Les ONG françaises dénoncent la mise à mort programmée des paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » par la Commission européenne

Paris, le 12 décembre 2014 - Les ONG de protection de l’environnement françaises travaillant sur la qualité de l’air et l’économie circulaire tiennent à faire connaître leur soutien à la lettre envoyée par les 10 plus importantes ONG européennes [1] au Vice-Président de la Commission européenne Timmermans pour protester contre le retrait possible des Paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire ». Selon les récentes informations relayées par la presse européenne, la Commission européenne a l’intention de retirer les deux séries de propositions et d’en faire l’annonce lors de la présentation de son programme de travail 2015 la semaine prochaine.

Ces évolutions sont très inquiétantes. Alors que la protection de l’environnement et la durabilité étaient déjà absentes du programme de travail de la Commission européenne pour 2015, le Vice-Président Timmermans prévoit en plus de retirer deux textes fondamentaux qui pourraient apporter des bénéfices majeurs à la santé des citoyens, à l’environnement et à l’économie européenne.

« Si elle retire la proposition sur la qualité de l’air, la Commission européenne va manquer l’opportunité de prévenir 58 000 décès prématurés chaque année. La qualité de l’air reste en effet la première cause environnementale de mort prématurée en Europe. La Commission choisit aussi d’ignorer les énormes bénéfices potentiels pour l’économie européenne que ce paquet pourrait apporter. Il pourrait ainsi fournir des bénéfices en terme de santé allant de 40 à 140 milliards d’euros en coûts externes évités, et 3 milliards d’euros en bénéfices directs liés à une plus grande productivité des travailleurs, une diminution des frais médicaux, des rendements agricoles plus élevés et moins de dégâts sur les bâtiments » déplore Sébastien Vray, président de l’association Respire.

« Retirer le paquet économie circulaire irait à l’encontre de la priorité numéro un de la Commission européenne, car elle échouerait à créer 180 000 nouveaux emplois à travers la prévention et la transformation des déchets en ressources. Les mesures prévues dans ce paquet contribueraient non seulement à rendre les entreprises européennes plus compétitives en réduisant la demande et la dépendance à des ressources rares et couteuses venant d’autres continents, mais également à lutter contre l’impact sur le changement climatique des émissions liées au gaspillage de ressources » regrette Delphine Lévi Alvarès, responsable du Plaidoyer chez Zero Waste France.

Ensemble, Zero Waste France, France Nature Environnement, les Amis de la Terre, Respire, Surfrider Europe, Générations futures, le Réseau Action Climat France, Agir pour l’Environnement, Greenpride, la Fondation Nicolas Hulot et Générations Cobayes demandent donc à la Commission européenne de revenir à la raison et de prendre en compte le soutien quasi unanime apporté à ces textes, y compris par la plupart des Etats membres (voir la lettre de 11 ministres de l’environnement européens à la Commission européenne cosignée, par Ségolène Royalhttp://www.green10.org/app/download...), en maintenant les paquets « Qualité de l’air » et « Economie circulaire » à son agenda de travail, pour le bien des citoyens, de l’économie et de l’environnement européens.

Notes : [1] European Environmental Bureau, Transport&Environment, Birdlife, Greenpeace, WWF, CEE Bankwatch Network, Climate Action Network, Friends of the Earth, Health & Environment Alliance, Naturefriends International.

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