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Monsanto poursuivi à Los Angeles pour publicité mensongère

Le 21 avril 2015, un recours collectif a été intenté contre l’entreprise Monsanto dans le comté de Los Angles. Dans la plainte, il est affirmé que Monsanto est coupable de publicité mensongère en prétendant que le glyphosate, l’agent actif du Roundup, cible un enzyme que l’on ne trouve que chez les plantes et pas chez les humains ni les animaux. Monsanto s’appuie sur cette affirmation pour prétendre que le glyphosate est sans danger pour les humains.

Dans la plainte, il est avancé que l’enzyme ciblé, l’EPSP synthétase, est présent dans le microbiote de nos intestins et donc que cet enzyme est présent aussi chez les humains et les animaux. De plus, il est affirmé dans la plainte que de nombreux problèmes de santé chez les humains et les animaux sont associés à des désordres de notre flore intestinale :

"C’est parce qu’il tue des bactéries de la flore intestinale que le lien est fait entre glyphosate et problèmes stomacaux ou intestinaux, indigestion, ulcères, colites, intolérance au gluten [1] , insomnie, léthargie, dépression, maladie de Crohn, maladies coelaiques [2], allergies, obésité, diabètes, infertilité, maladie du foie, problème rénaux, autisme, maladie d’Alzheimer, perturbation endocrinienne [3] et que l’Organisation mindiale de la Santé (OMS) a annoncé récemment que le glyphosate est ‘probablement cancérigène’ [4] »

Le Centre international de Recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’OMC, a classé le mois dernier, le glyphosate dans le groupe 2A des produits cancérigènes. La Société états-unienne du cancer lui emboitait le pas et classait aussi le glyphosate dans le groupe 2A des produits cancérigènes.

Dans un exposé du ministère de la protection de l’Environnement (EPA), datant du 30 octobre 1991, on pouvait lire que le ministère classait le glyphosate comme un produit cancérigène possible en 1985. Dans cet exposé par contre et sans qu’aucune raison ne soit avancée, ce classement avait été modifié en « non cancérigène ». Trois scientifiques refusèrent de signer le document, deux autres écrivirent à côté de leur nom « Ne souscris pas ». Ce document contient des données qui montrent une augmentation statistique significative des tumeurs chez des animaux de laboratoires traités au glyphosate. Mais comme il n’y avait pas d’avantage de tumeurs dans le groupe d’animaux qui recevaient une dose plus importante de glyphosate que dans le groupe qui recevait une dose plus faible, Monsanto prétendit que les tumeurs ne pouvaient pas avoir de lien avec le glyphosate.

Cette plainte pourrait être le déclenchement d’une avalanche. Déjà au début du moi, un habitant de Beijing, Xiao Lu déposa une plainte contre le ministère de l’Agriculture en exigeant la divulgation d’information sur le rapport toxicologique remis au gouvernement chionis pour l’autorisation du glyphosate en Chine. L’affaire a été acceptée et le jury collégial a informé le plaignant que, vu que Monsanto est une des parties en cause dans cette affaire, Monsanto a été ajouté à la liste des parties de cette affaire. Les citoyens chinois avaient préalablement adressé une pétition au ministère de l’Agriculture à propos de ce rapport toxicologique, mais leur demande avait été rejetée. Le ministère invoquait comme raison de son refus, « le secret commercial ». Il est difficile de comprendre comment un rapport toxicologique peut contenir des secrets commerciaux, puisque le secret commercial porte généralement sur la constitution des ingrédients ou dans la formule d’un composé ou dans le processus de fabrication.

Dans la plainte déposée aujourd’hui, Monsanto est accusé de falsification délibérée dans le but de dissimuler le fait que le glyphosate est nocif pour les humains et les animaux. « Les prévenus ont trompé intentionnellement les consommateurs au niveau international, en travestissant et dissimulant la vérité et la réalité concernant le glyphosate… » L’avocat T. Matthews a déclaré : « Nous n’essayons pas de prouver que le Roundup est nocif et cancérigène, nous essayons simplement de montrer que Monsanto ment à propos des enzymes que le Glyphosate cible. Le Roundup tue les herbes de notre cour et les herbes dans notre estomac ».

Le jugement a pour but d’interdire à Monsanto de continuer à prétendre que le glyphosate vise un enzyme qui n’est pas présent chez les humains, et comme compensation de lui faire payer les frais de justice.

Les habitants de Californie peuvent devenir membre d’un recours collectif en contactant T. Matthew. Ce dernier indiquait qu’il espérait que d’autres avocats, dans d’autres états enclencheraient le même procès (jeu de mot volontaire)

traduction d’un article du site Examiner

Notes

[1Voir article : "Glyphosate : intolérance au gluten et maladie cœliaque" http://www.amisdelaterre.org/Glyphosate-intolerance-au-gluten.html

[2Voir article "Glyphosate : intolérance au gluten et maladie cœliaque" : http://www.amisdelaterre.org/Glyphosate-intolerance-au-gluten.html

[3Voir les fiches téléchargeables de l’article "L’herbicide le plus vendu dans le monde présent dans le corps humain" : http://www.amisdelaterre.org/L-herbicide.html, sans oublier cette information importante : "Est-ce que le glyphosate favorise la résistance aux antibiotiques ?" : http://www.amisdelaterre.org/Nouvel-article,1878.html

[4Voir article : "Glyphosate : ’probablement carcinogène’ affirme l’OMS" http://www.amisdelaterre.org/Glyphosate-probablement.html

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