Plus de 70 % des espèces de plantes, d’insectes, de reptiles et d’arbres de notre planète se trouvent dans les tropiques.
Les forêts tropicales constituent un véritable réservoir biologique , un trésor naturel encore à découvrir puisque sur les 10 à 20 millions d’espèces animales et végétales que compterait la terre, seules 1 million ont été aujourd’hui identifiées.
Les forêts d’Europe sont de véritables déserts biologiques comparées aux forêts tropicales :
sur un seul hectare de forêt guyanaise par exemple, on dénombre 5 fois plus d’espèces d’arbres que dans toute l’Europe.
sur 200 mètres de rivière équatoriale, on trouve autant d’espèces de poissons que dans toute la France.
La biodiversité, c’est à dire l’ensemble des espèces animales et végétales de notre planète, est un patrimoine mondial inestimable. Les forêts tropicales, les massifs coralliens ou les mangroves, sont les zones les plus riches en nombre d’espèces.
Il est important de préserver la biodiversité :
sans elle, la vie sur terre aurait pu disparaître il y a 65 millions d’années : suite à la chute d’une météorite sur terre et à la poussière dégagée par l’impact, la température a brutalement chuté de quelques dizaines de degrés. Plus de 90 % des espèces ont alors disparu, dont les fameux dinosaures. Seules quelques espèces ont alors pu survivre et perpétuer la vie sur terre.
une trop grande uniformité biologique peut provoquer des catastrophes humanitaires, comme par exemple la Grande Famine en Irlande au 19ème siècle. Plus d ’un million d’irlandais sont morts de faim suite au ravage des champs de pommes de terre par le mildiou. Une plus grande variété de pommes de terre aurait évité ce désastre car ce champignon parasite aurait alors rencontré des espèces résistantes et ne se serait pas répandu aussi fatalement.
Contrairement aux forêts d’Europe, les forêts tropicales subissent un recul extrêmement rapide . Toutes les deux secondes, c’est l’équivalent d’un terrain de football qui disparaît. Au rythme actuel, ces forêts disparaîtront d’ici une à deux générations, en Indonésie, Afrique, puis Amérique.
Au Brésil, des territoires grands comme la France, autrefois recouverts de forêts tropicales, sont maintenant devenus stériles et sont en voie de désertification.
La destruction des forêts tropicales entraîne avec elle la disparition à tout jamais d’innombrables espèces animales et végétales, dont de nombreuses encore inconnues.
Ces extinctions sont une catastrophe écologique absolument irréversible !
La majorité des substances de la pharmacopée actuelle provient des forêts tropicales. A cause de la surexploitation industrielle, nous sommes en train de tuer la poule aux œufs d’or : nous nous privons de la découverte éventuelle de futurs médicaments.
Les forêts tropicales humides jouent un rôle majeur dans la régulation du système climatique local et global, du régime des pluies et du cycle de l’eau en général. Elles constituent une protection contre l’érosion et limitent les phénomènes de désertification.
Grâce à leur capacité à stocker le carbone, elles jouent également un rôle prépondérant dans la prévention contre l’effet de serre.
La disproportion est immense entre les avantages minimes tirés de la surexploitation des forêts tropicales (un bois légèrement moins cher, le luxe dérisoire d’un mobilier de jardin en teck) et les répercussions graves que celle-ci fait peser sur l’humanité.
(source : Survival International)
Depuis très longtemps, voire depuis toujours, des hommes vivent dans les forêts tropicales. On nomme ces premiers habitants les populations autochtones ou peuples indigènes.
Un contact permanent avec la nature
C’est grâce à une grande connaissance et expérience de la forêt que les peuples indigènes ont pu s’adapter et vivre dans des milieux hostiles et complexes.
Ce contact direct et permanent avec la nature leur a appris à observer et à connaître le monde végétal et animal. Les Indiens ont su en tirer le meilleur pour vivre tout en préservant le milieu.
Dans leur vision du monde, la culture des hommes et la nature sont étroitement liées et participent d’un grand tout indissociable : les hommes, les animaux et les plantes font partie du cycle de la vie et existent de façon interdépendante.
La vie des hommes est rythmée par le cycle des éléments naturels : la saison des pluies et la saison sèche, le lever et le coucher du soleil, par la production et la recherche de nourriture (agriculture, chasse, pêche, cueillette).
Des populations marginalisées et menacées
Mais ces peuples indigènes vivent au sein d’États dont les lois et les institutions leur restent étrangères, dont ils ne comprennent ni la langue ni les mœurs et sont ainsi marginalisés politiquement, économiquement, culturellement.
La marginalisation des peuples indigènes ne signifie pas qu’ils sont arriérés ou primitifs. Ils ne sont pas non plus des peuples naturels car tous possèdent des cultures nourries d’expériences aussi anciennes que les nôtres mais qu’ils ont orientées autrement.
Si certains d’entre eux ont pu vivre pendant des siècles dans un isolement relatif qui les a un peu protégés, l’expansion économique mondiale des pays industriels et l’exploitation intensive de toutes les ressources de la planète attaquent aujourd’hui en tous lieux leurs territoires, leur environnement, leurs moyens d’existence, leur mode de vie. Avec la disparition de la forêt, c’est la biodiversité mais aussi des peuples et tous leurs savoirs qui disparaissent à jamais.
Pour que les peuples indigènes aient un avenir il faut que leurs moyens d’existence soient garantis et que leurs droits fondamentaux soient reconnus, en premier lieu leurs droits à la possession et au contrôle des ressources de leurs territoires.
La récolte mondiale de bois tropicaux est en augmentation constante. Les pays développés en sont les principaux consommateurs, notamment la France qui est le premier importateur européen de grumes tropicales.
Les entreprises françaises exploitent les plus grandes surfaces de concessions forestières en Afrique Centrale. En zone tropicale, l’exploitation de la forêt s’apparente à du pillage, les essences à forte valeur commerciale sont exploitées de manière intensive. La raréfaction des espèces commerciales conduit les exploitants à ouvrir des routes forestières et à grignoter toujours plus loin la forêt. Le gaspillage est énorme, puisque pour un arbre abattu, c’est quarante arbres alentour qui sont endommagés.
L’exploitation industrielle ne profite hélas pas au développement local. Les dégâts sur l’environnement et les populations expliquent en partie le faible coût d’extraction des bois. La corruption aggrave l’exploitation illégale des forêts en zone tropicale : des arbres sont coupés en dessous du diamètre légal, des essences protégées sont exportées, beaucoup d’exploitants ne respectent pas les délimitations des surfaces d’exploitation.
Comme responsables de la destruction des forêts tropicales, citons aussi :
les grands propriétaires terriens du Brésil qui brûlent les forêts amazoniennes pour pratiquer l’élevage intensif de bovins,
la poussée démographique dans certaines îles indonésiennes,
l’industrie d’extraction de matières premières (par exemple les sociétés pétrolières en Colombie, les orpailleurs en Guyane).
Plus gros importateurs européens de bois tropicaux, les consommateurs français et collectivités locales françaises participent par leur achat au pillage de la forêt tropicale.
Le grand public est inondé par l’offre en bois exotiques. Contre-plaqué et aggloméré en bois exotique, parquet, mobilier de jardin en teck, meuble en acajou, en palissandre, ces articles sont de plus en plus nombreux et de moins en moins chers. Et pour cause ! La plupart du temps, l’exploitation des forêts qui fournissent les bois de ces articles néglige totalement de prendre en compte les dégâts sur l’environnement et les populations locales.
La grande distribution est complice de ces pratiques destructrices par exemple par la large publicité faite pour les salons de jardin en teck.
Seule une forte prise de conscience du public pourra infléchir la politique commerciale des grands magasins en faveur d’essences forestières gérées durablement.
Le bois est le matériau écologique par excellence : il est renouvelable à l’infini, il fixe de grandes quantités de gaz carbonique en excès dans notre atmosphère ; complètement biodégradable il retourne à la terre sans polluer. Le bois convient parfaitement en tant que matériau de construction (meuble, maison) car esthétique, solide, facile à travailler.
Mais encore faut-il veiller à son mode d’exploitation !
Au lieu d’acheter du bois exotique trop souvent issu du pillage de la forêt tropicale, privilégions l’achat de bois d’essences européennes . Cela a d’ailleurs l’avantage de soutenir la filière locale bois-forêts (22000 emplois directs en Midi-Pyrénées).
Des labels garantissent que le bois a été récolté selon des critères écologiques et humains acceptables :
PEFC pour le bois français,
ou FSC pour le bois tropical
De plus en plus de mairies optent pour une politique d’achat qui ne contribue pas à la destruction des forêts. Elles s’engagent à privilégier l’utilisation de bois de proximité et à éviter l’utilisation de bois tropicaux provenant de forêts gérées non durablement.