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Les fruits et les légumes « vilains » retrouvent leurs places dans les rayons des supermarchés

Faut-il subir les changements climatiques et une dure crise économique pour commencer à réfléchir à notre gaspillage et changer nos habitudes ?

Suite à la pire récolte depuis des décennies, Sainsbury a assoupli ses règlements sur l’apparence esthétique des produits frais. John Vidal, The Guardian, 27 Septembre 2012

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Des fruits et légumes déformés et hors normes retrouvent leurs places sur les rayons des supermarchés. Photo : GETTY

Carottes noueuses, patates difformes, courgettes courbées et choux-fleurs décolorés vont faire leur retour sur les rayons des supermarchés, suite à la pire saison qu’aient connue les agriculteurs depuis des décennies.

Le mois de mars le plus sec de ces 59 dernières années, suivi par le mois de juin le plus humide et des tempêtes et inondations automnales, tout cela a fait que les récoltes de fruits et légumes ont baissé de plus de 25% et que les supermarchés ne peuvent plus de se fournir en produits bien formés et sans tâches.

Jeudi, Sainsbury a annoncé qu’il assouplissait ses règles sur l’apparence esthétique des produits frais et autorisait, dans ses 1012 magasins, la vente de fruits et légumes qui normalement auraient été retournés dans les champs.

D’après Julie Batchelar, directrice alimentaire de Sainsbury : « Nous avons décidé de changer radicalement notre approche dans l’achat de fruits et légumes britanniques suite aux intempéries de cette année. Il y aura un peu plus de terre sur les fraises ou sur les pois qui sont plus petits que d’habitude. Mais nos clients font preuve de compréhension et adorent cette idée. » Elle ajoute : « Cette année, le temps imprévisible a laissé les producteurs avec une surproduction de fruits et de légumes laids avec plus de taches et de marques, ainsi que des pénuries dues à des récoltes tardives. Nous nous sommes engagés à utiliser tous les fruits et légumes qui respectent les règlementations et les critères de goûts et espérons que les clients nous aideront pour tirer le meilleur parti de la récolte britannique, malgré son apparence inhabituelle cette année ».

D’autres supermarchés comme Morrisons et Waitrose ont également annoncé qu’ils allaient assouplir leurs règlements.

Cette décision de Sainsbury a été accueillie avec satisfaction par les associations qui luttent contre la pauvreté et pour une autre l’alimentation. Pour elles, il est immoral de jeter de bons aliments pour de simples raisons esthétiques et non pas nutritionelles et en plus, cela pousse les prix à la hausse. La Soil Association qui fixe les critères pour les produits biologiques estime qu’entre 20 et 40% des fruits et légumes britanniques sont rejetés avant d’atteindre les magasins parce qu’ils ne présentent pas la bonne forme ou la bonne couleur.

Pour Vicki Hird des Amis de la Terre : « Il est plus que temps que les supermarchés prennent enfin conscience du besoin urgent de réduire le gaspillage alimentaire et qu’ils acceptent des fruit et légumes parfaitement bons, mais aux formes irrégulières. Aucun retour aux mauvaises pratiques ne devrait être permis lorsque des quantités énormes de nourriture étaient jetées pour de simples raisons esthétiques ».

Les fruits et les légumes cultivés au Royaume-Uni dépendent des règlements alimentaires européens, mais les supermarchés exigent que les producteurs satisfassent des critères esthétiques encore plus élevés. Cela entraîne le « déclassement » de produits parfaitement consommables.

Le gel, le vent, la pluie, la sécheresse peuvent décolorer et tacher les produits, mais il n’y a aucune perte d’éléments nutritifs. Par contre, c’est l’exigence des supermarchés pour de beaux produits qui rend les aliments plus chers puisque les agriculteurs pour s’en sortir doivent demander des prix plus élevés pour les produits acceptés.

Une recherche menée l’an dernier par l’organisme gouvernemental sur la réduction des déchets, WRAP, montrait que la récession avaient poussé les consommateurs et les supermarchés à jeter moins de nourriture. Selon WRAP, les familles britanniques jettent en moyenne 7,2 millions de tonnes de nourriture par an, mais cela représente une réduction de 1,1 million de tonnes par rapport à 2007, soit une baisse de 13%.

Et en France, on s’y met quand ??

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