Les OGM sur le déclin dans le monde

Bruxelles, le 30 avril 2014 : Le dernier rapport (1) que la Fédération internationale des Amis de la Terre publie, montre que mondialement, les OGM sont de moins en moins acceptés, et que le nombre de pays qui les cultivent diminue pour la première fois. La Pologne et l’Egypte sont les derniers pays à avoir suspendu ou supprimé la production d’OGM.

Le rapport « A qui profitent les plantes GM ? » démontre qu’en Europe, la production du maïs GM de Monsanto – la seule plante GM autorisée – a baissé au Portugal, en République Tchèque et en Slovaquie. En Europe, près de 90 % de la production repose sur un seul pays, l’Espagne (2). Au niveau mondial, les OGM sont essentiellement cultivés aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine et en Inde.

Pour Mute Schimpf, chargée de la campagne Alimentation auprès des Amis de la Terre Europe « Sur tous les continents, les citoyens résistent contre les OGM, car là où ils ont été plantés, leurs impacts écologiques et sociaux se font de plus en plus sentir. De plus, il est clair qu’en Europe les citoyens n’en veulent pas, que les magasins les refusent et qu’un nombre croissant de pays les interdit ».

« L’agriculture et l’alimentation ne devraient pas être contrôlées par des entreprises qui profitent des OGM et des produits chimiques nécessaires pour les faire pousser. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système alimentaire qui favorise une agriculture plus écologique, une nourriture plus saine et qui maintienne des campagnes vivantes. »

Les Etats-Unis et le Canada doivent faire face à des problèmes de plus en plus graves, dus à la culture des plantes GM. Aux Etats-Unis, 49 % des agriculteurs font état de problème avec les adventices résistantes à des herbicides (3). Au Canada, près de 10 % des agriculteurs signalent le même problème (4), ce qui entraine une augmentation des volumes de produits chimiques épandus sur les champs.

En Afrique, les OGM ne sont cultivés que dans trois pays, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso et la Soudan. Le continent africain est cependant soumis à des pressions énormes de la part des compagnies de biotechnologies, afin qu’il s’ouvre à la culture des OGM. La décision récente du Kenya d’interdire les OGM a été la cible de violentes critiques de la part de lobbyistes qui comptent bien profiter de la vente des semences et des pesticides (5).

Kirtana Chandrasekaran coordonne la campagne sur la Souveraineté alimentaire de la Fédération internationale des Amis de la Terre et pour elle, « Si l’on veut vraiment lutter contre la faim et la pauvreté, il y a des solutions plus efficaces, moins risquées et déjà disponibles, sans avoir recours aux OGM. On ne résoudra pas la faim dans le monde avec les OGM. Par contre, on a besoin de plus de cultures basée sur l’agro-écologie, une agriculture qui coûte moins cher et produit plus, et qui justement est directement menacée par le type d’agriculture promue avec les OGM. »

En Europe, une nouvelle proposition prévoit de donner aux gouvernements plus de latitude pour décider de la culture des OGM sur leurs territoires. Pour les Amis de la Terre Europe, cette proposition, si elle acceptée dans sa version actuelle, donnerait aux compagnies de biotechnologies plus de pouvoir pour décider si les gouvernements nationaux peuvent interdire ou pas la culture d’OGM (6).

Pour les Amis de la Terre Europe, au lieu d’autoriser les OGM, la Commission européenne et les gouvernements nationaux feraient mieux de rapidement encourager les méthodes culturales qui protègent l’environnement, fournissent une nourriture saine pour tous.

Pour plus d’informations :
Mute Schimpf, chargée de campagne Alimentation auprès des Amis de la Terre Europe (Allemand, Anglais),
Tel : +32 (0) 475 703 475, mute.schimpf@foeeurope.org
Sam Fleet, responsable communication, Amis de la Terre Europe (Anglais)
Tel : +32 (0) 2893 1012, Portable : +32 (0) 470 072 049, samuel.fleet@foeeurope.org

***
NOTES :
[1] Fédération internationale des Amis de la Terre / Friends of the Earth International, « A qui profitent les plantes GM ? Une industrie qui cultive les mythes », Avril 2014 (rapport en anglais) : http://www.foeeurope.org/who-benefits-gm-crops-industry-myths-280314
[2] Données officielles pour l’Espagne (136 962 hectares), le Portugal (8 171 hectares), la République Tchèque (2 561 hectares), la Roumanie (835 hectares) et la Slovaquie (100 hectares), disponibles ici : http://www.foeeurope.org/who-benefits-gm-crops-industry-myths-280314
[3] Une étude distincte de plusieurs milliers d’agriculteurs états-uniens au travers de 31 états, et menée durant trois ans par Stratus Agri-marketing, Inc., montrait que 49 % des agriculteurs interrogés faisaient état d’adventices résistantes au glyphosate sur leur exploitation en 2012, et 34 % en 2011.
[4] Stratus Ag Research (2013). Plus de 400 000 ha d’adventices résistantes au glyphosate au Canada http://www.stratusresearch.com/blog/one-million-acres-of-glyphosate-resistant-weedsin-canada-stratus-survey
[5] Africa Biotechnology Stakeholders Forum, African Agricultural Technology Foundation, International Service for the Acquisition of Agri-biotech Applications, Program for Biosafety Systems, Africa Harvest Biotech Foundation International USDA GAIN Report (2012). Kenya Bans Genetically Modified Imports, http://gain.fas.usda.gov/Recent%20GAIN%20Publications/Kenya%20Bans%20Genetically%20Modified%20Food%20Imports_Nairobi_Kenya_11-27-2012.pdf
[6] Amis de la Terre / Friends of the Earth Europe, « Empty offer to ban toxic crops », mars2014 : http://www.foeeurope.org/empty-offer-ban-toxic-crops-030314

Rédigé le