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Les Amis de la Terre dénoncent l’incarcération brutale de José Bové et demandent sa grâce

24 juin 2003,
Par Coordination ATF

Communiqué de presse

Paris le 24 juin 2003. Comme un grand nombre de mouvements de la société civile, les Amis de la Terre soutiennent sans réserve la démarche de José Bové et demandent qu’une grâce présidentielle lui soit accordée sans délai. Ils jugent sa condamnation totalement disproportionnée au regard d’actes commis collectivement, dans un cadre syndical et sans violence à l’égard des personnes. Les Amis de la Terre condamnent la méthode extrêmement brutale qui a été employée pour son incarcération.


José Bové est un des porte-parole de la très grande majorité des Français (plus de 70 % de la population) qui rejettent les OGM. Il a été condamné pour s’être battu pacifiquement contre une technologie qui comporte de nombreux risques et dont les conséquences sont encore largement méconnues, contre un système industriel et commercial risquant de mettre les paysans du monde entier sous la dépendance des semenciers et contre le brevetage du vivant.

Le Président de la République s’est montré plus d’une fois très critique envers les OGM. Nous pensons que le gouvernement ne peut se permettre de faire taire l’importance fondamentale des questions soulevées par les OGM et leurs conséquences sociales, environnementales et économiques, en incarcérant un homme dont la détermination a permis l’émergence du débat.

Les Amis de la Terre mènent, avec d’autres organisations de la société civile, un énorme travail contre les OGM depuis plusieurs années, au nom du principe de précaution et pour proposer une agriculture durable. Aujourd’hui, les expériences en plein champ sont faites sans aucune protection. La dissémination des OGM dans l’environnement risque d’empêcher toute autre forme d’agriculture (agriculture biologique) car la dissémination des gènes est incontrôlable et irréversible. L’approche environnementale est totalement ignorée.

Le combat de José Bové est juste et légitime. Son incarcération paraît totalement dénuée de sens, alors que le moratoire européen sur les OGM est en vigueur depuis 1999 et à la veille de l’entrée en vigueur du protocole de Carthagène. Sa grâce est une nécessité urgente dans une démocratie comme la nôtre.

Contact :
Patrick Teil, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 91