Montreuil, Mont-de-Marsan, le 6 septembre
Profitant d’un vide juridique, un petit groupe d’agriculteurs soutenus par des lobbies sans scrupules ont cultivé en secret près de 1000 ha d’OGM en France. Il s’agit selon toute vraisemblance, essentiellement de maïs OGM, obtenu à partir de la manipulation génétique MON 810.
Cet OGM a été autorisé en 1998, dans le cadre de la première directive sur les OGM. Celle-ci ne prévoyait ni étiquetage, ni traçabilité et soumettait les autorisations d’OGM à des procédures extrêmement lacunaires et laxistes. Les OGM autorisés à l’époque ne pourraient pas l’être aujourd’hui, avec les exigences de la nouvelle réglementation.
D’autre part, la nouvelle directive européenne sur les OGM qui n’a toujours pas été retranscrite en droit français, prévoit elle, que la culture de tout OGM autorisé par cette nouvelle législation, soit inscrite sur un registre public.
Ces agriculteurs profitent honteusement d’une réglementation périmée et inadaptée pour planter un OGM qui n’a pas été sérieusement testé.
Le fait que l’Espagne serve de Cheval de Troie pour les OGM, n’est pas nouveau. Le mois dernier, par exemple, des journalistes britanniques ont essayé de se procurer des graines OGM. Voilà ce qu’écrivait le "Guardian" le 8 août : "Les partisans des OGM peuvent faire pousser légalement des OGM en Grande Bretagne en demandant tout simplement à Monsanto de leur envoyer un échantillon de maïs OGM pour le tester sur une ferme britannique. Lorsque le Guardian a voulu essayer, Monsanto proposa d’envoyer un petite quantité gratuitement à condition que l’agriculteur envoie les résultats du test et s’engage à respecter le brevet de Monsanto en, par exemple, ne vendant pas les graines à un tiers".
Il est aussi de notoriété publique que Monsanto prépare - dans les Landes notamment, sur une surface de 4 ha en 2003 - de nouvelles variétés de maïs à partir de MON810. Suite à ces expériences, 17 nouvelles variétés de maïs ont été inscrites au catalogue européen. 6 venaient de France, les autres d’Espagne.
Pour Christian BERDOT, animateur de la campagne OGM des Amis de la Terre-France :
"Il est inacceptable de voir une minorité d’extrémistes mettre en danger l’agriculture de qualité prônée par de nombreuses régions de France, narguer l’immense majorité des citoyens français qui ne veulent d’OGM ni dans leurs assiettes, ni dans les champs et menacer de mort l’agriculture biologique. Le Ministère de l’Agriculture allemand rapporte que, ces dernières années, l’agriculture biologique a créé 150 000 emplois ! A comparer aux 2000 empois dans les biotechnologies... Entre OGM agricoles et agriculture bio, le choix est vite fait !
D’autre part, si le gouvernement français veut réellement stopper les agissements de ces extrémistes, il peut interdire le maïs MON810 comme l’ont déjà fait l’Autriche, la Grèce, et dernièrement la Pologne et la Hongrie pour se protéger de ce maïs."