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Les coalitions

1er janvier 2002,

Les pays se regroupent en coalitions plus ou moins solides. Il n’est pas facile d’identifier les intérêts des uns et des autres, puisque dissimuler ses intérêts est une pratique de base dans les négociations. Il est courant de voir chaque participant essayer de soutirer un peu partout des informations…

- Le G77-Chine : c’est " le Sud ". Une coalition née à la fin des années 60, qui compte aujourd’hui 135 pays. Leur poids relativement faible est liée à leur puissance faible (comparée à celle des pays du Nord), mais aussi à des intérêts très différents à l’intérieur même de la coalition (exemple : AOSIS et l’OPEP)

- Le JUSSCANNZ (Japon, Etats-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie) : c’est " le Nord marché ", les pays neufs, avec peu d’histoire, qui ont le plus de moyens et de pouvoir, les plus grosses délégations et dont la position est la plus facile à deviner.

- L’Union Européenne : c’est " le Nord challenger ". Au-delà de zones fondamentales d’accord avec le groupe précédent, l’UE arrive parfois à faire alliance avec certains PED sur certains sujets. Elle entend aussi essayer de prendre le leadership sur les questions d’environnement, se faisant régulièrement damer le pion par les Etats-Unis dans la plupart des autres domaines internationaux. L’Union tient donc un discours très environnementaliste et développementaliste - mais il se traduit bien peu dans les faits.

- L’AOSIS : c’est la coalition des 35 petites îles, pays les plus vulnérables au changement climatique, et donc les plus ambitieuses sur le plan de l’action.

- Les ONG " environnementales " jouent un rôle relativement important. Bien informées, car leurs membres connaissent ceux de leurs délégations officielles, ou même en font partie, leurs avis sont lus avec intérêt, mais peu écoutés. Elles constituent une des seules sources d’information " fiable " et " complète " pour les pays à faible délégation, comme les pays africains. Elles jouent aussi le rôle de l’opinion publique, de " l’accountability " si difficile à traduire. Mais elles sont dominées par les ONG d’environnement (et non de développement) du Nord.

- les ONG " business " : la plus connue est la Global Climate Coalition, qui niait l’existence du changement climatique jusqu’à il y a peu - il faut dire que ses membres sont Exxon ou Ford. Les ONG du monde des affaires " vert " sont cependant en train de prendre du poids - ainsi que par exemple les assureurs.

- les autres groupes : les PMA (" pays les moins avancés "), le Groupe Africain, le CG11 (ex-Europe de l’Est sans la Russie), l’OPEP, etc. aux intérêts variés.- Le Secrétariat de la Convention-Cadre, qui organise toutes les rencontres, fournit les documents etc.- Le GIEC, à qui on demande régulièrement d’expertiser tel ou tel aspect des problèmes rencontrés.

Trois points généraux à noter  :
- La " représentativité " des acteurs fait problème pour bon nombre d’entre eux - des ONG aux gouvernements dictatoriaux, en passant par les gouvernements très influencés par certaines de leurs firmes.
- Le " réalisme politique " des différents acteurs se répartit entre : 1/ les réalistes du court terme : protéger ses intérêts immédiats (ex : économiques), et repousser les problèmes sur le futur ; 2/ les réalistes du long terme : protéger les intérêts à long terme (ex : l’environnement, les droits indigènes), et pour cela dénoncer les pouvoirs qui les menacent.
- Les règles de procédures sont facilement favorables aux délégations riches et nombreuses, et parlant l’anglais.