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Les distributeurs dans le viseur

En France, ce sont sur les distributeurs que pèse l’obligation de garantir les produits vendus. Elle n’incombe directement aux constructeurs que pour les achats dans leurs magasins propres, ou en ligne. C’est donc des premiers que dépendent en premier lieu les taux de réparation et de remplacement à neuf des biens sous garantie.

C’est également aux distributeurs d’afficher l’information sur la durée de disponibilité des pièces détachées. Ils ont le pouvoir de choisir les produits qu’ils mettent en rayon, en fonction de leur réparabilité. Une exception : l’informatique et la téléphonie où les constructeurs, comme Apple ont un poids de négociation bien supérieur.

Ils peuvent également vendre des pièces détachées aux consommateurs et des services de dépannage et de réparation des biens hors garantie. Ils proposent également des garanties commerciales à un coût additionnel important. Les distributeurs sont responsables du choix des compagnies d’assurances et aucun ne peut se targuer d’être vertueux en la matière. La société SPB, avec laquelle plusieurs distributeurs bien connus travaillent ou ont travaillé, a fait l’objet de 30 pages de plaintes sur le site 60 millions de consommateurs, les assurés n’arrivant jamais à faire réparer leurs téléphones ou leur tablettes !

AMAZON ET LE DÉVELOPPEMENT DE LA VENTE EN LIGNE

Aux États-Unis, la vente en ligne a détruit beaucoup plus d’emplois qu’elle n’en a créé. L’organisation du travail dans les entrepôts d’Amazon représente un retour aux heures sombres du travail à la chaîne : cadences infernales, productivité constamment mesurée et bracelet électronique ! Le géant mise désormais sur la robotisation intégrale des supermarchés...

Organisée pour ne payer que très peu d’impôts, la multinationale doit 200 millions d’euros à l’État français. Une somme sur laquelle Bercy vient de transiger sans que les citoyens puissent connaître le manque à gagner. Dans le même temps, les collectivités continuent de financer l’implantation d’entrepôts de l’entreprise : 3 millions d’euros pour celui d’Amiens.

Un régime à double vitesse que l’on retrouve également concernant la protection des consommateurs et de l’environnement. Contrairement aux distributeurs physiques, les vendeurs en ligne ne sont pas responsables juridiquement de la garantie légale.

Les consommateurs achetant en ligne sont tributaires de fabricants dont le SAV peut être défaillant et ne pas respecter leurs droits. La vente en ligne respecte très mal l’information sur la disponibilité des pièces détachées imposée par la loi Hamon de 2014.

Amazon n’affiche rien, quant à Rue du Commerce ou CDiscount, la performance est à peine meilleure. Surtout, l’évasion fiscale et la casse sociale permettent à la vente en ligne de tirer les prix du neuf vers le bas, alors que ceux de la réparation augmentent, et ce en partie du fait des constructeurs. Une situation très défavorable pour la réparation.

Le groupe Casino a récemment stoppé ses activités de vente physique d’équipements pour miser uniquement sur sa filiale :CDiscount. Cela nous fait craindre que ce modèle finisse par supplanter la distribution classique. Le groupe FNAC/DARTY est toujours en tête des parts de marché mais Amazon et CDiscount se classent désormais dans le top 5. Un danger compris par les États Membres de l’Union européenne, opposés à ce que la Commission ouvre une durée de garantie légale spécifique, favorable à la vente en ligne. ll faut désormais qu’ils rendent responsables les distributeurs en ligne de la garantie légale de conformité et les forcent à assurer des services de réparation sur les territoires.

Cette année, les Amis de la Terre se mobilisent pour que la grande distribution mette enfin son modèle économique au service de l’écologie et de l’emploi local !

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