Important :
Madame Galina Chernova, directrice de l’ONG kazakhe Globus qui suit le développement du projet Kashagan depuis plusieurs années, sera à Paris du jeudi 6 au samedi 8 décembre prochains, afin de rencontrer les partenaires techniques et financiers français du projet (Total et banques privées), ainsi que des réprésentants des administrations et des ONG françaises. Dans ce contexte, merci de contacter directement Gwenael Wasse des Amis de la Terre France (gwenael.wasse@amisdelaterre.org ou 01 48 51 18 99) si vous souhaitez la rencontrer durant sa visite
Les Amis de la Terre Europe, les Amis de la Terre France, la Campagne pour la réforme de la Banque mondiale (CRBM), CEE Bankwatch Network
Les impacts négatifs du projet pétrolier Kashagan mis à jour
Bruxelles, 5 décembre 2007 - Une coalition d’ONG, dans laquelle figurent les Amis de la Terre, publie aujourd’hui un rapport mettant en évidence des violations légales et des problèmes sanitaires et environnementaux autour du projet pétrolier Kashagan (Kazakhstan). Elles en présenteront publiquement les conclusions lors d’un débat au Parlement européen aujourd’hui même.
La diffusion de composés chimiques toxiques très probablement liés au développement du champ pétrolier de Kashagan menace lourdement l’environnement de la Mer Caspienne ainsi que la santé et les moyens de subsistance des communautés locales (1). ENI, la compagnie pétrolière responsable des opérations sur le projet, sera confrontée aux conclusions des ONG à l’occasion d’un débat public au Parlement européen cet après-midi.
Darek Urbaniak a déclaré au nom des Amis de la Terre Europe, des Amis de la Terre France, de la Campagne pour la Réforme de la Banque mondiale et de CEE Bankwatch Network : “Nous avons de sérieuses raisons de penser que le développement du champ pétrolier de Kashagan est responsable de niveaux de pollution inacceptables dans la région de la Mer Caspienne, qui ne pourront qu’empirer une fois l’extraction démarrée. Poissons, oiseaux et mammifères meurent massivement, tandis que la santé des populations locales est mise en danger par l’émission de produits chimiques toxiques issus de l’activité pétrolière dans la région. Pour couronner le tout, l’opérateur du champ, la compagnie italienne ENI, refuse de rendre publiques des informations cruciales concernant les impacts sociaux et environnementaux du projet. Nous demandons à ce que ces données soient publiées immédiatement”.
“La Commission européenne doit également mener à bien une évaluation exhaustive et indépendante du projet, avant de soutenir publiquement les entreprises opératrices et engagées dans les négociations”.
Le nouveau rapport met en évidence des violations simualtanées de la constitution kazakhe et de la Convention d’Aarhus par ENI et sa filiale Agip KCO, qui dirige directement les opérations de Kashagan. Ces deux textes obligent Agip KCO à rendre publiques toutes les informations dont elle dispose concernant les impacts du projet Kashagan, mais elle refuse toujours de le faire. Bien que l’accès à ces informations leur ait été refusé, les ONG ont recueilli par elles-mêmes des données et des témoignages durant une mission de terrain dans la zone en septembre dernier, avec des résultats inquiétants :
Chute brutale de la biodiversité dans la zone Nord-Caspienne, notamment en ce qui concerne les populations des poissons, de mammifères marins et d’oiseaux ;
Phénomènes de mortalité massive des phoques de la Caspienne (2), probablement du fait des émissions de soufre et d’autres polluants ;
Risques de mort biologique totale de la Mer Caspienne dans son ensemble si la pollution continue à croître au même rythme, selon des études menées par l’Institut kazakhe du gaz et du pétrole ;
Témoignages par des villageois de chutes drastiques de leurs prises de poissons et de maladies de peau de certains spécimens, les rendant invendables. Les conséquences socio-économiques locales sont lourdes, le secteur de la pêche employant parfois jusqu’à 40% de la population dans certains villages ;
Exposition des ouvriers du projet Kashagan à des émissions de soufre et d’autres polluants, avec des impacts potentiels directs sur le système neurologique humain
Risques élévés d’un accident catastrophique, pouvant potentiellement causer la mort de dizaines de milliers de personnes directement exposées aux émissions de gaz toxiques ;
Prévalence croissante de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, d’anémies et de maladies du sang (leucémies) chez les enfants.
L’extraction du pétrole brut du champ de Kashagan est particulièrement risquée du fait de sa nature chimique spécifique, caractérisée par des niveaux élevés de soufre et d’autres polluants toxiques comme les mercaptans. Les conditions d’exploitation y sont également très coûteuses, du fait de la pression et de la température élevée du brut extrait, du climat très rigoureux et de la localisation offshore du champ.
Contact presse :
Caroline Prak – Les Amis de la Terre
Tél. : 01 48 51 32 22 – 06 86 41 53 43
NOTES :
(1) Rapport disponible en cliquant ici
(2) Le phoque de la Mer Caspienne est classé sur la liste rouge des espèces en danger par l’UICN (Union mondiale pour la nature)
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Pour plus d’informations, merci de contacter :
Gwenael Wasse, chargé de campagne pour la Responsabilité sociale et environmentale des entreprises aux Amis de la Terre France
Tél : +33 01 48 51 18 99, gwenael.wasse@amisdelaterre.org
Elena Gerebizza, chargée de campagne pour le Financement du développement, Campagna per la Riforma della Banca Mondiale
Tél : +39 340 670 5319, egerebizza@crbm.org
Manana Kochladze, Coordinatrice régionale pour le Caucase, CEE Bankwatch Network
Tél : +995 99 916 647, manana@wanex.net