Les résultats principaux de cette mission sont les suivants :
L’impact le plus grave du projet concerne le déplacement forcé des populations locales. Concernant cet aspect, le projet viole gravement les normes internationales ;
Les populations affectées n’ont pas été consultées adéquatement et n’ont pas pu faire valoir leur point de vue ;
Les populations des zones rurales (environ 8000 personnes au total) n’ont pas été informées du tout ;
Le Plan de Réinstallation des populations affirme que la majorité des habitants préféreraient une compensation financière. Cette affirmation est erronée Dans les interviews menées par la Déclaration de Berne, une forte majorité des habitants préféreraient rester dans la région et être relogés ;
Les autorités ignorent les inquiétudes et questions des populations, qui perdent confiance.
En conséquence, les Amis de la Terre et la Déclaration de Berne concluent et demandent :
Le projet ne répond actuellement en rien aux normes internationales, notamment celles de la Banque mondiale et de l’OCDE qui s’appliquent aux agences de crédit à l’exportation ;
Les Amis de la Terre et la Déclaration de Berne sont dans l’obligation de constater que le Ministère turc à l’énergie hydraulique (DSI) n’a pas la volonté de réinstaller correctement les populations déplacées ni de respecter ainsi les normes internationales ;
Plus globalement, le projet n’a toujours pas une approche de développement en faveur des populations affectées ;
Les manipulations effectuées par DSI et le climat d’intimidations et de pressions psychologiques sont stressantes et épuisantes pour les populations de la vallée de la Coruh ;
La Coface, l’agence française de crédits aux exportations sollictée dans le projet, ne doit pas accorder une garantie au barrage de Yusufeli tant que l’ensemble des documents exigés n’ont pas été achevés et rendus publics, afin d’assurer la meilleure mise en oeuvre possible : Plan de mise en oeuvre de la réinstallation des populations, mesures de restauration des revenus, preuve que les sites de réinstallation sont adéquats en quantité et en qualité pour l’agriculture. En outre, un budget spécifique aux réinstallations des populations doit être fourni par la Turquie, et une clause d’échec doit être intégrée dans le contrat avec la Turquie, afin de conserver un levier pour faire respecter les conditions convenues. Accorder une garantie sans le respect de ces minima consisterait à signer un chèque en blanc à la Turquie.
Téléchargez ci-joint le rapport de mission (en anglais, avec photos), ou la synthèse du rapport (en français).
Rapport de mission
Synthèse mission terrain



