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Les OGM sont morts, vive les OGM !

Le ministère états-unien de l’Agriculture a choisi de ne pas règlementer comme OGM conventionnels, deux plantes modifiées par la technique Crispr [1] - un type de champignon et un type de maïs - ce qui les rapproche des rayons des supermarchés.

Le point essentiel de la décision du ministère de l’agriculture des Etats-Unis est que les plantes éditées à l’aide du Crispr ne contiennent aucun "matériel génétique inséré" ou d’ADN étranger, ce qui est la caractéristique de la plupart des OGM [2].

En utilisant la technique Crispr, les entreprises peuvent donc contourner les restrictions sur les OGM, en tout cas, et c’est ce qu’elles espèrent, surmonter l’opposition à ces derniers. En effet, une plante modifiée par la technique Crispr, n’est pas, sur le plan technique, un OGM.

Certains ont bien compris tout l’intérêt de cette distinction raffinée : le 22 septembre, le géant de l’agrobusiness, Monsanto, a mis la main sur les droits de licence de la technologie du Broad Institute pour l’utiliser dans le développement de ses semences. C’est la première licence que l’institut a accordée à une entreprise de l’agrobusiness [3].

L’autre géant de l’agrobusiness, DuPont Pioneer collabore de son côté avec une autre entreprise appelée Caribou Biosciences pour breveter ses propres plantes Crispr, notamment ce maïs qui ne devra pas être règlementé. DuPont, prévoit de voir cette plante dans les champs des agriculteurs dans les cinq années à venir. Pour DuPont la confirmation du ministère est une étape importante pour clarifier le paysage règlementaire des Etats-Unis et favoriser le développement de semences grâce à la technologie CRISPR.

Partout dans le monde des équipes de chercheurs travaillent à développer plus de plantes obtenues grâce au Crispr, et pour les experts la décision récente du ministère états-unien est une évolution prometteuse : "Si le ministère états-unien de l’agriculture décide que le premier produit n’a besoin d’aucune règlementation, cela encouragera sans aucun doute tous les gens qui utilisent déjà le Crispr."

La technique Crispr a été introduit en 2013 comme instrument d’édition du génome dans deux plantes communes de laboratoire, une adventice appelée arabidopsis et un plant de tabac. Depuis, les chercheurs ont mené des expériences avec de nombreuses plantes, notamment des oranges, des pommes de terres, du blé, du riz et des tomates.

A la fin de 2014, on a assisté à un raz de marée de recherches dans les utilisations agricoles de Crispr comme le renforcement de la résistance des plantes contre des ravageurs ou la réduction de l’impact des maladies dans l’élevage, mais aussi à des utilisations plus fantaisistes comme les veaux sans cornes. [4]

Autre info : En septembre, le site d’information Inf’OGM écrivait : "Début septembre, le chercheur en biologie moléculaire, Stefan Jansson, a officiellement servi des tagliatelles accompagnées de chou génétiquement modifiés avec la technologie Crispr/Cas9 à Gustaf Klarin, un journaliste de l’émission de jardinage « Odla med P1 ». Stefan Jansson indique qu’il s’agit « probablement » du premier OGM Crispr/Cas9 consommé. Probablement ? Un adverbe qui laisse songeur et qui démontre que même les instituts de recherches les plus avancées dans ces modifications génétiques ne savent pas ce qui se passe exactement étant donné le développement ultra-rapide de ces nouveaux OGM". [5]

La bataille des nouveaux OGM est déjà bien avancée !

En savoir +

(Cet article est basé en grande parties sur l’article : http://uk.businessinsider.com/monsanto-ends-gmo-war-crispr-2016-9?r=US&IR=T ).

Notes

[1Un des grands progrès de cette nouvelles technique est sa prétendue "précision" . Voir l’article de jonathan Latham sur les mythes entourant les OGM, anciens et nouveaux : Les OGM changent, les vieux mythes demeurent !

[4Comme l’écrit le site Ensia : "Aujourd’hui, nous avons déjà toute une basse cour d’animaux "édités"  : http://ensia.com/voices/crispr-is-coming-to-agriculture-with-big-implications-for-food-farmers-consumers-and-nature/ . Voir aussi l’article et les photos du New York Times : http://www.nytimes.com/2015/11/27/us/2015-11-27-us-animal-gene-editing.html

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