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Moyen-Orient : partager l’eau pour la paix

Les Amis de la Terre Moyen Orient réunissent des écologistes égyptiens, israéliens, jordaniens et palestiniens travaillant main dans la main pour allier paix et préservation de l’eau dans des régions où la rareté des ressources est une grave source de conflits.

A l’origine, il y a Ecopeace, ONG créée en 1994 à la suite d’une conférence tenue en Egypte. En 1998, l’organisation rejoint le réseau des Amis de la Terre International et devient son groupe au Moyen-Orient. L’idée de créer une telle structure est née d’un constat évident : les ressources naturelles de la région, surtout en eau, sont rares et surexploitées. Elles se limitent à un petit fleuve, le Jourdain, et à deux nappes souterraines, l’une en Cisjordanie et l’autre qui s’étend le long de la côte de Gaza, à Haïfa. Une coopération transfrontalière pacifique entre les différentes entités de la région entourant ces ressources était donc tout simplement indispensable.

Gestion en syndics

En raison d’une coopération quasiimpossible entre les gouvernements et d’une mauvaise gestion des ressources hydrauliques, le système du traitement des eaux usées étant déficient, et les nappes aquifères surexploitées, l’utilisation soutenable des rares ressources n’a pas été consolidé de manière satisfaisante. En résultent de nombreux risques pour la santé et l’environnement des populations locales, en plus des diverses pollutions et tensions politiques existantes.

Face à cette situation très difficile, les Amis de la Terre Moyen-Orient ont lancé à ce jour seize projets autour de l’eau, du changement climatique, de la sécurité des personnes, de l’énergie solaire ou des ressources alimentaires. Parmi ces initiatives, le projet « Good Water Neighbors » a vu le jour en 2001, avec pour objectif de sensibiliser Palestiniens, Jordaniens et Israéliens aux problèmes liés au partage de ce précieux bien qu’est l’eau.

La méthode consiste à identifier les communautés qui dépendent des mêmes ressources, et à utiliser leur dépendance mutuelle pour les amener à dialoguer et coopérer. Concrètement, chaque communauté entre en partenariat avec une communauté voisine, souvent d’un autre camp, pour travailler ensemble sous forme de « syndic » sur les problématiques de l’eau.

Au coeur des conflits

Petit à petit, un réseau s’est formé afin d’étudier, en particulier, les impacts de la situation critique du bassin du Jourdain et de la Mer morte. Les jeunes participent aux opérations. L’éducation est renforcée et des activités fondées sur une meilleure connaissance des milieux sont proposées.

En outre, au sein de chaque communauté, des installations sobres en eau ont été installées dans les bâtiments publics et les écoles, et les systèmes de récupération ont été multipliés. Le projet ne se contente pas d’opérer au niveau local ; des actions sont simultanément conduites au niveau régional et national.

Depuis la mise en oeuvre de ces projets, même au plus fort des conflits, de réelles améliorations ont été constatées sur le terrain. Ces actions ont été présentées à plusieurs reprises devant le Parlement européen, au Congrès américain, ou aux Nations unies. Le travail fécond des Amis de la Terre au Moyen-Orient est ainsi reconnu par les institutions internationales.

> CÉLIA FONTAINE

Rédigé le