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Les Pays-Bas demandent à la Banque mondiale de sortir des industries extractives

28 avril 2004,
Communiqué de presse

Washington D.C., 27 avril 2004. Les Amis de la Terre saluent une déclaration majeure sur le rôle de la Banque mondiale : à l’occasion de l’Assemblée Générale de la Banque mondiale, Mme Van Ardenne, Ministre du Développement aux Pays Bas, a déclaré que « le pétrole et les mines ne font pas partie des missions clés de la Banque mondiale ». Elle a ajouté qu’un recentrage sur d’autres secteurs permettrait de contribuer davantage à la lutte contre la pauvreté.


« Nous saluons cette déclaration qui va dans le bon sens », estime Janneke Bruil des Amis de la Terre International, basés à Amsterdam. « Nous avons confiance dans le gouvernement néerlandais pour défendre fermement cette position lors de la discussion au sein de la Banque en juin [1]. »

« L’exploitation minière et pétrolière n’a pas apporté de bénéfices aux populations pauvres ; au contraire, elle a conduit à un accroissement de la corruption, des violations des droits humains, et des ravages environnementaux. Nous demandons un soutien en faveur d’énergies durables, basées sur des initiatives de communautés locales », explique Elias Dias Pena des Amis de la Terre Paraguay.

« La glace est désormais brisée officiellement, commente Sébastien Godinot des Amis de la Terre France ; nous félicitons le gouvernement néerlandais et demandons aux autres gouvernements de suivre cet exemple, notamment la France. Au bout de 60 ans, la Banque mondiale est toujours incapable de fournir la preuve que son soutien aux industries extractives contribue à sa mission principale de lutte contre la pauvreté, alors que les exemples inverses abondent. Son Conseil d’administration doit en tirer les conséquences. »

Le soutien de la Banque mondiale aux énergies fossiles et à l’extraction minière a été au cœur d’un débat intense ces dernières années. Le Président de la Banque a commandité une évaluation indépendante, la Revue des Industries Extractives (EIR), qui recommande un changement radical dans la politique de la Banque : les demandes majeures sont le consentement préalable et informé des peuples indigènes, le respect des droits humains, et l’arrêt des financements pour le charbon et le pétrole au profit des renouvelables.

Le soutien du gouvernement néerlandais à l’EIR fait suite à celui du gouvernement indonésien, mais aussi de la Commission et du Parlement européen, de plusieurs Prix Nobel de la Paix dont Desmont Tutu, de responsables religieux, de plusieurs centaines d’associations et de syndicats du Nord comme du Sud, de coalitions d’investisseurs privés et de l’industrie des énergies renouvelables. Bien que le Président de la Banque mondiale ait annoncé son soutien aux principes généraux de l’EIR, leur mise en œuvre concrète par la Banque reste floue.

Pour plus d’informations sur l’EIR voir www.eireview.info

Contacts presse :
Sebastien Godinot, Les Amis de la Terre, finance@amisdelaterre.org
Janneke Bruil et Elias Dias Pene a Washington +1 202 49 22 154

[1] Le Conseil d’administration de la Banque mondiale se réunira en juin ou juillet 2004 pour se déterminer sur les suites à donner à l’EIR.