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Les Amis de la Terre se constituent partie civile

24 février 1999,
Affaire du village Bourg Fidèle contaminé au plomb

Paris, le 24 février 1999

L’association écologiste « Les Amis de la Terre » se constitue aujourd’hui partie civile dans l’affaire de Bourg-Fidèle, village des Ardennes contaminé par le plomb et d’autres métaux lourds.


Cette action vient renforcer les plaintes contre X de certains habitants pour « mise en danger de la vie d’autrui, administration de substances nuisibles et rejets en eau douce de substances nuisibles ou toxiques ».

L’instruction en cours devra déterminer si l’entreprise locale de traitement de batteries automobiles « Métal Blanc » et les pouvoirs publics peuvent être tenus responsables.

Depuis plusieurs années, les riverains se plaignent de nuisances importantes (odeurs nauséabondes, bruit gênant 24h/24) et de taux de plombémie importants chez certains d’entre eux sans obtenir de mesures satisfaisantes par les dirigeants de l’entreprise et par les pouvoirs publics. Suite aux décès anormaux de bovins chez les éleveurs voisins de l’usine, et sous la pression de l’association de protection de l’environnement de Bourg-Fidèle, les services préfectoraux ont finalement réalisé des analyses sur les enfants de moins de 12 ans et sur l’environnement du site.

Les rapports de la Préfecture des Ardennes ont révélé l’intoxication au plomb de 22 enfants du village (un enfant sur quatre) et une contamination très élevée d’un périmètre autour de l’usine « Métal Blanc » dans lequel se trouvent notamment de nombreuses habitations ainsi qu’un gymnase régulièrement utilisé.

Sur la base de ces résultats, des riverains victimes d’intoxication ou subissant un préjudice financier ont porté plainte contre X. L’association locale de protection de l’environnement a sollicité le soutien des Amis de la Terre. En se constituant partie civile, les Amis de la Terre peuvent ainsi participer à la procédure judiciaire et soutenir ces victimes. Lors du dépôt du dossier au juge d’instruction, Ben Lefetey, président de l’association, a déclaré « Les Amis de la Terre espèrent une sanction dissuasive de la pollution industrielle afin de responsabiliser les pouvoirs publics et les entreprises. »

Les Amis de la Terre entendent également agir devant le tribunal administratif pour faire reconnaître la pollution de l’environnement qui entraîne, encore aujourd’hui, une intoxication quotidienne des riverains et menace l’activité agricole et touristique.

Les Amis de la Terre estiment qu’il appartient aux pouvoirs publics et à l’entreprise de :

A) Traiter l"urgence sanitaire :

Reloger les victimes les plus exposées car elles restent actuellement soumises à l’intoxication et assurer un suivi médical permanent.

Cesser les activités polluantes de l’usine « Métal Blanc » jusqu’à ce que soit garantie l’absence de risque sanitaire pour les riverains et les salariés. Tant que l’usine rejette des métaux lourds, même après une mise aux normes, elle aggrave, du fait de l’accumulation du plomb, la contamination de l’environnement et augmente donc les risques sanitaires. D’autre part, le non-respect des normes d’hygiène et de sécurité, constaté par l’inspection du travail, fait peser un risque inacceptable pour les salariés.

Un état des lieux exhaustif de la situation sanitaire de l’ensemble de la population concernée et des familles des salariés de l’usine.

Dépister l’ensemble des animaux d’élevage et assurer un suivi de la chaîne alimentaire

B) Indemniser toutes les victimes de la pollution. Garantir le maintien des revenus des salariés tant qu’ils n’auront pas retrouvé une situation professionnelle satisfaisante (redémarrage des activités de l’usine, nouvel emploi...).

C) Mettre en oeuvre la décontamination de la zone à risque.

Enfin, les Amis de la Terre demandent au Gouvernement de réaliser un inventaire national des sites industriels qui manipulent du plomb afin de faire un état des lieux sanitaire et de prévenir ainsi d’autres cas de plombémie et de saturnisme.