En faveur d’un Livret Climat spécifique, il y avait unanimité des banques au sein de la Fédération Bancaire Française (une première), un soutien total de la société civile, l’intérêt du Ministère de l’Environnement, de l’ADEME, de la Mission Interministérielle de l’Effet de Serre, et à l’évidence le soutien des parlementaires de la mission d’information sur l’effet de serre, des fédérations professionelles du bâtiment et des professionels des énergies renouvelables, de l’isolation et des éco-matériaux. Seul, le Ministère des Finances refusait d’avoir à gérer un produit de plus. Contre tout bon sens, c’est Bercy qui a gagné la partie et l’ensemble de l’Etat qui a laissé faire.
Avec un Livret Climat spécifique, l’ADEME avait chiffré le potentiel d’épargne collectée après trois ans à 10 milliards d’euros. Cela aurait permis un changement d’échelle réel dans le financement de la lutte conttre le changement climatique pour le secteur crucial du bâtiment, ainsi qu’une sensiblisation massive du public via les immenses réseaux bancaires. Le Livret encourageait également, en aval, la création de nombreux emplois locaux dans le secteur du bâtiment.
Sébastien Godinot des Amis de la Terre est furieux : « Comment le gouvernement peut-il se satisfaire du médiocre quand il y a unanimité sur un produit ambitieux ? Le verdissement du Codevi est plus complexe, plus coûteux, rend le suivi de la mesure presque impossible, et adieu la sensibilisation du public sur le climat et le bâtiment. Le taux est peu attractif, et la lisibilité du produit sera médiocre. Le produit embarasse plus les banques qu’il ne les intéresse : elles ne feront pas d’effort. »
Il ajoute : « Paradoxe total, le gouvernement parle d’urgence à agir mais laisse Bercy bloquer une avancée potentiellement massive et soutenue par tous. Force est de constater que pour ce gouvernement qui ne sera plus là dans six mois, l’efficacité en profondeur de la mesure contre le changement climatique n’a aucune importance : seul compte l’effet d’annonce. »
L’annonce d’aujourd’hui fait en outre preuve d’un mépris profond du processus de consultation sur la révision du Plan Climat. L’annonce finale était attendue à la fin du mois seulement ; les ONG, consultées au tout début du processus, n’ont pu s’informer ensuite de l’état des négociations que par des fuites et n’ont pu réintervenir adéquatement. Le Réseau Action Climat, dont les Amis de la Terre sont membres, jugera l’ensemble de la révision du Plan Climat : elle commence très mal.
Contact presse :
Sebastien Godinot, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41




