Logo des Amis de la Terre
Recommander cette page Imprimer cette page Agrandir cette page

Lula : "Je résiste comme un être humain et je suis respectable pour cela."

25 janvier 2003,
Porto Alegre, Brésil

Forum social mondial

Luis Inatio Lula da Silva est le président récemment élu d’un pays qui compte 45 millions de personnes souffrant chroniquement de malnutrition.

Comme il le rappelle, aux 150 000 personnes venues à Porto Alegre l’encourager à la veille de son départ au forum économique de Davos (Suisse), il n’est pas facile de résister à un courant aussi fort que le néo-liberalisme. Il est pourtant essentiel de le mettre en perspective avec le quotidien d’une grande partie de l’humanité.

L’accès à l’alimentation constitue en effet, avec la liberté d’expression, un droit imprescriptible ...pour les pays du Nord. Les populations des pays du Sud (Afrique, Amérique du Sud et Centrale, Asie) ainsi qu’une population toujours croissante dans les pays du Nord, en sont pourtant quotidennement exclues.

Dans les pays du cône Sud, comme au Chili et en Argentine, les dirigeants se sont discrédités à force de collusion avec le secteur marchand : la privatisation-braderie des ressources collectives (foncier, eau, ressources halieutiques, biodiversité, forêts) s’inscrit dans une démarche historique qui ne se dément pas.

Lula rappelle aussi cette lancinante nécessité de redistribuer la terre au peuple, tout en lui donnant les moyens de la travailler.

De même que le syndicat mondial Via Campesina, au cours de la conférence "Terre, territoire et souveraineté alimentaire". Les semences constituent un enjeu majeur.

Les mettre à l’abri des groupes qui détournent les biotechnologies pour mieux les contrôler, constitue l’objectif d’une humanité qui refuse l’extension d’un modèle agricole intensif "contre-nature".

Via Campesina, le promet : si elle appuiera Lula dans sa démarche, elle fait de l’année 2003 un engagement pour que le libre accès aux semences et la gestion de celles-ci par les populations rurales qui l’ont pratiquée depuis 10 000 ans (début de l’agriculture en Mésopotamie), soit reconnu. Pour que les semences soient déclarées par l’ONU, comme Patrimoine mondial de l’Humanité.

De Porto Alegre, à Concepcion, de Buenos-Aires (Jalisco -Mexique) en passant par Paris ou Bedjia, les accents de Lula et de Via Campesina se font les échos d’une même verité : le bon sens paysan.

Correspondance de Cédric Cabanne.

Porto Alegre - Rio Grande do Sul - Brésil - 24/01/03