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Les Echos : La Banque mondiale invitée à délaisser les énergies fossiles

8 mars 2004,
Par Sébastien Godinot

Journal Les Echos, édition du 8 mars 2004
Par Richard Hiault

« Chaque dollar dépensé dans les énergies fossiles est un dollar de moins consacré au développement des énergies renouvelables. » C’est en ces termes qu’Emil Salim, l’ancien ministre de l’Environnement indonésien, auteur du rapport sur les industries extractives (« Les Echos » du 16 février), a défendu une réorientation de la politique de la Banque dans le domaine. De passage à Paris lors d’un périple dans huit pays européens, il a tenté de convaincre les officiels français de soutenir son rapport lorsqu’il sera examiné par le conseil d’administration de la Banque mondiale. Il a rappelé les trois principales recommandations de cette vaste enquête, afin que cette industrie contribue non seulement à la lutte contre la pauvreté, mais respecte également l’environnement.

Lutte contre la pauvreté

Pour lui, il est vital de promouvoir une politique proactive de lutte contre la pauvreté via le développement durable ; de ne pas prendre seulement en compte l’impact économique des projets, mais également leur effet au niveau social et environnemental ; d’avoir un meilleur respect des droits de l’homme. Tout en reconnaissant que le portefeuille d’investissement de la Banque mondiale dans ce domaine était limité à 600 millions de dollars, il a déploré que 94 % de ces investissements soient consacrés aux seules énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz...) contre seulement 6 % aux énergies renouvelables. S’il ne remet pas en cause le rôle important du pétrole et du charbon en tant que sources d’énergie mondiales, il n’en demeure pas moins qu’à ses yeux cette industrie peut se passer des aides financières de la Banque, qui devraient être réorientées vers des sources moins polluantes.

En rappelant les objectifs du millénaire et les engagements des gouvernements à favoriser le développement durable, Emil Salim tente de convaincre les membres du conseil d’administration de la Banque d’approuver les recommandations de son rapport.

Pour l’heure, le président de la Banque, James Wolfensohn, n’a apporté aucune réponse définitive à Emil Salim, qui doit le rencontrer vers la mi-avril. Quelques jours avant la tenue des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

Par Richard Hiault, Les Echos du 16/02/04



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