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Loi sur la transition énergétique : la dérobade des Sénateurs face au lobby de l’atome

Montreuil, le 12 février 2015 – Lors de la séance plénière du jeudi 11 février, les Sénateurs ont voté la suppression des objectifs d’économie d’énergie à l’horizon 2030 et de réductionà 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025 : un recul inacceptable pour les Amis de la Terre.

Alors que le texte de loi sur la transition énergétique adopté par l’Assemblée Nationale en première lecture était déjà très timoré, le recul des sénateurs sur les enjeux du nucléaire marque une nouvelle opération « lessivage verdâtre ». Florent Compain, Président des Amis de la Terre s’en étonne : « Alors que la catastrophe toujours en cours de Fukushima montre l’urgence de tourner au plus vite la page du nucléaire, les Sénateurs, sous la pression du lobby nucléaire, viennent d’envoyer le signal inverse. A aucun moment, la dangerosité des centrales et l’insoluble problème des déchets n’ont fait l’objet d’une attention particulière des Sénateurs. »

Aucune transition énergétique soutenable n’est possible sans économie d’énergie. L’inertie est déjà suicidaire, la fuite en avant est une folie. La faillite d’AREVA est un gouffre dont on ne voit pas le fond. C’est l’Etat qui tient à bout de bras la filière. C’est aussi l’Etat qui joue véritablement le rôle d’assureur en cas d’accident, cet accident dont le risque ne peut plus être nié. Rappelons que sur les 58 réacteurs français en fonctionnement, 27 ont déjà dépassé les 30 ans d’âge limite de fonctionnement pour lesquels ils ont été conçus1... et les plus récents ne sont pas sans reproches !

Les Amis de la Terre dénoncent les positions ambiguës, et les manœuvres, du gouvernement qui ont préparé cette nouvelle reculade : « Le flou entretenu par le Président de la République sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, les tentatives récurrentes de passer en force sur l’enfouissement des déchets à Bure, la volonté affichée de faire la promotion du nucléaire comme une solution aux changements climatiques ou encore le développement massif de la voiture électrique ont envoyé le signal au Sénat que les discours du gouvernement sur le nucléaire n’étaient qu’un écran de fumée ».

Avec en perspective la conférence internationale sur le climat en fin d’année, le gouvernement pourrait être tenté de cautionner ces reculades en commission paritaire mixte. Un compromis qui se ferait sur le dos des citoyens et des générations futures comme l’explique Florent Compain : « Les enjeux climatiques nécessitent de repenser en profondeur l’organisation de nos sociétés et une réorientation radicale des politiques publiques. Nous attendons du gouvernement qu’il donne un cap clair et qu’il s’y tienne, plutôt que de céder aux sirènes des lobbies : l’heure n’est plus aux petits arrangements mais aux vraies décisions. ».

Les Amis de la Terre interpellent les Parlementaires : Votre rôle n’est-il pas de gérer l’argent public dans une vision à court terme mais aussi de penser la France de demain. Les enfants qui naissent aujourd’hui auront à gérer des déchets et des sites contaminés... qui ne produiront plus d’électricité.

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