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Les traitements pour améliorer la durabilité des bois locaux

8 mars 2006,
Par Sylvain Angerand

Un traitement de préservation sert à améliorer la résistance du bois aux champignons et aux insectes. Il est appliqué aux bois devant être installés en extérieur, ceci afin d’augmenter leur durée de vie. Pour prémunir le bois non durable contre les champignons lignivores, il faut appliquer un traitement fongicide en profondeur dans les parties exposées, alors que pour le protéger des insectes, un traitement insecticide en surface suffit. Il faut faire très attention au choix des bois traités : la plupart contiennentdes produits très nocifs pour l’environnement, notamment des métaux

Le traitement Cuivre Chrome Arsenic (CCA) ou Bore (CCB)

Ce mélange de cuivre (fongicide), de chrome (agent fixateur) et d’arsenic ou de bore (insecticide) est très utilisé pour traiter les résineux. On reconnaît les bois traités CCA par leur dénomination « traité autoclave classe IV » ou « traité classe IV » et leur couleur verdâtre due au cuivre. Ces composants, très toxiques (l’arsenic est un poison et le chrome est cancérigène), ont des impacts négatifs sur l’environnement tout au londe leur cycle de vie. Les unités de production polluent les sols et sont classées ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), la pluie transporte les produits nocifs du bois vers le sol et les déchets sont considérés comme dangereux car leur combustion dégage des substances cancérogènes. Le Conseil Supérieur d’Hygiène Public de France (CSHPF) a d’ailleurs émis un avis défavorable pour l’utilisation de bois traités CCA dans les aires de jeux pour enfants et d’ici fin 2006, les produits CCA ou CCB seront définitivement interdits

L’oléothermie : un traitement écologique prometteur

Ce traitement comporte deux phases successives : la chauffe du bois à moins de 160°C pour faire évaporer l’eau puis son imprégnation dans un mélange d’huile végétale (lin, huile essentielle, etc.) et d’adjuvants naturels chauffé entre 50 et 80°C. Ces deux phases, réalisées dans la même cuve, entraînent la pénétration du traitement dans le bois sur 2 à 3 mm de profondeur et augmentent le caractère hydrophobe du bois, le rendant plus stable et plus durable, sans altérer ses propriétés mécaniques. L’oléothermie fixe les tanins du châtaignier et du douglas, ce qui augmente leur durée de vie et retarde leur grisaillement. La nouveauté de ce procédé et sa récente industrialisation en France font que les quantités de bois thermo-huilés sont encore assez faibles pour le moment. L’offre va augmenter dès 2006 puisque la société Oléobois, qui a mis au point le procédé, commence à commercialiser des unités de traitement dans le reste de la France.

PRIX : un bardage en douglas thermo-huilé coûte entre 18 et 25 €/m2 HT.

Aucune liste de distributeurs n’a pour l’instant été communiquée aux Amis de la Terre. Pour en savoir plus et trouver un distributeur : www.oleobois.com

Le bois rétifié : une alternative écologique aux bois tropicaux

La rétification est une technique récente qui consiste à chauffer progressivement le bois, sous atmosphère inerte (azote), jusqu’à une température seuil à partir de laquelle se produit un réarrangement des molécules.

Le résultat est spectaculaire : on obtient un bois plus résistant et plus stable.

Comparativement à d’autres procédés, la rétification a un impact écologique réduit : il n’utilise ni ne produit aucun éléments toxiques nocifs pour l’homme ou l’environnement contrairement à des traitements à base de cuivre, chrome et arsenic (plus connus sous le nom de traitements à cœur).

De plus, le bois rétifié est obtenu à partir de bois locaux (hêtre, frêne, peuplier, épicea, pin maritime) et permet donc d’une part, de réduire la pollution liée aux transports longue distance et d’autre part de favoriser un développement local.

Les propriétés des bois rétifiés sont-elles pour autant comparable à celles des bois tropicaux ?

Les bois tropicaux sont souvent utilisés en raison de leur durabilité naturelle pour des utilisations extérieures ou en milieu humide : plancher de piscine en ipé, fenêtre en moabi, bardage en azobé ou encore table de jardin en teck sont devenus de plus en plus courant. On distingue ainsi différentes classes de durabilité : de la classe 5, non durable à la classe 1, très durable. Le teck se positionne ainsi dans la classe 1, 2 ou 3 (moyennement durable) selon son origine et son mode de culture. En revanche, les sapins (Abies sp.) sont très faiblement durables (classe 4) à l’état naturel mais une fois rétifiés, il deviennent « très durables » (classe 1).

Cette amélioration de la durabilité est valable pour tous les bois rétifiés, feuillus (peuplier, hêtre, frêne...) comme résineux (pin sylvestre, pin maritime...).

Il est donc possible d’utiliser ces bois pour construire des terrasses extérieures, des bardages, des parquets, des meubles d’extérieurs ou d’intérieurs.

Par ailleurs, la rétification améliore la stabilité dimensionnelle des bois. Ainsi, le retrait volumique (c’est à dire les modifications de structure inévitables parce que le bois perd peu à son humidité naturelle une fois coupé) est très faible (de l’ordre de 8%) et quasiment équivalent à celui du teck (7%).

L’autre intérêt des bois tropicaux est l’usage esthétique. Ce sont souvent des bois rouges ou aux couleurs foncées particulièrement intéressants à mettre en valeur. Par un des hasards de la chimie et de la physique des bois, il se trouve qu’un bois naturellement blanc comme le frêne ou le peuplier peut également prendre une jolie couleur foncée comparable à celle des bois tropicaux...et plus durable ! En effet, comme tous les bois, une patine naturelle apparaît avec le temps sous l’action des ultra-violets mais contrairement aux bois tropicaux, la couleur d’un bois rétifié reste homogène et devient légèrement métallisé.

Enfin, il est important de répondre à la question suivante : le bois rétifié est-il un bois plus cher ? Oui et c’est logique si on le compare au même bois non traité mais, à utilisation équivalente, il est moins cher qu’un bois tropical et à surtout comme nous l’avons rappelé un impact écologique beaucoup moins important.

Vous souhaitez en savoir plus sur le bois rétifié ou trouvez un fournisseur ?

Contacter Retitech (groupe EPBH) : Mr Christophe LEGLIZE, Directeur commercial, Centre d’Affaire Mercure ZI du Sablan 40100 Dax, téléphone : 05 58 41 41 60.

et visitez les sites Internet : www.critt-bois.com ou www.retifie.com

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Parquet en pin maritime rétifié (Retitech)
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Lames de terrasse en pin maritime rétifié (Retitech)

Bilan énergétique de l’oléothermie et de la rétification

L’utilisation de bois local est économe en énergie et permet donc de lutter contre le changement climatique. En effet, pourquoi faire venir un bois de l’autre coté de la planète alors que les forêts françaises sont en pleines expansion ? Néanmoins pour certains usages notamment exterieurs, les bois locaux ont besoin d’être traité. L’oléothermie et la rétification peuvent être qualifiés de "traitements propres" car il n’y a pas de recours à des produits chimiques nocifs mais est ce que ces traitements n’ont pas un surcout énergétique important ?

D’après des études de l’ADEME, on peut essayer d’évaluer la quantité d’énergie consommée pour produire 1 kg de bois rétifié ou oléotraité.

Énergie consommée (MJ/kg)

Bois scié et séché 1,5 MJ/kg (indice de référence)

Bois thermo-huilé scié et séché 1,9 MJ/kg )*1.3)

Bois rétifié scié et séché entre 3,3 et 3,8 MJ/kg selon l’essence(environ* 2.3)

Pour comparaison, le bilan énergétique d’autres matériaux à base de bois est le suivant :

Panneau de particules 4 Mj/kg

Panneau de contreplaqués 7 MJ/kg

Pour comparaison, celui d’autres matériaux non renouvelables est le suivant :

PVC extrudé : 41 Mj/kg

Aluminium français moyen : 74 MJ/kg

La conclusion de l’étude de l’ADEME "Caractérisation environnementale du procédé de rétification" est donc la suivante : "La consommation d’énergie du procédé de rétification n’est donc pas un procédé très "énergivores", il se positionne entre du bois massif et des matériaux en bois reconstitués."