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Les États-Unis tentent de saboter les négociations sur le climat à Bonn

11 juin 2010,
Par Coordination ATF

Alors que s’achève une nouvelle session de négociations sur le climat à Bonn, les Amis de la Terre dénoncent le comportement irresponsable des Etats-Unis qui risque de conduire à un nouvel échec pour la conférence de Cancun, au Mexique, en novembre prochain.


Pour les Amis de la Terre International, la position des États-Unis est devenue si contre-productive que les autres pays devraient considérer la possibilité de se passer de leur soutien pour arriver à un accord ambitieux sur la réduction des émissions dans les pays industrialisés.

Les États-Unis cherchent à saper l’architecture même du protocole de Kyoto en proposant un système d’engagement volontaire au lieu d’objectifs chiffrés de réduction qui s’inscrivent dans un cadre juridiquement contraignant. D’autres pays comme le Japon ou la Russie profitent de cette brèche pour affaiblir à leur tour les négociations.

Les deux semaines de négociations ont également été marquées par la querelle concernant la prise en compte ou non du carbone stocké dans les forêts des pays riches (1). En cherchant à modifier les règles, les pays riches espèrent obtenir l’équivalent de 400 millions de tonnes de crédit carbone qui constitueraient autant d’efforts en moins à faire pour réduire leurs émissions.

Sylvain Angerand, chargé de campagne pour les Amis de la Terre France explique :

« Une fois encore les pays riches cherchent à fuir leur responsabilité en faisant la promotion de la compensation carbone plutôt que de réduire leurs propres émissions. Ironiquement, toutes les échappatoires qu’utilisent les négociateurs ont été créées en 1997 à la demande insistante des États-Unis... qui finalement n’ont jamais ratifié le protocole de Kyoto et cherchent maintenant à le saboter.  »

«  L’Union Européenne doit avoir une position beaucoup plus forte et s’opposer clairement à la stratégie de sabotage des États-Unis. Seule l’annonce d’un objectif ambitieux de réduction de 40% des émissions d’ici 2020 peut redonner du souffle aux négociations et isoler les États-Unis »

Kate Horner, chargée de campagne pour les Amis de la Terre États-Unis ajoute :

« Le Président Obama n’est pas à la hauteur de ses ambitions affichées. Les États-Unis sont bien plus engagés dans les négociations sur le climat que sous l’administration Bush, mais ces deux semaines de négociations ont laissé la désagréable impression que cet engagement est davantage motivé par une volonté de sabordage plutôt que par le souhait de renforcer les acquis pour aller vers la justice climatique ».

Note :

(1) Il s’agit des règles encadrant l’« utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et foresterie » ou « Land Use, Land Use Change, and Forestry » (LULUCF)