Depuis des mois, la société civile sud-africaine et mondiale est mobilisée contre le projet d’Eskom. En portant plainte devant le panel d’inspection de la Banque mondiale, les ONG espèrent retarder la décision de la Banque et obliger ses services à se pencher sur les problèmes qu’elles dénoncent. Le panel d’inspection aura à décider si le projet respecte les politiques et engagements de la Banque mondiale. Si ses décisions ne sont pas contraignantes, une évaluation négative du projet représenterait une pression supplémentaire sur la Banque mondiale.
Anne-Sophie Simpere, des Amis de la Terre France, explique : « La plainte insiste notamment sur les impacts locaux de la centrale. Les particules émises par la centrale à charbon augmenteront les maladies cardio-pulmonaires et les cancers du poumon, en particulier chez les enfants. Les rejets de soufre et de mercure engendreront de graves pollutions de l’air, des sols et des eaux dans la région. Enfin, la Banque mondiale n’a pas pris en compte les impacts cumulatifs du projet : la construction de la centrale implique l’ouverture de 40 nouvelles mines de charbon, qui auront des conséquences sanitaires et environnementales insoutenables. »
Les ONG soulignent également le fait que la centrale de Medupi émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (5 % des émissions françaises totales), ce qui va à l’encontre des engagements de la Banque sur le climat.
Elles évoquent aussi un « apartheid énergétique », l’électricité de Medupi étant principalement destinée à de riches multinationales étrangères, alors que les citoyens sud-africains en paieront le coût. Eskom a déjà annoncé des hausses de tarifs pour les particuliers, tandis que les entreprises bénéficient de prix artificiellement bas pour l’énergie, sur la base d’accords signés pendant l’apartheid.
Anne-Sophie Simpere continue : « Ce projet est hyper polluant et injuste. En Afrique du Sud, en Grande-Bretagne, en Australie, en Allemagne, en France (2), des pétitions circulent pour demander aux Etats de voter contre le soutien de la Banque mondiale à Eskom. Des milliers de signatures ont déjà été recueillies. Alors que les Etats-Unis devraient s’abstenir lors du vote, la France risque de soutenir le projet pour défendre les intérêts d’Alstom, impliqué dans la construction de la centrale. Il serait scandaleux que notre pays piétine tous ses engagements en matière de climat et de développement pour soutenir une industrie dépassée. »
En parallèle, le 7 avril, à Washington, plusieurs organisations dont les Amis de la Terre Etats-Unis, organisent une dernière action pour faire pression sur la Banque mondiale à la veille de ce vote crucial.
Contact presse :
Caroline Prak
01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
Notes :
(1) Voir le site des Amis de la Terre Afrique du Sud / Groundwork :
(2) Voir la cyberaction lancée par Cyberacteurs et les Amis de la Terre en France : Alstom vs. Climat : la France doit faire le bon choix !
Plainte des Amis de la Terre Afrique du Sud et Earthlife Africa





