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Non au redémarrage de deux réacteurs à Ohi, au Japon !

Suite à une demande de soutien international émanant des Amis de la Terre Japon et d’un groupe d’autres associations asiatiques (dont Citizens’ Nuclear Information Center, Green Action, No Nukes Asia Forum, Peace Boat et Shut Tomari) vigoureusement opposées à tout redémarrage de centrales atomiques au Japon, Les Amis de la Terre France ont envoyé le courrier suivant à l’ambassadeur japonais en France, en lui demandant de le relayer auprès de Monsieur Noda, le Premier ministre japonais.

[/Ambassadeur du Japon en France
Ambassade du Japon
Monsieur Ichiro KOMATSU
7 Avenue Hoche
75008 Paris

Montreuil, le 14 juin 2012/]

[//]

Monsieur l’Ambassadeur,

En tant que fédération d’associations écologistes de protection des humains et de l’environnement, créée en 1971 en France, et membre du réseau Friends of the Earth International, Les Amis de la Terre France vous seraient reconnaissants de transmettre au Premier ministre de votre pays, Monsieur Noda, la lettre ci-joint, qui lui demande de renoncer au redémarrage de deux réacteurs de la centrale nucléaire d’Ohi dans la préfecture de Fukui.

Depuis des décennies, Les Amis de la Terre ont alerté quant aux effets néfastes de la radioactivité sur le vivant, et aux effets non moins néfastes du développement de l’énergie atomique sur ce qui pourrait être une véritable coopération pacifique et humaniste entre les peuples.

A ce titre, nous sommes hélas bien conscients de la lourde et multiforme responsabilité de notre pays, la France, dans la prolifération planétaire de matières et technologies nucléaires, comme dans la gravité du drame qui touche aujourd’hui de plein fouet le peuple japonais, et sans doute bientôt beaucoup d’autres nations.

C’est pourquoi, de notre côté, nous réclamons également en France, en particulier depuis mars 2011 :
- la fermeture immédiate des réacteurs français ayant déjà atteint ou dépassé 30 ans (soit 21 sur 58 dès à présent, et un total d’au minimum 42 avant la fin 2016) ;
- le renoncement à tout nouveau projet atomique, et l’arrêt des chantiers en cours ;
- l’arrêt des exportations nucléaires de la France à l’étranger ;
- l’amorce d’un véritable processus de dénucléarisation y compris militaire, véridique et sincère, au cours du quinquennat du nouveau président de la République française, François Hollande.

Toute banalisation politicienne du péril planétaire que représente aujourd’hui encore la situation à Fukushima et des effets de la radioactivité déjà dispersée au Japon — pays martyr, avec Hiroshima et Nagasaki, des premières agressions nucléaires de l’histoire de l’humanité, et siège aujourd’hui de la plus effroyable catastrophe nucléaire à ce jour, pérenne et évolutive, de l’âge atomique — serait d’une incommensurable gravité pour l’ensemble de l’humanité et ses chances de survie à court terme sur cette planète.

Un diplomate de votre qualité ne peut l’ignorer, nous en sommes persuadés.

Vous remerciant pour l’attention que vous voudrez bien accorder à cette requête, nous vous prions de croire, Monsieur l’Ambassadeur, à l’expression de notre très haute considération.

[/Martine Laplante
Présidente des Amis de la Terre France/]

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Traduction du courrier (voir ci-dessous "Letter of Protest.pdf") que les organisations japonaises nous ont demandé de les aider à relayer :

Monsieur le Premier Ministre,

Nous protestons contre votre décision de redémarrer deux des réacteurs nucléaires de la ville d’Ohi, dans la préfecture de Fukui. Nous vous demandons de revenir sur ce choix et d’imposer plutôt un moratoire sur l’énergie nucléaire au Japon. Nous vous demandons de proposer une politique énergétique responsable pour le Japon, sans énergie nucléaire et basée sur la préservation de l’énergie et les énergies renouvelables.

Voici nos motifs :

1. Votre décision est antidémocratique. L’opinion japonaise n’est pas d’accord avec vous. De nombreux membres et députés de votre propre parti ne vous soutiennent pas.

2. Toute la vérité sur la fusion des trois réacteurs de Fukushima n’a pas encore été établie.

3. Les normes de sécurité temporaires en vigueur appliquées par les « stress test », auxquelles vous vous êtes référé pour déclarer les réacteurs d’Ohi sûrs, sont insuffisantes. A ce jour, des mesures de sécurité essentielles exigées par les « stress tests » n’ont pas été mises en œuvre à Ohi. Il n’a pas été démontré que l’on puisse arrêter les réacteurs en toute sécurité en cas de tremblement de terre important.

4. Tout nouveau référentiel de normes de sécurité doit être formulé et supervisé par une agence de sûreté nucléaire véritablement indépendante. Une telle agence n’existe pas encore, et les procédures parlementaires à cet effet viennent tout juste de commencer.

5/ La forte augmentation de l’activité sismique au Japon depuis le tremblement de terre et le tsunami catastrophique du 11 mars 2011 est alarmante. La présence de failles sismiques actives non loin des réacteurs de Ohi, et peut-être même sous le site nucléaire, est un grave motif d’inquiétude.

Vous pouvez certes choisir de considérer ce courrier comme une ingérence extérieure dans les affaires nationales du Japon, et ne pas en tenir compte. Néanmoins, nous savons depuis Tchernobyl et Fukushima que les retombées d’accidents nucléaires ignorent les frontières : leurs conséquences sur graves sur l’ensemble de l’environnement planétaire et elles sont porteuses de risques sanitaires inconnus pour l’humanité toute entière. Notre conviction est donc que vous exprimer nos craintes relève de notre devoir moral.

Nous savons également que ces craintes sont partagées par nombre de vos compatriotes et que la majorité de la population japonaise est en désaccord avec vous. Nous éprouvons un grand respect pour le peuple japonais, pour son sens de la collectivité et son esprit de service face à l’adversité. Nous avons foi en sa créativité et sa ferme volonté de surmonter ces temps difficiles, pour reconstruire un Japon sans nucléaire.

C’est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir revenir sur la décision de redémarrage des réacteurs d’Ohi et de proclamer un moratoire sur l’énergie nucléaire. Nous vous demandons aussi instamment de proposer une politique énergétique responsable pour un Japon sans énergie nucléaire, basée sur la préservation de l’énergie et sur les énergies renouvelables.

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POUR VOIR ce courrier de soutien et ceux d’autres groupes Amis de la Terre sur le site des Amis de la Terre Japon : http://www.foejapan.org/en/news/120611.html

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