Les Amis de la Terre demandent au gouvernement de rendre obligatoire l’étiquetage développement durable des produits financiers

Paris, le 25 juin 2012 - Les Amis de la Terre dénoncent l’abandon définitif de l’étiquetage développement durable des produits financiers, quatre ans après son lancement (1) et deux ans après sa suspension (2) par le groupe BPCE. Alors que la crise financière a mis en évidence l’impérieuse nécessité d’une traçabilité des produits financiers et de l’information des consommateurs, et que cet étiquetage représente une réelle innovation sur la partie climat (3), les Amis de la Terre demandent au nouveau gouvernement de rendre obligatoire et d’étendre cet étiquetage à tous les produits financiers distribués en France.

Lancé en 2007, c’était une des très rares initiatives volontaires d’entreprise à laquelle les Amis de la Terre ont participé (4) : l’étiquetage développement durable des Caisses d’Epargne. Celui-ci, mis en place de 2008 à 2010, informait les clients des agences des Caisses d’Epargne des caractéristiques des produits financiers qui leur étaient proposés selon trois critères : le risque financier, le degré de responsabilité sociale et environnementale dans la sélection des activités financées, et l’impact sur le climat de ces activités. Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers des Amis de la Terre, présente les résultats obtenus : « La méthodologie publiée en 2008 et à laquelle nous avons participé est intéressante puisqu’elle représente toujours, quatre ans après, une innovation dans le domaine du calcul des émissions de GES induites par les produits financiers (3). Une dynamique avait même été créée avec la création de l’ATEPF, l’Association pour la Transparence et l’Etiquetage des Produits Financiers, afin d’étendre cette réflexion aux produits d’assurance, avec la MACIF et la MAIF ».

Malheureusement, la Caisse d’Epargne a suspendu cet étiquetage en 2010 (2) suite à un changement de direction et c’est désormais l’ATEPF qui s’apprête à être dissoute. Juliette Renaud, chargée de campagne aux Amis de la Terre, commente : « Cet abandon de l’étiquetage développement durable démontre malheureusement l’échec programmé des initiatives volontaires d’entreprises. Il est d’autant plus inexcusable que la crise financière a magistralement démontré l’absence et la nécessité d’une transparence des produits financiers et de l’information des consommateurs dans ce domaine ».

Cet échec révèle également, s’il en était encore besoin, la nécessité de réguler le secteur financier, régulation qui doit être imposée par le gouvernement. Yann Louvel conclut : « Cette initiative a permis de faire émerger la problématique des émissions de GES financées par les banques françaises, ce qui était loin d’être acquis à son lancement en 2007. Les Amis de la Terre ont même publié un classement des banques françaises les plus polluantes en 2010 (5) qui a fait l’objet d’un reportage sur France 2 le mois dernier. Elle a surtout permis de démontrer de façon concrète et à grande échelle qu’il était possible d’imposer une traçabilité des produits financiers et d’informer les épargnants sur ce que les banques font de leur argent et les conséquences que cela a sur l’économie réelle. Au vu de cette expérience, nous demandons au gouvernement de rendre obligatoire un système similaire dans le cadre des promesses de « mise au service de l’économie des banques » du nouveau Président. Nous demandons par ailleurs que l’étiquetage développement durable soit également rendu obligatoire pour tous les produits financiers et étendu à d’autres problématiques. C’est l’un des engagements non tenus du Grenelle de l’environnement ».

Contact presse  : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43

(1) Voir le communiqué de presse des Amis de la Terre du 18 juin 2008, en cliquant ici.
(2) Voir le communiqué de presse des Amis de la Terre du 23 mars 2010 en cliquant ici.
(3) Ce critère mesure les émissions de gaz à effet de serre rejetées par les activités que la banque finance avec les fonds de l’épargnant.
(4) Les Amis de la Terre ont participé à l’élaboration de la méthodologie de l’étiquetage développement durable au sein d’un panel de parties prenantes comprenant également l’ADEME, le WWF et Testé pour Vous.
(5) Ce classement a été publié avec le cabinet UTOPIES et le site Internet « Mes courses pour la planète ». La méthodologie utilisée pour élaborer ce classement a été élaborée à partir des travaux de l’ATEPF. Il est accessible sur le site des Amis de la Terre en cliquant ici.

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