Marches pour le climat : il est encore temps !

Ce samedi, dans toute la France plus de 115 000 personnes ont pris par à la journée mondiale d’action pour le climat « Dans nos rues pour le climat ». Elles ont rejoint les centaines de milliers de citoyens qui, de Auckland (Nouvelle-Zélande) à San Francisco (Californie), en passant par Abuja (Nigeria), Ho-Chi-Min Ville (Vietnam), Bangkok (Thaïlande) ou encore Berlin (Allemagne), se sont mobilisés pour affirmer qu’il n’est pas trop tard pour agir et exiger des comptes aux décideurs et décideuses qui nous entourent.

En France, cette journée prend une signification toute particulière : il s’agit de la première mobilisation de la société civile depuis la démission de Nicolas Hulot.

Comme l’explique Clémence Dubois, porte parole de 350.org, "la démission de Nicolas Hulot nous rappelle que la France n’est pas une exception : partout dans le monde, les dirigeants politiques continuent de tergiverser, voire ont renoncé à agir pour le climat. Pourtant, il est encore temps d’agir, et nous le faisons, partout dans le monde, comme nous l’avons démontré aujourd’hui."

La marche pour le climat parisienne, qui a réuni plus de 50 000 personnes était ouverte par deux banderoles "changer le système, pas le climat" et "nous sommes prêt.e.s". Le cortège a ainsi rappelé que l’action pour le climat est indissociable d’une rupture avec les politiques néolibérales.

Pour Maxime Combes d’Attac, “ce succès montre que le sursaut citoyen est là ! Il ne manque que le sursaut politique ! Des mesures courageuses et visionnaires doivent être imposées à des lobbys qui n’en veulent pas : en matière d’écologie, le “En même temps” d’Emmanuel Macron ne fonctionne pas ! Il est justement temps d’écarter durablement les vieilles recettes libérales et productivistes qui aggravent la situation et de soutenir, avec enthousiasme, les voies alternatives qui s’expérimentent déjà”.

Plus de 130 actions se sont tenues partout en France, autour de revendications communes : stopper l’extraction des combustibles fossiles, afin d’engager la transition juste vers un avenir 100% renouvelable pour toutes et tous. Ces actions ont mis l’accent sur la responsabilité des collectivités locales.

Des organisations syndicales ont également pris part aux défilés : "la transition vers un futur renouvelable doit se faire avec pour horizon la justice sociale : c’est le meilleur moyen de créer des emplois durables, non-délocalisables et de qualité", explique Didier Aubé pour l’Union syndicale Solidaires.

La journée avait débuté par des actions organisées dans des agences de la Société générale, pour dénoncer ses investissements dans des projets climaticides. "Les citoyens ont démontré qu’ils avaient pris la mesure de l’urgence climatique, qu’ils sont prêts à demander des comptes aux décideurs politiques et aux pollueurs, et agissent en solidarité avec les premiers impactés. De plus en plus d’entre eux n’hésitent pas à entrer en désobéissance civile pour le climat : ce matin, près de 700 activistes ont ’nettoyé’ 40 agences de Société générale, banque française numéro 1 à soutenir les énergies sales." rappelle Florent Compain, Président des Amis de la Terre.

L’enjeu est désormais d’inscrire ce sursaut citoyen dans la durée. Ce que Maxime Lelong, à l’initiative de l’événement facebook qui a débouché sur la marche parisienne pour le climat, explique ainsi : "Beaucoup de personnes sont venues à cette marche de manière spontanée, sans appartenir à aucune organisation. Il faut poursuivre la mobilisation. Les medias indépendants et de nombreuses ONG diffusent de précieux conseils sur la manière de changer concrètement son quotidien - des petits gestes qui sont de grands gestes pour la planète. Mais il est également important de rejoindre des associations, des collectifs, des mouvements ou des mobilisations près de chez soi, pour agir collectivement".

Les échéances ne manquent de fait pas. “Alternatives et résistances fleurissent partout sur le territoire, et il est grand temps aujourd’hui de changer d’échelle et de dénoncer les politiques menant à +3°C de réchauffement global. Nous serons des dizaines de milliers réunis à Bayonne les 6 et 7 octobre pour faire entendre la voix de la société civile au moment de la sortie du rapport du GIEC et lancer ensemble un appel à entamer dès maintenant la transition à partir des territoires" explique Pauline Boyer, d’Alternatiba/ANV-COP 21.

Prochaines échéances :

  • Dès la semaine prochaine, la mobilisation se poursuivra dans le cadre de la semaine "Reprenons le contrôle", qui marque les 10 ans de la crise financière, avec des actions décentralisées samedi 15. #PasAvecNotreArgent
  • Les 6 et 7 octobre prochains, plus de 30 000 personnes sont attendues à Bayonne pour l’arrivée du tour Alternatiba.
  • Dans la semaine du 8 octobre, des actions décentralisées sont prévues à l’occasion de la publication du rapport du GIEC sur l’objectif des 1,5°C - zerofossile.org/giec Le site www.ilestencoretemps.fr liste des ressources et des pistes de mobilisations pour l’avenir.

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