Après de longues recherches et l’aide active d’écologistes locaux, les Amis de la Terre ont remonté la filière du bois exotique, de Mont-de-Marsan jusqu’en Afrique !
Les Amis de la Terre avaient appris par la presse que la commune de Mont-de-Marsan allait installer sur une partie de la Place Saint-Roch un plancher en azobé, bois tropical. [1]
Les Amis de la Terre ont poursuivi leurs investigations et fait le travail que la mairie aurait du faire...Après de longues recherches et l’aide active d’écologistes locaux, nous avons donc pu remonter "la piste de l’azobé" de Mont-de-Marsan jusqu’en Afrique !
Ignorant les injures du maire [2] (Pour répondre à un âne, point n’est besoin de braire), nous avons alors voulu marquer le coup par une petite fête, avec instruments de percussions faits maison à la mode africaine et boubous de couleurs. Nous avons distribué un petit document pour informer nos concitoyens - contribuables comblés esthétiquement et éthiquement - et pour finir nous avons inauguré la place que nous avons rebaptisée :

Voici avec quelques modifications, l’essentiel du texte que nous avons distribué à plus de 600 exemplaires devant le marché Saint-Roch, sur cette place rouge... de honte ! [3]
Ce plancher gris dans un coin de la Place Saint-Roch, ce sont ses derniers restes !
AZOBÉ, en rebaptisant cette place de ton nom , les AMIS DE LA TERRE rendent hommage à l’Afrique, à ses peuples opprimés, à ses richesses pillées, à sa nature menacée ainsi qu’à toutes les forêts et tous les peuples forestiers de la planète qui sont menacés.

AZOBÉ devait approcher les 50 m avec un fût de 30m et un tronc de 1,80 m de diamètre. Il vivait dans une des dernières forêts tropicales de la planète, avant d’être abattu.
En mai 2003, deux bateaux sont arrivés à Bayonne : un provenait du port de Buchanan au Liberia, l’autre de Batta en Guinée Equatoriale. Azobé était sur l’un d’eux.
Il fut ensuite débité en planches dans une scierie du Pays Basque. Une entreprise du Bassin d’Arcachon installa ici, Place Saint-Roch, ce plancher qui sera sa dernière demeure. Pauvre AZOBÉ, tu méritais mieux que de terminer dans un cadre aussi laid !
Le trafic du bois finance les dictatures et les guerres !
En 2003, au Liberia, régnait encore un des dictateurs les plus sanglants de la planète : Charles Taylor. En 2000, la destruction des forêts a rapporté 100 millions de $. Cet argent n’a servi qu’à la machine de guerre de Charles Taylor au Liberia et en Sierra Leone !
Quant à la Guinée Équatoriale, ce n’est guère mieux. Un tiers de la population vit à l’étranger pour échapper à la dictature brutale qui y règne : tortures, corruption, etc...
Les multinationales forestières sont souvent complices !
Les compagnies forestières fournissent souvent les armes. On soupçonne même l’une d’elles - qui exploite 43% des forêts libériennes - d’avoir sa prison privée, contrôlée par ses milices, dans le port de Buchanan au Liberia...
Seule une petite élite profite de l’exploitation des forêts
La majorité des Libériens vivent dans une pauvreté abjecte. comme bien des Guinéens, malgré les revenus forestiers et pétroliers de ce pays.
Les forêts disparaissent
Et avec elles, les écosystèmes dont dépendent des millions d’Africains pour leur survie quotidienne. Au Liberia, certaines compagnies pensent quitter bientôt le pays, car leur concession est vidée de ses arbres. En Guinée Equatoriale, le rythme de l’exploitation est bien supérieur aux capacités de régénération de la forêt !

En effet, nous avons demandé plusieurs fois à la mairie de Mont-de-Marsan d’adopter des mesures pour vérifier l’origine du bois dans les marchés publics qu’elle passe. (Nous avons reçu une lettre esquivant les questions gênantes et nous expliquant, en gros, qu’on ne peut rien faire !!!) [4]
D’autre part, s’il y avait eu la moindre concertation pour l’aménagement de la place, les AMIS DE LA TERRE auraient attiré l’attention de la mairie sur le risque que les bois tropicaux proviennent de trafics inacceptables. Mais comme d’habitude, tous les dossiers sont verrouillés (Caserne Bosquet par exemple [5])
Sans oublier que la filière régionale du bois est en crise et qu’on peut utiliser des essences françaises !
Les Amis de la Terre continuent leurs actions en direction des surfaces commerciales et des collectivités locales. N’hésitez pas à interpeller tout ce monde qui, activement et en toute connaissance de cause pour certaines chaînes de magasins ou passivement et par manque d’informations pour beaucoup de collectivités locales, soutiennent et entretiennent le trafic international du bois.
Après les nombreuses actions des Amis de la Terre, les articles dans la presse et les interviews à la radio, les communes landaises devraient être au courant maintenant.
Chaque fois que vous repérez du bois tropical, signalez le nous et envoyez nous un courriel à landes@amisdelaterre.org
[1] Voir l’article "Déforestation : à Mont-de-Marsan, on s’asseoit dessus !"
[2] Voir article "Attila-Beyrie et Ahmed Laterre ou le maire et le taliban : farce moderne"
[3] Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de voir cette réalisation urbanistique "haute en couleur", il faut savoir que le revêtement au sol de cette place est rouge...
[4] Les Amis de la Terre réfutent les arguments-alibi de la mairie. Vous pouvez les lire dans l’article "Bois tropicaux : arguments réglementaires pour les collectivités territoriales"
[5] Depuis le départ des parachutistes, l’ancienne caserne - avec tous ses bâtiments et ses 12 ha presqu’au centre ville - a été rachetée par la ville. Pour faire quoi ? Nul ne le sait.