Les Amis de la Terre appellent les distributeurs de bois à soutenir la commercialisation de pin des Landes

La nouvelle tempête qui vient de frapper les forêts du Sud-Ouest samedi dernier a mis à terre plusieurs dizaines de millions de mètres cubes de bois en particulier dans le massif des Landes. Toutefois, contrairement à la tempête de 1999, les débouchés pour évacuer et commercialiser ce bois sont beaucoup plus limités en raison de la crise économique.

Les Amis de la Terre appellent les distributeurs de bois et les grandes surfaces du bricolage à réorienter leur approvisionnement pour proposer en priorité du bois local : «  Alors que des millions de mètres cubes de bois risquent de rester en forêt faute de débouchés, les consommateurs continueront de trouver dans leurs magasins des planchers, des lambris, des menuiseries en pin importé. Dans certains magasins des Landes, nous avons même trouvé des tablettes en pin du Brésil ! Nous appelons les distributeurs à organiser, avec la filière bois, une opération exceptionnelle pour proposer des produits en pin des Landes au consommateur » propose Sylvain Angerand, chargé de campagne forêt aux Amis de la Terre.

Face aux changements climatiques qui pourraient conduire à une multiplication des tempêtes, le risque est d’inciter les propriétaires à privilégier une gestion à court terme des forêts. L’objectif serait alors de produire uniquement des petits bois pour l’industrie papetière, l’industrie des panneaux ou la production d’énergie. Pourtant, la production de bois moyen ou de gros bois est certes plus risquée car elle nécessite une gestion forestière sur plusieurs dizaines d’années mais indispensable d’un point de vue économique. Arrêter de produire du bois d’œuvre, c’est prendre la décision de fermer les scieries et les entreprises en aval qui créent de nombreux emplois. D’un point de vue écologique, une gestion forestière orientée uniquement vers la production de petit bois n’est pas non plus souhaitable : « Les gros bois sont indispensables pour la biodiversité car ils permettent à des espèces comme les pics de nicher. Le pire serait de convertir des forêts naturelles du Sud-Ouest en plantations d’espèces exotiques comme l’eucalyptus, qui certes poussent très vite mais appauvrissent les sols et la ressource en eau » souligne Sylvain Angerand.

Le plan d’action, en cours d’élaboration par le Ministère de l’Agriculture, doit permettre de soutenir une gestion économiquement durable de la forêt et être conditionné à des critères environnementaux. Des mesures spécifiques doivent être prises pour faciliter la commercialisation en filière courte de ces bois, dans les marchés privés et publics, en substitution aux bois d’importation qui représentent le deuxième poste de déficit commercial de la France.

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