L’administration Obama a remis en question ses responsabilités en tant que plus grand émetteur mondial historique de gaz à effet de serre (GES). L’Union Européenne, qui compte aussi parmi les principaux émetteurs historiques de gaz à effet de serre, n’a pas réussi à prendre le leadership à Bonn et a gardé le silence face à l’obstruction scandaleuse des Etats-Unis (revenir seulement au niveau des émissions de 1990) et à la dangereuse proposition du Japon d’adopter un objectif de réduction des émissions ridiculement bas ( de 8 % d’ici 2020 par rapport à 1990). L’actuelle position européenne est pourtant de réduire de 20 % les émissions de GES d’ici 2020 (et de 30 % dans le cas d’un accord international ambitieux).
Les Amis de la Terre insistent pour que l’objectif des pays industrialisés soit compatible avec les impératifs scientifiques, soit 40 % de réduction domestique des émissions d’ici 2020, en accord avec la fourchette haute des recommandations du GIEC (Groupement intergouvernemental d’experts sur le climat). « L’élection du président Obama a créé un énorme espoir à travers le monde. Malheureusement pour la survie des populations et de la planète, la position de l’administration Obama lors de ces négociations ressemble de plus en plus à celle de Bush » explique Sonja, des Amis de la Terre - Europe.
De nombreuses délégations des pays en développement soutiennent des positions fortes et appellent à un accord sur le climat qui soit juste et équitable. La majorité de ces pays (dont l’Inde, les Philippines, l’Alliance des Petits Pays Insulaires, les Pays les Moins Avancés) appellent à des objectifs de réduction des émissions suffisamment élevés pour que la hausse de la température mondiale soit maintenue en dessous de 1,5 °C. La délégation bolivienne appelle en outre les pays riches à payer leur dette climatique[1].
Également très inquiétant, les pays industrialisés n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur l’aide financière et le transfert de technologies dont les pays en développement ont besoin pour combattre les changements climatiques et s’y adapter. « Les pays industrialisés doivent payer leur dette climatique, accumulée depuis plus de 50 ans. Les pays en développement et les citoyens doivent continuer à faire entendre leurs voix pour la justice climatique ! » précise Cyrielle den Hartigh, des Amis de la Terre – France. Les pays « riches » et industrialisés qui représentent environ 20 % de la population mondiale, sont responsables de 75 % des émissions historiques de gaz à effet de serre.
Que ce soit au niveau des objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre, ou dans l’accompagnement et les moyens à mettre en œuvre pour aider les pays du Sud, ce n’est pas à Bonn que les pays industrialisés ont assumé leurs responsabilités. Avancer vers la signature d’un accord équitable et efficace pour la lutte contre les changements climatiques s’avère pourtant impératif.
Contact presse : Caroline Prak – 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43
[1] Pour plus d’information concernant la dette climatique ici
Tout sur les actualités des négociations internationales climat sur www.justice-climatique.org
le rapport conjoint de l’OMC et du PNUE





