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Nomination de GDF Suez aux Prix Pinocchio 2014

La multinationale française GDF Suez est nominée aux Prix Pinocchio 2014, dans la catégorie "Plus vert que vert", pour ses "obligations vertes".
Retrouvez ici le texte de nomination, nos échanges avec l’entreprise, ainsi que le lien direct pour voter pour ce cas sur le site des Prix Pinocchio. Vous pouvez également envoyer un message à Total depuis la page de cyberaction.

Naturellement, Les Amis de la Terre France informent les entreprises de leur nomination avant que celle-ci soit rendue publique.
Un des objectifs de ces prix est de faire réagir les entreprises autour des enjeux soulevés.
Par souci de transparence, nous publions les échanges avec les entreprises :


Texte de nomination de GDF Suez, dans la catégorie "Plus vert que vert" :

GDF Suez : des "obligations" ni très vertes, ni très contraignantes

Comment récolter 2,5 milliards d’euros auprès d’investisseurs éthiques, et les utiliser pour financer des projets destructeurs tout en continuant à miser massivement sur les énergies fossiles.

Au mois de mai dernier, GDF Suez a annoncé avoir émis la plus importante « obligation verte » (green bond en anglais) jamais réalisée par une entreprise privée [1]. L’entreprise a récolté 2,5 milliards d’euros, principalement auprès d’investisseurs « socialement responsables », censés financer des projets énergétiques propres.

Le problème est que les règles d’utilisation de cet argent sont tout sauf claires : les critères sont très vagues [2], et aucune transparence publique ni vérification indépendante n’est prévue. Pire encore, les fonds ainsi débloqués pourraient être utilisés pour financer des grands barrages, dont les conséquences sociales et environnementales sont souvent catastrophiques, et dont l’impact pour le climat est désastreux et ne peut en aucun cas être considéré comme une énergie renouvelable [3].

GDF Suez est impliquée dans plusieurs projets de grands barrages en zone tropicale, notamment en Amazonie brésilienne, dans la région encore préservée du Tapajós. Les présentations faites aux investisseurs mentionnaient même comme projet « finançable » le mégabarrage de Jirau, au Brésil, alors que celui-ci est quasi achevé et qu’il est considéré par toute la société civile comme le contraire même d’un projet soutenable.

Enfin, et peut-être surtout, ce « green bond » n’empêche en rien GDF Suez de continuer à investir massivement dans les énergies fossiles. Le groupe construit ou projette de construire en ce moment même de nouvelles centrales au charbon en Europe et dans le reste du monde, comme en Afrique du Sud.

Ces « obligations vertes » ne sont donc rien d’autre qu’un outil financier de plus inventé par les entreprises polluantes en complicité avec les banques : promettant d’œuvrer pour la transition énergétique et la fin progressive des énergies fossiles, elles peuvent continuer tranquillement à faire le contraire et engendrer des profits.

En savoir plus
[1] Communiqué de presse de GDF Suez du 12 mai 2014
[2] Voir l’analyse de l’agence de notation extra-financière Vigeo sur le site de GDF Suez et la lettre du réseau Banktrack adressée aux banques au sujet des « Principes sur les Obligations vertes »
[3] Ryan Brightwell, Zachary Hurwitz, « GDF Suez : un outil financier « vert » pour financer des barrages destructeurs en Amazonie ? » et campagne des Amis de la Terre « A qui profitent les grands barrages ? »

En savoir +

Pour en savoir plus et voter pour GDF Suez sur le site des Prix Pinocchio, cliquez ici.

Pour envoyer un message à GDF Suez, pour lui demander de changer ses pratiques, rendez-vous sur la page de cyberaction des Prix Pinocchio.

Lire l’article de nos partenaires média l’Observatoire des Multinationales "Obligations vertes : un nouvel outil financier pour sauver le climat, déjà dévoyé" et Basta ! "Comment la finance « verte » détruit l’Amazonie".

Écouter l’interview de Lucie Pinson, des Amis de la Terre France, réalisée par notre partenaire média la Radio Monde Réel (en anglais) : "The largest green bond to date ?"

Illustration : Planète Amazone / Sandrine Taclet

Rédigé le