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Les forêts d’Asie du Sud-Est en fragile sursis

L’Indonésie et la Malaisie ont des taux de déforestation parmi les plus élevés dans le monde : chaque année 1,5 million d’hectares de forêts primaires disparaissent en Indonésie selon la FAO.

En 1950, les forêts d’Indonésie couvraient environ 160 millions d’hectares alors qu’aujourd’hui elles ne couvrent plus qu’environ 48 millions d’hectares soit une diminution de près de 70 %. À Sumatra et à Bornéo, les forêts sont détruites si rapidement qu’elles auront disparu à 98 % en 2022 si des actions urgentes de préservation ne sont pas entreprises. Il y a cinq ans, le Programme des Nations Unis pour l’Environnement (PNUE) estimaient que ce seuil fatidique ne serait atteint qu’en 2032 (source : rapport The Last Stand of the Orangutan, PNUE, 2007).

Les impacts sociaux et environnementaux de cette déforestation sont très forts.

Les forêts d’Asie du Sud-Est rendent à l’humanité de nombreux services notamment grâce à leur capacité de stockage du carbone et à leur capacité à réguler le climat. Elles constituent surtout le lieu de vie des populations locales et des peuples autochtones, qui en dépendent aussi bien pour leur alimentation, leur approvisionnement en eau potable, leur médecine ou leur spiritualité. L’archipel indomalaisien abrite des centaines de communautés indigènes qui vivent de la forêt depuis des milliers d’années. Sur 216 millions d’indonésiens, 100 millions de personnes qui dépendent des forêts sont directement menacés par la déforestation.

Cette déforestation met en danger la survie des orangs-outans mais aussi d’autres espèces menacées comme le tigre de Sumatra, le rhinocéros de Sumatra ou l’éléphant d’Asie. Il n’y aurait plus que 45.000 à 69.000 orangs-outans vivant à l’état sauvage à Bornéo et pas plus de 7.300 à Sumatra. Au rythme actuel, les orangs-outans sauvages pourraient disparaître d’ici une dizaine d’années.

L’extension de la culture de palmier à huile est considérée comme la principale menace actuelle et à venir pour les forêts d’Asie du Sud-Est : en Malaisie, le développement des plantations de palmier à huile est responsable de 87 % de la déforestation entre 1985 et 2000.

En 2020, en Indonésie, la superficie des plantations de palmiers à huile pourrait avoir triplé et atteindre 16,5 millions d’hectares.

La culture du palmier à huile est une culture d’exportation : l’Europe est le premier importateur mondial d’huile de palme, un ingrédient discret que l’on retrouve dans de très nombreux produits alimentaires ou d’utilisation courante.

L’extension massive des cultures de palmier à huile pour la fabrication d’agrocarburants pourrait entraîner la destruction des dernières forêts primaires d’Asie du Sud-Est.

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