
Ce journal est celui envoyé au jour le jour par les six grévistes de la faim et les huit jeûneurs engagés dans la lutte lancée symboliquement au Muséum National d’Histoire Naturelle ce mercredi 14 mars 2007. Les militants demandent un moratoire pour empêcher les semis annoncés à grand renfort de communication.
Ils viennent d’horizons différents, chacun engage sa santé dans cette action qui nous concerne tous pour arrêter la contamination, préserver la biodiversité des semences, des agricultures vivantes et créatives ou la possibilité de choisir son assiette : leurs portraits et l’engagement de chacun animeront cette chronique.
Hiroshima suscita le jeûne protestataire auquel Théodore Monod, fondateur des Amis de la Terre, participa chaque année sa vie durant. L’horreur technologique menace plus que jamais notre environnement et notre démocratie.
Allons les soutenir ou jeûner avec eux pour un temps à la Maison Ouverte, 17 rue Hoche à Montreuil, Métro Mairie de Montreuil-ligne 9. Les visites de soutien ont lieu chaque jour de 10 à 19h. Depuis le 24 mars ils sont au 8, rue du général Guilhem, Paris XIème, métro Sainte-Ambroise.
Montreuil, le Mercredi 14 Mars 2007
Premier jour de grève de la faim

Douze personnes venues de différentes régions de France, ont entamé une grève de la faim pour obtenir un moratoire sur les cultures et les essais d’OGM en plein champs, avant la période de semis. Les Amis de la Terre soutiennent les militants engagés dans cette action et soulignent le caractère urgent de la situation : l’Etat doit prendre ses responsabilités et entende les revendications des 83 % de français qui refusent de consommer des OGM et des 62 % d’agriculteurs qui demandent un moratoire.
La responsabilité du gouvernement est d’éviter de déclencher une "guerre " entre les paysans et d’aggraver la suspicion des consommateurs vis à vis du monde agricole.
L’action a débuté au Muséum National d’Histoire Naturelle sous le panneau d’accueil :
« Evolution »
« … Quelques 4 milliards d’années d’évolution ont produit la diversité actuelle des milieux et des espèces. »
« Mais, depuis 10 000 ans, l’Homme agit de plus en plus au sein de la nature. Quel est l’avenir de l’évolution ? »
Nous avons occupé les lieux afin d’attirer l’attention sur nos inquiétudes concernant l’évolution des espèces.
Nous avons fait signer l’Appel d’Orléans pour un moratoire www.moratoireogm.fr , le public était réceptif à cette initiative.
_Nous avons ensuite rejoint notre base : La maison Ouverte 17 rue Hoche à Montreuil ( téléphone : O6 18 23 27 11 ).
Nous avons eu la visite de Dominique Voynet : Elle a approuvé notre démarche, soutient notre action et a signé l’Appel d’Orléans pour le moratoire. Trois d’entre nous sont intervenus pendant le meeting de José Bové, à Nanterre.
Des contacts sont pris avec différents présidentiables, le gouvernement et l’Elysée : nous attendons leur engagement.
Des actions d’informations et de signatures sont en place dans différents lieux :
Mairie de Paris
Salon Vivre Autrement ….
Les grévistes de la Faim
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Jeudi soir, Jean-Pascal, aide-soignant de 48 ans (en bas à gauche sur la photo) :
« Je viens de l’Hérault, je jeûne de façon intermittente, je retravaille demain puis je reviendrai pour 3-4 jours sur mes jours de congés. D’autres arriveront ce week-end, d’autres resteront qui avaient prévu de partir. Ça me permet de distribuer des tracts, de rester plus actif et de faire la tisane... Aujourd’hui on est allé sur le parvis de la Mairie de Paris faire signer l’Appel d’Orléans. C’est la dimension gandhienne de la désobéissance civique active qui compte pour moi. C’est insupportable d’entendre annoncer 30 à 50 000 Ha d’ogm en culture en violation totale d’un droit élémentaire à une alimentation saine, avec des conséquences prévisibles sur la santé humaine. Après 50 ans de « pesticisation », ils agissent au plus profond de nos cellules : c’est les mêmes industries qui sont à l’œuvre pour les ogm, et on monte d’un cran dans la transgression avec le franchissement de la barrière des espèces. C’est tellement grave que c’est important d’être actif. C’est symbolique aussi de ne pas manger pour réclamer le choix de notre alimentation, le droit de ne pas manger n’importe quoi. Ce qui compte ici, c’est les liens, la confraternité , le groupe, importants dans la dimension psychologique de la résistance. »
Montreuil, le jeudi 15 Mars 2007
Deuxième jour de grève de la faim.
Réunion matinale où nous avons élaboré les actions de la journée. Vers Midi, visite de France 3 national : interviews des grévistes de chaque région en vue de plusieurs diffusions régionales. Une équipe de grévistes s’est installée sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris afin de sensibiliser le public et faire signer le moratoire. Le reste de l’équipe est resté à la Maison Ouverte afin d’accueillir les visiteurs et de prendre des contacts avec les différents collectifs, pour renforcer la mobilisation.
Le soir , toute l’équipe s’est retrouvée devant une tisane, dans une ambiance conviviale. Greenpeace France nous apporte son soutien, et à la suite,Greenpeace a déversé cette nuit, 3 tonnes de maïs transgénique devant le siège de l’UMP !!!! Tous le monde est en forme et déterminé à obtenir gain de cause.
Vendredi soir, 16 mars
Arrivée vers 20h00 de Jean-Baptiste Libouban accueilli par des vivats : l’apôtre de la Désobéissance civique, initiateur du mouvement des Faucheurs Volontaires vient évidemment se joindre à la grève dans la suite logique de son engagement. Guy hurle" j’ai faim !!!" pour annoncer l’heure de la tisane du soir ; la bonne humeur est de mise, l’humour aussi.
Le maïs déversé chez Sarkosi ce matin a suscité une vraie jubilation.
Siné et Tignous sont passés à la Maison ouverte, ils ont signé l’Appel d’Orléans, laissé une dédicace sulfureuse et promis le relais de Charlie-Hebdo. Et puis les politiques semblent se laisser interpeller : le moratoire est possible.
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Guillaume De Crop, 38 ans, le photographe de l’équipe, encadrant technique dans une entreprise de d’insertion de déchets électroniques, actuellement au chômage :
"Je suis un citoyen très en colère. On joue avec le feu concernant les ogm. Les dangers environnementaux on les connaît : le franchissement de la barrière des espèces, des choses qui vont se reproduire toutes seules... pas la peine de s’étendre. Cette espèce humaine me désespère ; les dangers sociétaux sont énormes : le brevetage du vivant, la menace de l’autonomie alimentaire, des agricultures vivrières.
J’en ai marre de ne pas être entendu, d’être confronté aux CRS, lacrymogéné. On est plus de 80% des citoyens à ne pas être entendus, plus de 60% d’agriculteurs réclament un moratoire. Ce matin sur RTL, plus de 70% des gens qui appellaient pour dire qu’ils n’en veulent pas.
Je vais être très cru, mais nos dirigeants sont des pornographes de la démocratie ! NOUS les avons élus. Ce n’est pas un travail, mais un MANDAT !
"La grève de la faim, j’y mets toutes mes convictions, je suis prêt à aller très loin."
Journal des grévistes de la faim -
Vendredi 16 mars, Troisième jour de grève de la faim
A ce jour, nous avons reçu le soutien de : Collectif des faucheurs volontaires ; Confédération paysanne ; Les amis de la conf ; Nature et Progrès ; Amis de la terre ; Greenpeace France ; Biocoop ; Agir pour l’environnement ; Réseau Semences Paysannes ; FNAB ; Coordination rurale ; Collectif anti-OGM Ile de France ; Les alternatifs ; Les Verts ; ALERTE OGM ; ATTAC 93 Sud ; ATTAC 94 Nord
Nous avons eu la visite de : CHARLIE HEBDO Les dessinateurs SINE et TIGNOUS Tignous nous a fait un beau dessin que nous vous mettons en pièce jointe, et nous aurons un article dans le prochain Charlie.
Isabelle JACONO de France Ecologie et membre du conseil du développement durable. Elle a signé la pétition. Elle prendra des contacts avec ses collègues et les personnalités politiques qu’elle connaît.
D’autres contacts ont été pris avec le staff de campagne de Nicolas Sarkozy, peu après l’action de Greenpeace. Une déclaration d’ici 15 jours nous a été promise.
Bruno Rebelle, du staff de campagne de Ségolène Royal, a pris contact avec nous jeudi matin, avant l’engagement de Ségolène sur France 2 à arrêter les cultures OGM en plein champ.
Nous avons fait une distribution de tracts et signatures de pétition au marché de Croix de Chavaux à Montreuil. De nombreux habitants de Montreuil ou de la région parisienne sont venus nous voir et signer la pétition.
Nous gardons la forme, malgré quelques moments de fatigue.
l’équipe des grévistes
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Journal des grévistes de la faim -
Samedi 17 Mars, quatrième jour de grève de la faim
Journée chargée pour les grévistes, comme vous le verrez , on ne reste pas inactif
Distribution de tracts et signature de l’appel d’Orléans à la tour Eiffel.
Déploiement de nos banderoles devant l’assemblée Nationale, comme vous le verrez sur les photos jointes, nous n’avons pas eu le temps de distribuer nos tracts et faire signer nos pétitions.
Soir : Nous sommes allés au cinéma voir le film NOTRE PAIN QUOTIDIEN (que nous vous conseillons vivement) ; après le film, nous avons présenté notre action, expliqué le moratoire, fait signer des pétitions, et répondu à de nombreuses questions du public : débat d’une heure.
Nous sommes rentrés tard à notre base, fatigués mais contents.
Dimanche 18 Mars, cinquième jour de grève de la faim
Visite de France 3 Ile de France qui nous a filmés et interviewés. Cela doit passer dimanche soir.
Visite d’Europe 1 , qui nous a également interviewés : demain aux infos entre 7h30 et 9h
Le dessinateur TIGNOUS est revenu nous voir : achetez Charlie mercredi, il nous a promis un bel article.
Nous avons été 2 heures dans une salle à Montreuil, ou nous avons communiqué sur notre action et la demande de moratoire auprès des habitants de Montreuil. L’échange a été riche.
Nicolas Hulot devrait publier un article en début de semaine, de même que Dominique Voynet qui passera ce soir et demain à la télévision.
Nous avons le soutien de nouvelles associations : Alerte OGM ; MDRGF ; CYBER ACTEURS ; Collectif sans OGM région centre ; L’ARCHE ; OGM dangers ; Syndicat des semences et plants Bio Languedoc – Roussillon
l’équipe des grévistes _______________________________
Journal des grévistes de la faim -
Lundi 19 Mars 2007, sixième jour de grève de la faim
Nous sommes partis à 10h30 L’action a commencé à 11h50 Nous étions 23 : 7 grévistes et 16 personnes en soutien.
Nous sommes arrivés à la Direction Générale de l’Alimentation , annexe du ministère de l’agriculture et également siège de la commission du génie biomoléculaire, où nous étions déjà attendu par de nombreux policiers.
Les 7 grévistes sont arrivés enchaînés les uns aux autres, les policiers nous ont aussitôt bloqué de façon à nous interdire d’approcher la porte de la DGAL.
Nous avons pu rester sur place, à quelques mètres de la DGAL, environ 1 heure.
On a continué a distribuer nos tracts et à crier nos slogans. Nous avions des panneaux avec la demande de moratoire. On a détendu l’atmosphère en plaisantant avec les policiers.
Ensuite les policiers ont amené deux grands cars , et nous ont tous embarqué.
Nous avons été évacués au centre de détention du 18°, en convoi de 2 fourgons et un car, toutes sirènes hurlantes.
Nous avons été fouillé au corps et ils ont relevé nos identités. Nous avons attendu ensuite en cellule les ordres du procureur.
Les policiers étaient un peu inquiets de savoir qu’il y avait des personnes qui n’avaient pas mangé depuis 6 jours.
Nous avons été libérés vers 15h30. Les policiers nous ont rendus toutes nos affaires y compris nos chaînes et nos cadenas. Donc, nous pourrons recommencer……
Retour à Montreuil, un peu crevé, mais une bonne tisane de "cagette" nous a requinqué.
Tignous est venu nous parler de son intervention dans le prochain Charlie : Achetez le, vous serez surpris.
Les soutiens du jour : Via Campesina Autriche ; Résistance ( Loire Atlantique)
l’équipe des grévistes

Guy Kastler, 57 ans, paysan bio dans l’Hérault, Coordinateur général du Réseau Semences Paysannes, Chargé de mission à Nature & Progrès, membre de la Confédération Paysanne, auteur avec Lilian Ceballos de « OGM, sécurité, santé : Ce que la science révèle et qu’on ne nous dit pas » (épuisé mais téléchargeable sur www.natureteprogrès.org), témoin dans de nombreux procès.
Voir l’interview complet : Interview de Guy Kastler, gréviste de la faim pour un moratoire sur les OGM. « Je suis le seul paysan actuellement en grève de la faim à Paris (depuis le départ de Dominique, Jean-Baptiste et Christine), mais quatre paysans nous ont rejoint aujourd’hui à Angoulême. Cette action est nécessaire parce que le moratoire est possible et qu’il faut se mobiliser pour le faire avancer : on est à 15 jours-3 semaines des semis, la décision doit être prise avant, il faut donc trouver des moyens convaincants. Il est plus facile d’interdire les cultures ogm avant les semis, après il faudra les arracher. (....)
On a bien rigolé hier lors de l’arrestation devant la DGAL : alors que le procureur voulait nous poursuivre, la police a fait de simples procès verbaux d’identité. Certains policiers ont commencé à nous bousculer, les autres les en ont empêché : ils ont fait leur boulot avec respect pour nous.
( ... )
Le combat contre les ogm s’inscrit dans un combat plus général. Les nano particules sont bien pire, elles sont déjà sans aucune évaluation ni étiquetage dans les cosmétiques et de nombreux produits industriels et seront bientôt dans les semences. La mutagenèse n’est pas étiquetée et pose autant de problèmes d’atteinte à la santé, à l’environnement et de confiscation du vivant par les Droits de Propriété Intellectuelle. Des semences mutées sont déjà dans le commerce. Avec les ogm, le public s’est emparé d’une bataille contre la guerre au vivant et pour le respect de la vie. Ça ne suffit pas d’interdire les ogm, il faut aussi rendre aux paysans le droit de ressemer, d’échanger et de sélectionner leurs semences : ce n’est qu’ainsi qu’ils conservent et développent la biodiversité que les semences industrielles ont détruite. Mais ce travail ne servira lui non plus à rien si on arrête les ogm. Ces deux combats sont indissociables.

Les prises de conscience s’accélèrent, le débat est le même sur les libertés, les médecines traditionnelles, les énergies renouvelables, les systèmes d’échange locaux, l’écobâtiment, les logiciels libres… : partout l’autonomie des communautés s’affronte à la même logique de contrôle généralisé…On fait aux êtres humains ce qu’on a fait aux plantes et aux animaux : aux USA, les laboratoires pharmaceutiques testent sur les enfants des hospices, des enfants sains, des traitements contre le SIDA. On traite le cheptel humain comme des objets. On empêche l’économie locale d’exister.
Mais je suis optimiste parce que les résistances locales se multiplient. En dehors de la légalité ou des circuits marchands habituels, les alternatives se construisent : les semences paysannes, les AMAP, on bâtit des cabanes…. Pour finir on peut citer une image tirée des « Nouveaux créatifs culturels »(éditions Yves Michel) : Lorsque le ver s’enferme dans la chrysalide, les premières cellules du papillon sont détruites par son système immunitaire. Elles ne peuvent se développer qu’en s’affrontant à lui et en apprenant à le contourner. Le ver durcit alors de plus en plus sa chrysalide, qui semble vide de toute vie. Puis le papillon sort de la chrysalide morte pour annoncer une nouvelle vie. Aujourd’hui, dans notre société, la chrysalide se durcit de plus en plus en luttant contre tout ce qui vit, mais les cellules de papillon se développent de plus en plus vite »
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Journal des grévistes de la faim
Mardi 20 Mars, septième jour de grève de la faim
José Bové est venu nous voir hier à midi pour nous apporter son soutien.
Il était accompagné de nombreux journalistes : TF1,A2, Ici et maintenant…..
Les journalistes nous ont posé de nombreuses questions intéressantes ; l’interview a duré un bon moment . On est passé brièvement au 20 heures sur A2.
Jean Marie Loury a passé la journée avec nous ; merci de ta visite Jean Marie
L’après midi , notre groupe s’est partagé divers tâches : Guillaume a été faire une émission en direct sur Radio Libertaire
Guy D, Jean Marie et Gérard sont allés au Ministère de la crise logement, où ils ont été interviewés durant 1 heure. La première partie : nous avons été interrogés sur nos relations actuelles avec le gouvernement. Nous avons répondu que nous les avions rencontrés, qu’ils étudiaient la possibilité d’un moratoire. Mais qu’aucun, à ce jour, ne s’était engagé concrètement en faveur de ce moratoire. Gérard a apporté des informations concernant les expérimentations sur les rats.
La deuxième partie : L’interrogation portait sur la désobéissance civile, et nous avons pu parler des différentes actions notamment des faucheurs volontaires et des grévistes de la faim.
Patrick, Jacques, Karine sont allés distribuer des tracts au meeting de Marie George Buffet, à la mairie de Montreuil. Elle s’est engagée à lire attentivement l’appel d’Orléans avant de le signer.
Nous étions heureux d’apprendre l’action des jeûneurs d’Angoulême (ndw : voir Manifestation et jeûne à Angoulême et Journal des grévistes de la faim - 20 mars). Nous avons aussi appris qu’un groupe de jeûneurs se mettait en place à Périgueux et Montpellier.
Nous recevons de nombreux mails de soutien des copains et aussi du Congo, Autriche, Sénégal.
Les nouveaux soutiens : Via Campésina Congo, Sénégal Attac France ICPPC Pologne Plataforma Transgénics Fora - Catalogne Espagne
La soirée s’est terminée pour quatre d’entre nous, par une mémorable partie de belotte coinchée...
l’équipe des grévistes ____________________________
Journal des grévistes de la faim
Mercredi 21 Mars, huitième jour de grève de la faim
Nous continuons d’être en forme et toujours aussi motivés.
Aujourd’hui nous avons eu plusieurs visites :
Jacques Boutault, maire du 2° arrondissement de Paris, accompagné par sa directrice de cabinet. Jacques nous a assuré de son soutien, et ils ont tous les deux signé la demande de moratoire. Le maire de Montreuil est venu voir si tout se passait bien Monsieur Bruno Rebelle, conseiller environnement de Ségolène Royal nous a déposé un courrier de Ségolène dans lequel elle nous apporte son soutien et s’engage pour un moratoire sur les OGM en plein champ… (nous vous joignons la lettre)
Quelque uns d’entre nous sommes allés au Zénith pour le meeting de François Bayrou. Ils n’ont pas pu rentrer, 1000 personnes sont restées dehors. Ils ont distribué l’appel d’Orléans et ont fait signer une cinquantaine de pétitions, tout cela dans un froid glacial.
Guy Kastler a été interviewé par une journaliste du Parisien, l’article passera demain.
l’équipe des grévistes
Journal des grévistes de la faim
Jeudi 22 mars, neuvème jour de grève de la faim
Nous sommes partis vers 10 heures de Montreuil, vers la mairie du 17ème arrondissement. Le Maire, Madame de Panafieu, est pressentie tête de liste à la Mairie de Paris pour l’UMP, c’est à ce titre que nous voulions l’interpeller puisque seul le candidat de l’UMP n’a pas pris position à ce jour pour le moratoire et que seul le gouvernement dirigé par l’UMP peut prendre ce moratoire avant les semis.
Nous sommes rentrés dans la mairie à 11 heures, Guy Kastler s’est aussitôt enchaîné à la rampe de l’escalier, le gardien lui a demandé ce qu’il faisait, il lui a répondu qu’il changeait la décoration, ensuite nous nous sommes enchaînés les uns aux autres. Le gardien nous a laissé faire.
La presse est arrivée, presque en même temps que nous : FR3, A2, Libé, AFP, Radio Ici et Maintenant et Reuters (au téléphone)
Certains journalistes sont restés avec nous jusqu’à 17 heures.
Nous avons demandé à voir Madame de Panafieu, un de ses conseillers est descendu nous voir. Il nous a dit que Madame de Panafieu était absente. Nous lui avons dit que nous voulions connaître la position de Madame de Panafieu sur le moratoire, qu’elle intervienne auprès du président de la république pour qu’il se prononce sur un moratoire sur les OGM en plein champ et que nous attendions la réponse.
Il a fini par redescendre nous dire que Madame de Panatieu acceptait de recevoir une délégation. Nous lui avons répondu que nous avions collé les cadenas et que nous ne pouvions pas bouger et lui avons demandé de bien vouloir descendre. Elle a refusé, nous avons alors composé une délégation de trois personnes qui nous accompagnait et elle a refusé de les recevoir tant que nous ne nous serions pas détachés.
Par conséquent , nous ne l’avons pas rencontrée.
Nous sommes restés en place, assis sur des chaises, en disant que nous pouvions poursuivre la grève de la faim dans cette Mairie aussi bien qu’à Montreuil pour attendre sa réponse.
À 19 h 30, heure de fermeture de la Mairie, une cinquantaine de gendarmes sont arrivés avec des tenailles et nous ont dit qu’ils préféraient que cela ce passe dans le calme.
Nous nous sommes laissés détacher, ils ont relevé nos identités et nous ont escortés dehors (gendarmes + CRS)
Ils nous ont de nouveau rendu nos chaînes, et nous leur avons dit à très bientôt. Nous sommes rentrés à Montreuil. Ci-joint article de Libération.
Nouveaux soutiens : Via Campesina Brésil ( nous avons reçu un mail disant qu’ils étaient reçu à 11 h à l’ambassade de France pour nous soutenir) Bio Centre Bio d’Aquitaine OGP Landes.
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Vendredi 23 mars, dixième jour de grève de la faim :
Nous avons eu la visite de Arnaud Apoteker (Greenpeace), François Roux, puis Jean Pierre Brard, Député-Maire de Montreuil apparenté PC. Toute la journée une équipe de "Télévision Libre" nous a filmés.
Vers 18h des lycéennes sont venues nous apporter les pétitions qu’elles avaient fait signer : bravo la relève !
l’équipe des grévistes _____________________________
Dominique Delort, 52 ans,chef d’entreprise dans le bâtiment, coordinatrice du collectif des Faucheurs volontaires pour le département 18.
« Je ne suis pas du tout du milieu agricole. Il y a 30 ans j’ai fait le choix de manger bio pour des raisons de santé : je souffrais d’allergies à des tas de produits chimiques, les E200, E400, les colorants. Nous étions militants de l’environnement sur la péniche de René Dumont, j’y ai rencontré des gens qui m’on dit que si je ne voulais pas avoir d’allergies il me fallait changer d’alimentation ; je suis devenue végétarienne avec des aliments biologiques. J’étais beaucoup mieux. Si j’allais au restaurant, je constatais que le lendemain j’étais malade. J’ai commencé à signer des pétitions contre les OGM en 98-99 sur le marché. Je connaissais l’Arche de Lanza Del Vasto parce que nous étions militants contre le camp militaire du Larzac. Je croisais Jean-Baptiste Libouban. En 2002, il faisait une conférence sur la non-violence, il s’est arrêté pour nous dire qu’il se passait quelque chose de plus grave : des paysans de la confédération paysanne fauchait des OGM, il nous a dit « ils n’y arriveront pas sans nous », on a répondu « tu as une feuille blanche ? » et on s’est inscrits à la sortie. Le collectif des Faucheurs volontaires a commencé là, on est à fond dedans. Je suis coordinatrice du 18 et mon mari du 23. Nous sommes tous les 2 en grève de la faim. On a la chance d’avoir un fils de 24 ans qui a mangé bio toute son enfance et qui continue, il n’est pas allé au Mac Do, il va chercher son petit panier à l’AMAP. On a envie de se battre et pour nous et pour lui. J’estime que les OGM sont une atteinte à ma liberté, me mettent en danger : ils contiennent des allergisants très forts, je ne pourrai pas les supporter.
Les menaces environnementales se sont accentuées avec les OGM. La grève de la faim est une idée de Jean-Baptiste, il a toujours des idées lumineuses. Il était impossible de rester les bras croisés en attendant les décrets, il fallait demander le moratoire sans attendre.
J’ai fait un premier jeûne en 1978 de 15 jours, puis souvent pour le plaisir, c’est une expérience lumineuse que j’ai eu envie de recommencer. Je jeûne une fois par an, j’ai commencé par 15 jours puis 3 semaines, les 2 derniers étaient d’un mois, l’année dernière en travaillant. Ce n’est jamais pareil, c’est toujours une expérience nouvelle, ça dépend de l’état dans lequel tu es avant. C’est un moyen de se désintoxiquer. Chacun ici a des symptômes différents : les trois premiers jours je ne dormais plus, j’avais mal aux jambes, je marchais dans la grande salle, quand le froid m’engourdissait je n’avais plus mal, je pouvais me recoucher. Là j’ai un peu mal aux reins, je crois que nous avons abusé de la tisane d’aubier de tilleul, il faut varier. Nous avons un pitre, un vrai clown parmi nous, c’est lui qui a baptisé ça la « cagette » : ce sont des petits bouts de bois assez plats. Le matin le cœur tape un peu à cause de la déshydratation après 7h00 sans boire. Il faut boire 4 litres par jour quand on n’a plus l’eau des légumes…Après 3 bols de tisane et un demi litre d’eau en guise de petit déjeuner ça va mieux. On peut être motivé même seul, ou avec quelqu’un qui mange à côté et même en faisant la cuisine pour 20 personnes.
Au bout de 8 jours ensemble on a une pêche d’enfer, le groupe se soude. L’ambiance est conviviale, on se soutient, chacun se préoccupe de l’autre. C’est très convivial même si c’est quelquefois difficile de s’isoler. Nous ne sommes que 2 femmes depuis le départ de Karine, elle est partie hier à regret, elle n’a pas pu avoir plus de 2 jours de congés.
Et puis on rit beaucoup : Tignous est repassé aujourd’hui en voisin, il nous a amené le dessin paru dans Charlie aujourd’hui. On a réclamé une dédicace alors « Bon appétit à tous ! »
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Journal des grévistes de la faim
Samedi 24 mars 2007, 12ème jour de grève de la faim.
Déménagement de la Maison Ouverte pour le CICP. Finalement, le CICP n’avait pas de salle adaptée à nos besoins. Nous avons donc accepté la proposition d’Anne et Gérard, de nous installer dans leur appartement : 8 rue du Général Guilhem, 11ème arrondissement.
L’appartement est un ancien magasin et nous disposons de vitrines sur la rue. Cela nous a permis d’indiquer notre présence par des panneaux voyants. Les gens n’hésitent pas à pousser la porte, et à signer la pétition.
Organisation des trois prochains jours avant notre départ pour une autre destination.
Nous avons eu la visite de plusieurs militants de Greenpeace.
Nous avons eu également la visite de Christian Jacquiau, qui nous apporte son soutien et nous a dédicacé son ouvrage : "Les coulisses du commerce équitable".*
Il est 22 heures, les matelas sont en place et les grévistes sont prêts pour les bras de morphée, à l’exception de Guillaume et Patrick qui partent maintenant en recherche d’un appareil photo.
l’équipe des grévistes
* et "Les coulisses de la grande distribution", une bible !
Journal des grévistes de la faim -
Lundi 25 mars, treizième jour de grève de la faim
Hier, en début d’après-midi, comme vous le verrez sur le communiqué de presse joint, nous sommes allés nous enchaîner dans le hall de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette.
La comédienne Anémone nous accompagnait et est déterminée à nous aider. Elle a signé l’appel d’Orléans.
Dans l’après midi, les policiers en civil qui se faisaient remplacer sont venus nous dire au revoir et ils nous ont souhaité bon courage.
Une trentaine de copains nous accompagnaient et ont distribué des tracts et fait signer l’appel d’Orléans. Le public était très réceptif.
Les policiers nous ont coupé nos chaînes vers 19h30, dans un climat serein.
Nous sommes rentrés et nous sommes rassemblés autour d’une bonne tisane.
Jean Marie Petey est revenu, il est arrivé à minuit. Il n’a pas cessé sa grève de la faim durant ces deux jours d’absence. Nous sommes de nouveaux 6 grévistes et commençons notre 13ème jour de grève
Nous avons été rejoints par des jeûneurs à Angoulême, Périgueux et Montpellier. On salue tous les jeûneurs qui nous accompagnent dans diverses régions de France. Courage à tous.
l’équipe des grévistes
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Jean-Marie Petey, 68 ans, enseignant technique à la retraite, ingénieur géomètre
« Je suis fils de paysans et depuis longtemps sensible aux problèmes d’environnement. J’ai milité contre le nucléaire, j’ai d’ailleurs les traces d’un matraquage à Creys-Malville, et j’ai participé au refus de l’impôt, moins 3% contre le nucléaire. Je faisais partie du Mouvement pour une Alternative Non violente à Dijon où nous avons organisé le renvoie de livrets militaires en 1975 pour obtenir le statut d’objecteurs de conscience à tout moment de la vie. J’ai fait une première grève de la faim à ce moment-là. François Roux, jeune avocat, défendait déjà un des nôtres : 3 copains ont été condamnés et un renvoyé de l’administration.
Ma fille est mariée à un paysan, paysanne maintenant, en reconversion bio liée à la crise porcine. Ils ont un élevage de truies en plein air en Charente. C’est Yves Manguy , son beau-père, premier porte-parole de la Confédération Paysanne qui m’a sensibilisé aux OGM. Après le procès de Riom je me suis lancé dans la bataille et je suis coordinateur des Faucheurs volontaires en Côte d’Or. L’idée de la grève de la faim court depuis un et j’ai été tout de suite d’accord. Je suis en grève de la faim depuis 14 jours. C’est difficile à concilier avec la vie de famille, j’ai quitté Montreuil samedi matin en continuant à jeûner et je suis de retour depuis dimanche soir. Je suis très occupé à la retraite mais depuis un an j’ai décidé de mettre le paquet sur les ogm. Il y a « le feu à la maison » ! La pression sur les media étouffe l’info, il faut faire sortir la réalité face à cette désinformation. C’est un engagement personnel, prioritaire : je suis adhérent d’ATTAC que j’ai un peu délaissée.
Mes parents avaient une petite ferme très traditionnelle dans l’Est de la France : 15 HA en polyculture sans aucun traitement chimique, c’était en « bio » avant la lettre ! A l’époque l’élevage pour le lait sur prairies naturelles c’étaient cinq vaches, une dizaine de veaux, deux cochons et de la volaille. On cultivait des pommes de terre, des betteraves, des céréales : Blé, orge et seigle. Mes parents n’ont pas compris après mes études que j’ai envie de revenir à la terre. J’ai cherché ailleurs : un ferme à Montpezat de 40 ha que les propriétaires, qui vivaient bien avec un ha de serre, cherchaient à partager. Nous sommes venus retaper une maison avec nos quatre enfants. Nous étions trois familles indépendantes, les repas étaient pris en commun , les revenus étaient partagés. L’expérience a duré 4 mois ( l’un d’eux ne savait pas travailler) et j’ai repris mon métier d’enseignant.
J’ai milité aux parents d’élèves, à la Confédération syndicale des familles et au SGEN-CFDT que j’ai quitté en 95, au moment des lois Juppé, après 30ans de syndicalisme ; une expérience douloureuse. J’étais au Larzac en 1973, j’ai participé au refus d’impôt pour construire la Bergerie de La Blaquière, et je suis membre du GFA.
Depuis 15 ans j’aide un copain maraîcher en bio, jusqu’à 3 jours par semaine, j’ai les légumes en retour. Je fais les foins aussi en Val d’Azun pendant les vacances. C’était impossible d’être coupé de la terre, de mes racines. On parle beaucoup des AMAP mais nous avons organisé pendant 15 ans une coopérative parallèle pour l’approvisionnement de produits fermiers entre 1980 et 1995 à Dijon.
Je suis très déterminé à continuer cette grève de la faim. »
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Journal des grévistes de la faim -
26 et 27 mars, 14è et 15ème jour de grève de la faim.
Lundi 26 Mars :
Journée de repos pour les grévistes, nous avons quand même passé du temps derrière nos claviers d’ordinateurs à communiquer. Nous avons eu également pas mal de visite des gens du quartier qui entrent signer la pétition et discuter.
Un film, sur notre action à la cité des sciences a été réalisé, vous pouvez le voir sur : http://6.upload.dailymotion.com/reg...
Mardi 27 mars, 14° jour de grève de la faim pour un moratoire sur les OGM avant les semis du printemps.
l’équipe des grévistes
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Journal des grévistes de la faim.
Mercredi 28 Mars, 16ème jour de grève de la faim
Nouvelle action des grévistes de la faim : nous sommes allés nous attacher avec des antivols de vélo, par le cou, devant le siège de l’UMP ;
Nous avons pu rester une heure avant que les gendarmes nous coupent nos antivols. Ils nous ont ensuite emmenés au commissariat du 15° arrondissement, où nous avons été auditionnés.
Voici le lien pour télécharger la vidéo (bouton droite de la souris et enregistrer la cible) : http://moratoireogm.effraie.org/vid... Communiqué de presse ci-dessous ( )
Nous partons continuer notre grève de la faim dans le sud ouest, demain matin. Un groupe démarre Vendredi à Strasbourg.
Nous avons eu de nouveaux soutiens : Udo Mavivitz : Allemagne (il nous a envoyé un beau dessin) Via Campésina Syndicat de culture Biodynamique
l’équipe des grévistes
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Journal des grévistes de la faim.
jeudi 29 mars, 17ème jour de grève -
Après avoir interpellé le gouvernement et le monde politique à Paris pendant 15 jours, nous avons décidé d’interpeller les paysans qui veulent semer des OGM afin de les en dissuader. Nous avons choisi Pau parce que les intentions de semis annoncées par la coopérative PAU-EURALIS y sont très importantes et que la résistance des paysans bio ou conventionnels et des consommateurs s’y développe activement.
Aucun des politiques et paysans qui promeuvent les OGM ne pourra plus dire qu’il n’a pas agi en connaissance des risques encourus pour l’ensemble des paysans et des consommateurs.
Voyage Paris-Pau, une voiture, le reste en train, sans problème, merci à Anne Liebskind qui nous a servi de chauffeur.
Accueil chaleureux à la Communauté d’Emmaüs de PAU – LESCAR qui nous héberge dans un wagon super aménagé : nous sommes aux petits soins !
A 15 h, le collectif anti-OGM 64 a été reçu par le secrétaire général de la Préfecture. Conférence de presse à la sortie : très bonne couverture médiatique. FR3 Aquitaine doit venir nous voir aujourd’hui à 11 h.
Un médecin est venu nous examiner tous les sept ce matin, nous sommes tous en pleine forme, R.A.S.
Nature & Progrès et Bioccop ont publié des communiqués de presse de soutien.
Nous saluons les initiatives des jeûneurs de Toulouse, Lyon et Strasbourg qui viennent nous renforcer dans notre action et celle des parlementaires européens qui ont hier maintenu la bio en dessous du seuil de 0,1 de contamination.
Rassemblement demain SAMEDI 31 MARS à 10 h., place VERDUN à PAU Devant la statue, côté fête foraine.
l’équipe des grévistes.
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Guy Delort, 55 ans, chef d’entreprise du bâtiment.
" J’ai découvert l’écologie avec René Dumont en 1973 et je suis sensibilisé à l’alimentation saine bio depuis la même époque. Maintenant la culture de ces productions biologiques est mise en péril par l’arrivée des OGM dans les champs. Je suis également sensible à l’équilibre de l’agriculture mondiale et horrifié par les manœuvres de firmes semencières notamment en Inde où de nombreux petits paysans se sont suicidés faute de pouvoir ressemer leur récolte de coton. Nous avons un fils de 24 ans. Nous sommes responsables de la Terre que nous laisserons à nos enfants. Nous ne sommes que locataires de la Terre. Il s’agit d’un bien commun et il est invraisemblable que l’on fasse passer l’intérêt privé avant cet intérêt commun.
Toutes ces raisons nous ont amené à entamer une grève de la faim pour demander le moratoire sur les cultures et les essais en plein champ. Cette grève de la faim est le derniers recours après différentes tentatives d’interpeller les politiques. Nous avons, avec le soutien de plusieurs associations, créé AlerteOGM dont le but est de répertorier les responsabilités des futures contaminations et des futures conséquences sanitaires. Ces responsabilités seront recherchées à la fois auprès des agrimanagers, des politiques, des scientifiques et toute autre responsabilité à quelque niveau que ce soit. La première action d’ Alerteogm a été de déposer un dossier complet signalant son existence et accompagné de l’argumentaire de la Confédération Paysanne et du moratoire autrichien, à chacun des 577 député, adressé à chacun et déposé avec huissier au service courrier de l’Assemblée nationale, le mardi 20 mars. Aujourd’hui nous avons peu de réponses.
Après 18 jours de grève de la faim nous n’avons pas encore obtenu le moratoire réclamé. Nous poursuivons notre engagement jusqu’au 5 avril ; après cette date les semis vont commencer et cette action n’aura plus de sens. D’autres actions la relaieront pour lutter contre ces semences mortifères
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Journal des grévistes de la faim Vendredi 30 mars, 18ème jour de grève de la faim.
Dès le départ du médecin, les premiers militants de Pau sont arrivés. 11 h. : conférence de presse, tout le monde est là : FR3, trois quotidiens et deux radios. Echanges approfondis, ils ont pris beaucoup de note.
15 : Jean Lassalle, député UDF du département, ancien gréviste de la faim à l’Assemblée Nationale (fin 2006), est venu nous rendre visite. Il a signé l’appel d’Orléans et a confirmé devant la presse son approbation de notre demande de moratoire
l’équipe des grévistes.
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Samedi 31 mars, 18ème jour de grève de la faim.
Une manifestation de 200 personnes a défilé dans les rues de Pau pour réclamer le moratoire puis a accueilli et écouté les grévistes, traits tirés, au Complexe de la république.
L’après-midi, à la Communauté d’Emmaüs à Lescar des élus sont venus les rencontrer : Louisette Mayereau, conseillère régionale Vert, de Martine Lignières-Cassou, député socialiste de Pau, Eric Schatz, conseiller municipal de la gauche alternative à Pau et de Michel Aguer, élu communiste de Lescar. Marie-Pierre Cabanne, conseillère régionale socialiste, est arrivée en cours de réunion et a promis le soutien de la Région aux expérimentations menées par les Civam Bio sur le suivi des contaminations. Tous ont signé l’Appel d’Orléans.
« Au-delà de la responsabilité morale, éthique et juridique des paysans qui vont dans le sens OGM, avec notre geste, nous pensons semer la graine de l’espoir d’une agriculture saine sans semer les graines de la discorde » a précisé Guy K( Sud-Ouest).
Après Toulouse, ils seront à Marmande jeudi 5 avril pour soutenir le référé d’un paysan dont la production a été contaminée.
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Déclaration des 8 grévistes de la faim de Paris puis Pau.
Le lundi 2 avril 2007, déclaration des 8 grévistes de la faim de Paris puis Pau
Au 19° jour de grève de la faim pour 6 d’entre nous, nous avons quitté la Communauté Emmaüs de Pau-Lescar qui nous a si chaleureusement accueilli.

Nous saluons l’initiative des jeûneurs d’Angoulème, Périgueux, Toulouse, Montpellier, Lyon puis Strasbourg, qui démultiplient notre action. Nous remercions tous ceux qui nous ont aidés et envoyé des messages d’encouragement. Nous saluons les trois candidats aux élections présidentielles qui nous ont ouvertement soutenus : Dominique Voynet, José Bové et Ségolène Royal. Par là, ils ne se sont pas contentés de prendre une position de principe pour un moratoire après les élections donc sous la pression des contaminations massives déjà réalisées, mais pour un moratoire immédiat, avant les semis. Nous saluons l’engagement de Nicolas Hulot tout en regrettant qu’il n’ait pas daigné nous rencontrer ni préciser que le moratoire doit être pris tout de suite, par le gouvernement actuel.
En ce début de semaine, les premiers semis de maïs commencent dans le sud ouest. Face à l’entêtement de Nicolas Sarkozy qui a encore confirmé samedi matin à Nicolas Hulot son opposition à tout moratoire sur les OGM ou sur l’EPR et au silence assourdissant du gouvernement et du Président de la République, nous avons décidé aujourd’hui de suspendre notre grève de la faim afin de reprendre des forces pour pouvoir continuer sur le terrain notre combat pour le moratoire.
Pendant presque 20 jours, nous avons semé de nombreuses graines d’espoir tout au long de notre chemin dans le cœur de tous ceux qui sont venus nous encourager ou que nous avons simplement rencontrés, et aussi dans nos propres cœurs. Alors que nous nous connaissions à peine lorsque nous avons démarré, cette aventure collective nous a enrichis nous-mêmes tout autant qu’elle a pu contribuer à conforter l’ensemble des actions menées pour repousser le péril que représentent les cultures OGM brevetées.
Après avoir alerté le monde politique national à Paris, nous sommes venus à Pau dire aux agriculteurs qui envisagent de suivre les injonctions de leurs « coopératives » semencières et agro-alimentaires : « ne semez pas les graines de la discorde ! » Nous y avons rencontré une population farouchement opposée à ces cultures et un collectif bien décidé à tout faire pour les combattre.
Nous devons maintenant empêcher partout les semis, poursuivre en responsabilité les agriculteurs qui s’obstineraient à semer et leur rendre la vie impossible par tous les moyens, obtenir du prochain parlement et du prochain gouvernement un moratoire immédiat et l’arrachage des champs OGM semés. Plus que jamais, le combat pour le moratoire est à l’ordre du jour auprès des politiques, de la population et dans les champs.
Rendez-vous à Marmande dès jeudi 5 avril pour obtenir l’interdiction des semis de Claude Menara _____________________________
Patrick Destruhaut, 52 ans, tailleur de pierre de formation, militant non-violent, vient de Bordeaux.
de Bordeaux, après 19 jours de grève de la faim. « La grève de la faim est une arme de combat, ça peut servir à faire avancer le problème, on l’avait évoqué en Gironde depuis longtemps ; je suis parti pour m’associer à cette action par 2 jours de jeûne et je suis resté.
J’avais déjà fait une grève de la faim en 1979, j’avais 25 ans. J’étais insoumis, condamné à 8 mois de prison ferme. Après avoir purgé ma peine, à la sortie de prison, on m’a demandé de présenter l’uniforme une deuxième fois. J’ai dit alors « je ne mange plus à partir d’aujourd’hui, quand vous en aurez marre de me voir vous me libérerez ». Ça a duré 31 jours, à l’Hôpital militaire de Lille. Au sortir de la prison de Bordeaux, j’ai été amené à Guéret. J’ai eu un jour de remise de peine pour que les militaires m’embarquent avant ma libération officielle pour être transféré sans que le copains sachent où j’étais : caserne de Compiègne puis Lille.
Je faisais partie du même groupe d’action non-violente, le Groupe de Recherche et d’Action non-violente, que José (Bové) qui faisait du maraîchage à ce moment-là : on demandait un statut collectif d’objecteur de conscience. Cette grève c’est la suite logique des autres bagarres. Avec Mimosa nous sommes affiliés à Tchernoblaye et au Réseau Sortir du Nucléaire, très impliqués sur les questions environnementales et économiques par rapport au nucléaire. Nous étions au Larzac en 2002, on a suivi de loin, mais l’année dernière on s’est dit qu’il fallait s’y mettre à Braud et Saint Louis, au moment où Noël Mamère devait être saisi. A Bordeaux, au meeting de soutien avec José et Jean-Baptiste, on s’est inscrits sur la liste des faucheurs volontaires. Il fallait recréer un réseau en Gironde, on s’est mis au travail.
Il faut continuer à demander pour le moratoire, s’il n’intervient pas tout de suite, ce sera pour les mois à venir ; qui que ce soit au pouvoir, il servira plus tard. Pour le moment beaucoup de militants ne suivent pas, « ça bouche dans les tuyaux » ; on aura de trop petits bras, ça va nous demander une énergie considérable et il y a des allumés qui veulent semer. Le vide juridique actuel leur convient bien mais on trouve les moyens de leur mettre un frein et de mettre la pression sur ceux qui sont indécis. Ils font de l’esbroufe, lancent des chiffres en l’air, tant qu’on a pas les relevés des parcelles… Lundi on étaient au Tribunal Administratif de Bordeaux qui examinait en appel des arrêtés municipaux de Charente, du Gers et de l’Ile de la Réunion en même temps que le référendum du Gers( !). Nous en avons profité pour aller faire une visite au SRPV ( Service Régional de Protection des Végétaux). On est entrés en annonçant : « inspection citoyenne, ouvrez les portes ! », c’est Dominique qui ouvrait la marche, on y est restés une heure et demi, Patrick disait « je vais semer, je veux savoir s’il y a des ogm autour de chez moi, qui va me couvrir, en bio c’est zéro contamination ». Le chef de service dit avoir les listes sur la région : il y en aurait depuis 1998 qui font du maïs commercial. Il apparaissait quasiment comme un délégué de Monsanto-Euralis. Ils suivent ça de très loin. Ils ne sont pas au courant des études de Brunet de l’INRA sur les pollens par exemple ; ils disent « être là pour organiser la coexistence », alors qu’on sait qu’elle est impossible. On nous a fait le coup avec l’amiante, tout le monde savait et maintenant on va compter 100 000 morts et la collectivité va payer ; en 1940 aussi il y en a qui faisaient ce qu’on leur commandait. Nous on vient leur dire qu’ils engagent leur responsabilité. AlerteOGM va dresser la liste des responsables, quel que soit le niveau de décision, les fonctionnaires, les élus…
Nous avons déposé une demande d’entrevue avec Juppé qui a fait de la Charte de l’environnement son cheval de bataille : un dossier complet avec une lettre. On attend. Le Conseil régional Aquitaine, à majorité Verts-PS, vient de voter une motion de demande de moratoire sur les ogm en plein champ, essais et cultures, ils soutiennent l’Appel d’Orléans. La région est signataire de la Charte de Florence des Régions sans ogm.
Et puis, comme avec le nucléaire, il y a ce côté policier, occulte, « on blinde » ; il y aura des flics à chaque coin de parcelle comme il y en avait autour des centrales. « Mettez pas votre nez là-dedans, ça ne vous regarde pas », alors qu’on est tous concernés. »
Crédits photos Guillaume De Crop et CBMO.
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