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Alpha Coal : la mobilisation fait réagir la Société Générale

Du 11 au 17 novembre 2013, les groupes locaux des Amis de la Terre ont pris part à une mobilisation internationale pour sensibiliser les citoyens sur le projet minier Alpha Coal, dans le Bassin de Galilée en Australie. Leur cible, la Société Générale.

Crest, Metz, Paris, Poitiers, Dijon, Enghien, Deuil et Soicy (Val do’Oise) se sont mobilisés la semaine du 11 au 17 novembre pour faire pression sur la Société Générale et lui demander de se retirer du projet d’Alpha Coal. Actions de rue, tractage et même mini-scénettes théâtrales ont été organisés. A Metz, les militants se sont déguisés en agents financiers et liquidateurs pour mimer un hold up et crime environnemental sur Dame nature toute vêtue de blanc en symbole des ressources hydriques et de l’océan.

30 millions de tonnes de charbon exporté annuellement pendant 30 ans, 1,8 milliards de tonnes de CO2 émis, diminution dramatique des nappes phréatiques dont dépend la population locale, destructions irréversibles de la Grande Barrière de corail et de la biodiversité marine et terrestre … Le projet Alpha Coal, impensable ? La Société Générale mène pourtant aujourd’hui des études de faisabilité et d’impacts préalables à son lancement.

Pour montrer leur opposition à ce projet, les Amis de la Terre ont d’abord adressé, en octobre, une lettre signée par 57 organisations, restée sans réponse. Puis, ils se sont mobilisés en pleine Conférence « Climat » de l’ONU et alors qu’un rapport de Banktrack dénonçait le financement des mines de charbon par les banques. Les groupes locaux de la Drôme, du Val d’Oise, du Poitou, de Paris, de Côte d’Or et de Moselle ont fait pression sur la Société Générale et lui ont demandé de se retirer d’Alpha Coal. Actions de rue, tractage et même mini-scénettes théâtrales ont été organisés en vue d’obtenir une réaction de la banque. A Metz, les militants se sont déguisés en agents financiers et liquidateurs pour mimer un hold up et crime environnemental sur Dame nature toute vêtue de blanc en symbole des ressources hydriques et de l’océan.

Informer, dialoguer et mobiliser !

La mobilisation a permis d’informer sur les impacts du projet et de sensibiliser sur le rôle des banques dans le financement des changements climatiques. Ces informations ont été appréciées des passants et des clients de la banque choqués par le soutien de la banque à un projet aux conséquences dévastatrices.

Au-delà des actions de rue visant à interpeller les passants, ces mobilisations ont permis de susciter des échanges entre les citoyens mobilisés et les personnels des agences régionales. Plusieurs groupes ont ainsi rencontré le directeur et le/la chargé(e) de communication. A Metz, les militants ont remis aux employés de la banque une lettre d’information sur l’implication de la Société Générale dans Alpha Coal. Leur démarche a reçu un bon accueil. « La plupart des gens ont jugé le projet d’honteux et certains se sont d’eux-mêmes engagés à changer de banque et quitter la Société Générale si elle ne se retirait pas du projet ! » témoigne un des militants de Moselle.

Les informations ne sont pas non plus passées inaperçues au siège parisien qui, à l’issue d’une action organisée le 15 novembre à Paris, a immédiatement réagi par un mail envoyé aux Amis de la Terre (1). Si la banque refuse d’être perçue comme responsable du maintien d’un modèle économique et énergétique fondé sur les énergies fossiles, elle se dit « soucieuse de sa responsabilité dans les services financiers qu’elle apporte à ses clients […] Toute implication de Société Générale dans le lancement effectif du projet Alpha se fera dans le respect de [ses] Principes [Généraux environnementaux et sociaux] et des conditions fixées par l’état de Queensland et l’Australie, plus particulièrement celles visant à préserver la Grande Barrière de Corail ».

La mobilisation se poursuit

Or, ces politiques sont insuffisantes pour garantir toutes les précautions sociales, environnementales et climatiques et les autorités australiennes sont de renom des grands fervents du développement minier1. Quant à l’organisme chargé de la protection de la Grande barrière de corail, deux de ses membres sont soupçonnés de conflits d’intérêts avec les industries des mines et du gaz2. « La semaine d’actions a permis de démontrer notre détermination à stopper Alplha Coal. Après avoir ignoré les protestations des citoyens, la Société Générale a enfin réagi. Il s’agit désormais de ne pas se démobiliser tant que la Société Générale n’aura pas déclaré déclaré mettre un terme à son rôle de conseil, comme l’a déjà fait la banque états-unienne la Citi en début d’année » déclare Lucie Pinson, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre.

Restez mobilisé/e : Continuons à faire pression sur la banque ! Signez la cyberaction adressée au directeur générale de la banque, Frédéric Oudéa !

Pour plus d’informations, contactez Lucie Pinson, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre - lucie.pinson@amisdelaterre.org

(1) La réponse par mail de la Société Générale ainsi que celle par lettre des Amis de la Terre sont disponibles à droite de l’article.

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