Un rapport de mai 2006 publié par les Amis de la Terre États-Unis et Australie mettait en évidence l’utilisation croissante de nanoparticules dans les crèmes solaires, dont celles de grandes marques comme Chanel, Lancôme et Dior, sans aucune étude sérieuse sur les risques encourus (1). Or, comme l’AFSSET l’a révélé hier, des études montrent que ces nanoparticules peuvent atteindre la couche profonde de l’épiderme (2). Les peaux lésées (écorchées, allergiques ou brûlées) et celles des enfants sont particulièrement vulnérables.
En mars 2008, les Amis de la Terre Europe publiaient un nouveau rapport « Du labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture » (3). On y apprenait que des produits nanométriques non testés et potentiellement dangereux étaient intégrés dans des aliments et des emballages alimentaires. L’AFSSET a annoncé hier s’être penchée sur le cas du sucre en poudre, qui peut contenir de la nanosilice : elle conclut que les éventuels effets sur la santé sont inconnus.
« Depuis plusieurs années, explique Rose Frayssinet, référente des Amis de la Terre France sur les nanotechnologies, les entreprises mettent sur le marché des produits contenant des nanoparticules sans investir sérieusement dans des études d’impact. L’AFSSET confirme hélas les alertes émises par les Amis de la Terre depuis 2006. Il devient urgent de stopper les apprentis sorciers en instaurant un moratoire sur les nanoparticules. »
De manière plus générale, les Amis de la Terre demandent que soit examinée à fond la question de l’utilité des nanotechnologies. « Avons-nous vraiment besoin de crèmes solaires plus transparentes ? De sucre en poudre dont les grains ne s’agglomèrent pas ? De chaussettes antibactériennes ? poursuit Rose Frayssinet. N’y a-t-il pas d’autres priorités sociales et économiques ? Il est inacceptable que quelques entreprises décident en toute irresponsabilité de diffuser via les produits de grande consommation des technologies dont les impacts sur l’être humain et l’environnement sont potentiellement graves et irréversibles. »
Notes :
(1) Rapport : « Nanomaterials, Sunscreens and Cosmetics : Small Ingredients, Big Risks »
(2) Site de l’AFSSET :
http://www.afsset.fr/index.php?pageid=452&newsid=546&MDLCODE=news
(3) Rapport : « Du labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture »





