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Naufrage du Prestige.

5 décembre 2002,
Pollution industrielle

Pour une reponsabilité pénale des multinationales !

Le naufrage du Prestige au large de l’Espagne est un nouveau désastre écologique. Si les 77 000 tonnes de pétrole s’échappent de ses soutes, ce sont des centaines de kilomètres de côtes et toute l’industrie locale basée sur la pêche et les crustacés, qui seront touchées. Mais ce n’est pas un accident isolé. En France, on se souvient de l’Erika mais on a un peu oublié les naufrage du Sea Empress et du Braer.

Ces accidents ne se produisent que parce que les multinationales profitent de lois très laxistes, voire inexistantes, qui leur permettent chaque fois d’éviter de devoir payer pour les dommages qu’elles causent :

- les compagnies pétrolières nient toute responsabilité,
- les compagnies d’affrètement peuvent limiter les leurs,
- les autorités portuaires ne contrôlent pas les bâteaux correctement.

Les grandes compagnies se font des règles sur mesure !

Les pavillons de complaisance - Libéria, Panama, Bahamas - dominent la règlementation maritime internationale. Ce sont eux qui ont façonné la navigation mondiale, en pratiquant des normes très basses pour permettre un climat favorable aux affaires

Saviez-vous que le Prestige était

- enregistré aux Bahamas
- appartenait à une firme basée au Libéria
- dirigée de Grèce,
- qu’il transportait du pétrole russe pour
- une compagnie suisse appartenant à des russes
- mais dirigée par des britanniques
- et qu’il était autorisé à mouiller en Lettonie et à Singapour ?

Acceptera-t-on, une fois encore, que tout ce beau monde s’en sorte sans problème ?

Toutes ces compagnies doivent rendre des comptes sur leurs pratiques douteuses et répondre de leurs actes.

Si l’Union Européenne avait enfin mis au point des textes de lois définissant la responsabilité pénale des entreprises, on aurait pu se sortir de ce bourbier juridique. Malheureusement, la Commission a été plus sensible aux demandes insistantes des milieux industriels, comme la CBI.

Les Amis de la Terre mènent une campagne internationale pour que les multinationales puissent être contraintes de rendre des comptes sur leur responsabilité sociale et environnementale, partout sur la planète. Nous exigeons que nos gouvernements mettent en place un cadre juridique qui contraigne les compagnies à rendre des comptes devant les tribunaux et à répondre pénalement de leurs actes. Tant que ce cadre n’existera pas, pourquoi les compagnies pétrolières et de transport maritime prendraient-elles des mesures nécessaires comme par exemple les doubles coques ?