de ces batailles très ciblées que se construit le rapport de force et que se catalysent les débats que nous menons avec les banques sur des sujets de fond : l’impact de chaque énergie sur le climat et les ressources, l’indispensable changement de paradigme pour résoudre la pauvreté énergétique, le respect des droits des populations les plus vulnérables, etc.

La bataille contre l’énorme mine de charbon Alpha Coal en Australie a été clé pour structurer notre argumentaire contre cette énergie et pour convaincre les banques de la nécessité de mettre un terme à leurs financements aux projets charbon.

4. VERS DE VRAIES POLITIQUES D’EXCLUSION

En avril 2015, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale s’engagent à ne pas soutenir les projets d’infrastructures liés à l’exploitation et à l’exportation du charbon dans le Bassin de Galilée en Australie. Extraordinaire, leur déclaration l’est, car c’est la première fois que des banques affirment publiquement ne pas vouloir soutenir des projets en raison de leurs conséquences dramatiques, ici pour le climat et la Grande Barrière de corail, et se déclarent donc automatiquement hors-jeu de certaines transactions. Leur annonce fut un tremplin pour obtenir des engagements sur l’ensemble du secteur du charbon, d’abord sur les mines puis sur les centrales en mai 2015 et aussi sur les financements aux entreprises de cette industrie.

Aujourd’hui, non seulement toutes les banques françaises ont des politiques qui excluent tous les projets charbon et une partie des entreprises du secteur de leurs soutiens, mais leurs politiques, bien qu’encore très insuffisantes, sont de loin les plus avancées au niveau mondial. Et tout cela n’aurait pas été possible sans la victoire sur Alpha Coal puis sur le Bassin de Galilée.

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