Cet appel est lancé alors qu’il apparaît que le pétrolier Prestige [1] - qui, suite à son naufrage, menace d’une catastrophe écologique les côtes espagnoles - enregistré aux Bahamas, était exploité en Grèce et transportait du pétrole pour une société suisse (dirigée principalement par des Anglais) dont les propriétaires actuels sont Russes. L’industrie pétrolière s’oppose fortement à reconnaître sa responsabilité quant aux impacts sur la biodiversité depuis de nombreuses années [2].
D’ici la fin du mois [3], le Parlement Européen devrait examiner une proposition de Directive européenne sur la Responsabilité. Cependant, le projet est d’ores et déjà soumis à de nombreuses critiques, lesquelles affirment que le projet n’est pas suffisamment ferme pour être efficace [4].
Bien que les côtes européennes aient déjà souffert de plusieurs importantes pollutions par hydrocarbures au cours des cinq dernières années [5], la question de savoir qui doit payer pour les dommages causés à l’environnement ainsi que pour dédommager les victimes n’a pas été résolue. Les communautés sont bien souvent seules à payer la facture plusieurs années après que l’incident ait eu lieu. Les Amis de la Terre sont convaincus que les entreprises pétrolières doivent être tenues responsables de leur pollution.
« Une fois de plus, une côte européenne se trouve menacée par une marée noire de grande envergure. Bien que ces incidents se produisent moins fréquemment, rien n’a été fait pour que les entreprises pétrolières prennent en charge le coût inhérent aux dommages provoqués sur l’environnement ainsi qu’à l’indemnisation des personnes ayant subi un préjudice. Les politiciens doivent résister à la pression scandaleuse émanant de l’industrie pétrolière et de ses sympathisants et mettre en place une législation rigoureuse qui assure aux victimes et à l’environnement une protection face aux grands groupes multinationaux » déclare aujourd’hui Matt Phillips, porte-parole des Amis de la Terre.
Pour plus d’informations, contacter au Royaume-Uni :
Matt Phillips +44 20 75 66 1660 / +44 20 7817 314 706 (m) Roger Higman +44 20 7566 1661 / +44 20 7780 661 807 (m)
Notes
[1] Le Prestige a coulé aujourd’hui au large des côtes nord-ouest de l’Espagne avec quelque 70 000 tonnes de pétrole à son bord.
[2] Au Royaume-Uni, par exemple, le gouvernement s’est entretenu en début d’année au sujet de la directive. La Confédération de l’industrie britannique a attaqué le projet de directive, s’opposant fermement à la responsabilité en matière de dommages causés à la biodiversité même sur d’importants sites naturels internationaux. Actuellement, ce sont les contribuables qui payent pour le nettoyage des côtes polluées à cause de la position byzantine du secteur maritime international et du refus d’assumer toute responsabilité de la part des entreprises. En Europe, la CBI fait partie de l’UNICE - l’Union des Confédérations de l’Industrie et des Employeurs d’Europe (« Le porte-parole des entreprises en Europe »). Elle a mené une attaque contre le projet de directive afin de s’assurer que sa portée soit limitée.
[3] Selon Reuters, le 14 novembre 2002.
[4] Voir le communiqué de presse des Amis de la Terre : Les pollueurs ne paient jamais (3 octobre 2002).
[5] Cela inclue le Brear (5 janvier 1993) au large des Iles Shettland, libérant 26 millions de gallons de pétrole (près de 119 litres), le Sea Empress (15 février 1996) au large du Pays de Galles déversant 18 millions de gallons de pétrole (près de 82 litres) et l’Erika (12 décembre 1999) au large de la Bretagne sur la côte Atlantique française déversant 3 millions de gallons de pétrole (soit près de 14 litres).



