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Méga-barrage au Laos : l’AFD, suiveur opaque de la Banque mondiale

29 avril 2005,
Par Sébastien Godinot

Communiqué de presse

Paris, le 29 avril 2005. Le Conseil de surveillance de l’Agence Française de Développement (AFD) vient d’accorder son soutien au projet de méga-barrage controversé de Nam Theun 2 au Laos. Outre les risques inhérents au projet lui même, les Amis de la Terre sont consternés par les procédures de l’AFD dans le cadre de ce projet. Elle a fait preuve d’une opacité totale, refusé de publier tout document relatif au projet et négligé de répondre sur le fond à la société civile. Les Amis de la Terre demandent que l’AFD instaure d’urgence des mécanismes de transparence et d’accès à l’information conformes aux standards internationaux.


Plus gros projet de barrage en Asie du Sud-Est, Nam Theun 2 déplacera 6200 personnes et bouleversera le mode de vie de plus de 100 000 autres, qui dépendent essentiellement des deux fleuves bouleversés par le projet.

Sébastien Godinot des Amis de la Terre explique : « Jusqu’au moment de la prise de décision, aucune information n’était publique sur leur site. Nous leur avons demandé maintes fois la publication des études qu’ils ont affirmé avoir menées. Nous n’en avons jamais vu une page. Ils estiment que ce sont des documents internes qui n’ont pas à être publiés. Leur opacité dans ce projet a été pire que celle de la COFACE, l’agence française d’assurance-crédit aux exportations ! »

D’autre part, les maigres informations publiées sur leur propre site sont incohérentes. Leur communiqué de presse du 14 avril confirme l’approbation au projet pour un « montant maximum de 65 millions d’euros » (1). Mais dans la liste de leurs derniers projets, Nam Theun 2 est simplement « en cours d’évaluation » pour un montant de ... 30 millions d’euros (2).

Sébastien Godinot poursuit : « L’AFD nous a dit qu’ils n’étaient pas simplement suiveurs de la Banque mondiale. C’est pourtant exactement ce qu’ils on fait. On ne voit pas la moindre valeur ajoutée de l’AFD dans ce projet. La seule information réelle qu’ils rendent publique est un lien vers le site de la Banque mondiale ! Ils ne publient même pas le lien du consortium, qui aurait permis d’accéder à l’étude d’impact du projet. On lit seulement qu’il s’agit d’un projet « nécessitant une étude d’impact ». Pour une institution publique de développement, leur fiche projet est pathétique ».

Leur communiqué de presse précise qu’« une concertation avec les populations du plateau a été menée, avec la participation de l’AFD ». Dans un pays antidémocratique où la liberté d’expression n’existe pas, même la Banque mondiale n’a pas osé parlé de concertation mais seulement de consultation. Mais aucun document n’est disponible à l’AFD sur les modalités de leur « participation ».

Sébastien Godinot conclut : « Dans ce projet l’AFD a eu le même positionnement que la Banque mondiale il y a vingt ans : opaque, arrogante, et incapable de prendre en compte des critiques et propositions extérieures. Espèrent-ils convaincre la société civile ainsi ? En tant qu’institution publique, ils sont tenus de respecter les standards internationaux en matière de transparence, au minimum ceux de la Banque mondiale (qui est pourtant loin d’être un modèle) - et de rendre des comptes. Mais peut-être pas ne l’ont-ils pas encore réalisé. »

Notes :
(1) http://www.afd.fr/jahia/webdav/site...
(2) http://www.afd.fr/jahia/Jahia/pid/7

Pour en savoir plus

Contact presse :
Sebastien Godinot, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 92 / 06 68 98 83 41



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