1. Constat
Chaque année, 225 milliards de canettes sont consommées dans le monde. Les Européens ont consommé 41 milliards de canettes en 2005 dont 3,25 milliards par les Français. La France est le troisième marché européen après le Royaume-Uni et l’Espagne. Si toutes les boîtes consommées en France étaient mises bout à bout, on pourrait parcourir la distance de la Terre à la Lune. Dans la nature, une canette met entre 100 et 500 ans à disparaître. Fabriquée en acier ou en aluminium, la canette est recyclable à 100 %. Encore faut-il qu’elle soit triée du reste des emballages... En effet, recyclable ne signifie pas recyclé. Et c’est la tout le problème de la canette. Ce produit a pour vocation première d’être consommé en dehors de l’habitation. Une très grosse part des canettes sont donc jetées en mélange et ne sont dans les faits pas recyclées.
2. La canette : un produit « jetable »
Les Amis de la Terre militent pour une évolution des modes de production et de consommation vers des activités et des attitudes plus responsables et durables. Le packaging ne participe pas, d’une façon générale, à cette dynamique puisqu’il contribue à une croissance quantitative sans limite de la consommation avec des effets néfastes pour l’environnement. Cette croissance est en effet consommatrice de ressources naturelles et productrice de volumes de déchet de plus en plus importants.
La boite-boisson ou canette entre totalement dans cette analyse. Elle présente notamment deux caractéristiques :
Son usage est en effet plutôt dans la consommation hors domicile que dans les achats pour la maison. Le recyclage des ménages en France est principalement réalisé en France dans l’habitation. Les bornes de propreté avec tri sélectif sont encore très rare, on note quelques exemples dans les grandes villes comme à Paris (gares), Bordeaux (sur les quais) ou encore Lyon (Parc de la Tête d’Or). Malheureusement, cela ne suffit pas à traiter les plus de 3 milliards de canettes consommées en 2005. Une très grosse partie des canettes sont donc jetées en mélange et ne sont effectivement pas recyclées.
D’autre part, la dimension individuel de la canette, n’est pas la caractéristique d’un produit « écologique ».
3. Pour la réduction
Cette pratique du jetable doit donc être éviter et réduite autant que possible. Une autre conception des conditionnements doit permettre de réduire le nombre et le volume des déchets. Les Amis de la Terre veulent avant tout promouvoir la prévention des déchets, démarche concrétisant pleinement les modes de production et de consommation durable. Ces solutions existent et sont à mettre en avant grâce à des campagnes de sensibilisation du grand public. Elles permettront aux habitants de prendre conscience des conséquences de leurs choix de consommation. Par exemple, la promotion des récipients à grande contenance est un élément simple pour réduire le volume de déchet. Il faut noter que ces campagnes de sensibilisation doivent être financer par les producteurs d’emballage dans le cadre d’une Responsabilité Elargie des Producteurs.
4. Sur le recyclage
Après les efforts de réduction des déchets à la source, la part incompressible doit être recyclée. Fabriquer une canette à partir de métal recyclé permet d’économiser 75% des dépenses d’énergie. Ainsi, le recyclage d’une tonne de canettes représente l’équivalent d’une année de consommation d’énergie pour une famille de 3 personnes. Pour le moment, les conditions de recyclage de ces emballages ne garantissent pas un cycle de traitement performant. En effet, les modalités de financement de la filière et les performances de collecte et recyclage doivent être assumées par la profession dans le cadre d’une Responsabilité Elargie du Producteur avec des contributions adaptées (coût de traitement total et taxe dégressive en fonction des performances).
Ce qui doit être mis en place
Des organisations efficaces ont déjà été expérimentés dans diverses régions du monde. Dans plusieurs états américains, dans quelques provinces canadiennes et dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Sud, les consommateurs déposent une consigne lorsqu’ils achètent une boisson en canette et la récupèrent en ramenant le récipient après usage.
L’état du Michigan a réussi à atteindre ainsi un taux de recyclage de 95% avec une consigne de 10 cents par récipient rendu. En Suède, 86% des canettes en aluminium a été recyclé avec un système de consigne de 50 öre. En Inde, on réussit aussi de fort taux de recyclage grâce à des consignes pouvant atteindre 50% du prix du produit vendu.
Il faut responsabiliser le particulier en continuant la promotion du geste de tri et ceux même en dehors de l’habitation. L’idée est que trier, c’est partout et tout le temps.
Deux types de canettes existent en France : la canette en acier et la canette en aluminium. L’usage des boissons dans ce mode de conditionnement en dehors de l’habitation, ne facilite pas la collecte sélective, même si l’équipement des jardins et gares à tendance à se développer progressivement. La canette en acier est facilement captable dans les ordures en mélanges (avec un simple aimant, ce qui n’est pas possible avec l’aluminium), ce choix de conception permettra de développer le recyclage de ces contenants.
La mise en avant de la canette acier facilement captable ne doit pas limiter l’effort de réduction des emballages et de sensibilisation des citoyens au tri.