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Les ONG interpellent Valérie Pécresse sur le plan régional de prévention et de gestion des déchets d’Ile-de-France

Le 5 février 2018, alors que se tenaient à Paris les « rencontres franciliennes de l’économie circulaire », les ONG Les Amis de la Terre Paris, France Nature Environnement Ile-De-France, L’Union régionale Ile de France de la CLCV et Zero Waste France ont interpelé la présidente de la région Ile-de-France dans une lettre publique. En effet, la loi de transition énergétique prévoit que d’ici 2025, les collectivités devront recycler 65% de leurs déchets. Mais à ce stade, cet objectif semble ignoré dans le plan régional de prévention et de gestion des déchets en cours d’élaboration.

Le paradoxe de l’Ile-de-France est que la prévention des déchets y enregistre de bons résultats (-52 kg/habitant entre 2000 et 2015) au contraire du recyclage (13% des déchets ménagers et assimilés ont été traités dans des filières de recyclage en 2014 - source IAU/ORDIF). Cette situation n’est pas le fruit du hasard et démontre que les politiques publiques déterminées permettent d’obtenir des résultats concrets : ces dernières années, la prévention des déchets a fait l’objet de moyens publics relativement importants, notamment de l’ADEME.

Le recyclage, pour sa part, a été délaissé au profit de la perpétuation d’investissements très lourds dans l’incinération des déchets et les combustibles solides de récupération, qu’on voudrait justifiés par la nécessité d’alimenter les réseaux de chaleur urbains. Dans ce contexte, les ONG ont interrogé la Région sur son intention de tenir ou non cet objectif de 65% de recyclage des déchets à horizon 2025, et de planifier les usines de traitement des déchets de façon cohérente avec cet objectif.

Cas emblématique, le SYCTOM qui traite la moitié des déchets ménagers d’Ile-de-France, vise un objectif de seulement 21% de taux de recyclage des ordures ménagères et assimilées en 2025[1]. Il s’apprête à dépenser en parallèle 2 milliards d’euros dans la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII et le tri mécano biologique des ordures résiduelles. Or comme le rappelle Louis Cofflard, président des Amis de la Terre Paris, « avec un budget engageant les finances de plus de 80 collectivités locales membres, les orientations du SYCTOM conditionnent les politiques et les marges de manœuvre publiques pour des décennies ».

Edward Watteeuv, président de l’Union régionale Ile de France de la CLCV, alerte sur une dérive vers un service public de gestion des déchets qui ne vise plus à diminuer les déchets à traiter mais à produire de l’énergie, alors que « les réseaux de chauffage urbain, malgré leur potentiel environnemental, encouragent dans les faits les passoires thermiques, sans toutefois être économiques pour les habitants, comparés à une chaudière au gaz collective »[2].

Selon Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France « la région est juridiquement compétente pour prévoir les usines à créer, adapter ou fermer sur le territoire, et n’est pas obligée de retenir tous les projets locaux d’installations dans son plan » (CAA Lyon, 4 juillet 2017, n°14LY02514).

Et Dominique Duval, présidente de FNE Ile-de-France, de conclure que « la région dispose de tous les leviers pour développer les collectes sélectives y compris celle des biodéchets, et la tarification incitative, notamment pour les déchets d’activité économique pris en charge par le service public ».

Lien vers la lettre publique.

[1] SYCTOM, septembre 2017, Pour une gestion ambitieuse et responsable des déchets métropolitains - Contribution du Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers, à l’élaboration du PRGD d’Île-de-France

[2] CLCV, 2017, Tarif, contrats, gouvernance - Il faut reprendre en main le chauffage urbain

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Contact : Thibault Turchet, Responsable des affaires juridiques à Zero Waste France, thibault@zerowaste.fr

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