Les tchadiens subissent actuellement des violations graves des droits humains suite au scrutin présidentiel du 20 mai dernier : plusieurs manifestations pacifiques ont été réprimées dans la violence, faisant un mort et de nombreux blessés, tous les candidats d’opposition ont été arrêtés puis relâchés et continuent à recevoir des menaces, deux journaux d’opposition ont été fermés.
Les ONG estiment que la poursuite du projet pétrolier dans ces conditions ne va servir que les intérêts particuliers de régimes dictatoriaux et des entreprises au détriment du développement durable du Tchad et du Cameroun. Pour les ONG, la Banque mondiale, la France et les Etats-Unis, acteurs majeurs du projet, doivent exiger des enquêtes approfondies sur la situation avant de continuer le projet.
PROMESSES BAFOUÉES
En juin 2000, la Banque mondiale se portait garante de la bonne exécution du projet pétrolier et d’oléoduc Tchad-Cameroun en liant son financement à des conditions sur l’utilisation des revenus, le contrôle par un comité international, etc... Selon un rapport publié aujourd’hui par les Amis de la Terre, les promesses faites aux populations locales ont été bafouées tant par les gouvernements du Tchad et du Cameroun que par le consortium et les bailleurs de fonds.
PÉTRO-DICTATURE AU TCHAD
Selon M. Dobian Assingar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme : " Le déroulement des élections présidentielles au Tchad a conduit à des arrestations arbitraires et à la répression dans le sang des manifestations pacifistes des opposants. Les revenus du pétrole sont déjà détournés pour l’achat d’armes par le gouvernement. Comment la Banque mondiale peut-elle cautionner un projet qui renforce la violence du régime d’Idriss Déby ?."
LA BANQUE MONDIALE CAUTIONNE ...
Selon Raphael Yimga des Amis de la Terre du Cameroun : "La Banque dans ce projet ne sert qu’à protéger les entreprises pétrolières. Les principales promesses qui nous ont été faites pour garantir que le projet contribuera au développement local sont bafouées quotidiennement. La corruption s’aggrave et il n’y a aucune retombée économique positive du projet."
LES DEMANDES DES ASSOCIATIONS TCHADIENNES ET CAMEROUNAISES
Des représentants d’ONG tchadiennes et camerounaises visitent plusieurs pays d’Europe pour demander aux bailleurs de fonds de suspendre le projet jusqu’au rétablissement des libertés individuelles et des droits démocratiques au Tchad. Leurs revendications portent sur la mise en place effective du dispositif de contrôle, la transparence de tous les revenus liés au pétrole et l’accès à une justice impartiale pour garantir leurs droits.
EXPLOITATION PÉTROLIÈRE ET OLEODUC TCHAD-CAMEROUN
Le 6 juin 2001, la Banque mondiale avait accordé un prêt de plus d’un milliard de francs aux gouvernements tchadien et camerounais et à un consortium de compagnies pétrolières conduit par Esso. L’exploitation du pétrole tchadien nécessite le forage de 300 puits et la construction d’un oléoduc de 1000 km entre Doba et Kribi. Le coût total du projet s’élève à 20 milliards de francs. Un montage financier de plusieurs centaines de millions de dollars entre des banques privées et facilité par la Banque mondiale doit être conclu ce mois-ci. Les ONG craignent qu’une partie de l’argent versé au gouvernement du Tchad ne soit détournée.
Contact presse : Hélène Ballande, Les Amis de la Terre, Tel : 01 48 51 32 22
Communiqué soutenu par : Fédération Internationale des Ligues des droits de l’Homme , Tel : 01 48 51 25 18 Agir ici , Tel : 01 56 98 24 40 Survie , Tel : 01 43 27 03 25



