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Nouvelles lignes directrices énergétiques de l’ORSE : encore loin du compte !

Paris, le 5 février 2013 - L’ORSE, qui réunit des acteurs majeurs du financement de l’économie en France et à l’international, publie aujourd’hui ses nouvelles lignes directrices concernant le secteur de l’énergie destinées à inspirer les politiques sectorielles des banques et assurances françaises (1). Pour les Amis de la Terre, si celles-ci constituent un premier pas, elles restent notoirement insuffisantes et très éloignées de leurs demandes de fond. La nécessaire transition énergétique ne se fera pas en continuant de financer des centrales à charbon, des projets fossiles non conventionnels, des grands barrages ou des centrales nucléaires, dont les impacts sociaux et environnementaux sont de plus en plus désastreux. Ces activités doivent donc être exclues des financements et les émissions de GES « financées » par les acteurs financiers français décroître significativement, au plus vite.

L’adoption de politiques sectorielles dans le secteur énergétique constitue une demande prioritaire historique des Amis de la Terre depuis la publication de leur rapport "Banques françaises, banques fossiles ?" en 2007 (2). Après avoir pris beaucoup de retard sur le plan international, les grandes banques françaises, notamment BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, ont progressivement adopté de telles politiques dans certains secteurs sensibles ces dernières années. L’adoption de nouvelles lignes directrices dans le secteur de l’énergie par l’ORSE, destinées à inspirer de telles politiques dans les autres banques mais aussi assurances et gestionnaires d’actifs en France est donc un premier pas dans la bonne direction.

Toutefois, celles-ci sont à l’image des dernières politiques sectorielles adoptées par ces banques et se révèlent à l’étude notoirement insuffisantes. Viviana Varin, chargée de campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, explique là où le bât blesse : « La formulation de ces lignes directrices est décevante. La présentation des enjeux y est fortement biaisée, le vocabulaire employé souvent flou, et les exceptions à la règle nombreuses laissent toute la place à l’interprétation, transformant ces lignes directrices en véritable gruyère. Par ailleurs, les critères de sélection ou d’exclusion retenus ne correspondent pas à l’ambition affichée de "recueillir les meilleures pratiques observées sur le marché", plusieurs d’entre elles n’ayant pas été reprises dans de nombreux domaines. Les avancées observées sont malheureusement timides, comme la référence aux critères de la Commission Mondiale des Barrages dans le secteur hydroélectrique, qui reste une simple « recommandation » et non une obligation pour les nouveaux projets dans les pays du Sud ».

Mais le problème de fond réside dans l’aversion confirmée des institutions financières françaises à l’exclusion réelle de toute activité controversée. Yann Louvel, référent de la campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, conclut : « Plutôt que d’exclure les secteurs et activités ayant le plus d’impacts sur le climat, l’environnement ou les conditions de vie des communautés locales à travers le monde, comme les centrales à charbon, les projets pétroliers de sables bitumineux ou dans l’Arctique, ou les centrales nucléaires, ces lignes directrices tentent de mettre en place des critères d’acceptabilité de ces activités qui restent notoirement insuffisants. Pour les Amis de la Terre, de tels projets fossiles non conventionnels, ou encore des projets nucléaires ne peuvent être « responsables » par nature. Les banques françaises n’ont toujours pas tiré les leçons des dernières catastrophes dans ce secteur, à commencer par celle de Fukushima. Elles doivent donc adopter l’exclusion totale de ces fausses solutions aux crises climatiques et environnementales et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre financées dans les plus brefs délais pour ne plus être impliquées dans de nombreux projets controversés aux quatre coins du monde ».

Contact presse : Caroline Prak, Les Amis de la Terre, 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43

(1) Lignes directrices du secteur de l’énergie de l’ORSE
(2) Rapport Banques françaises, banques fossiles ?, Les Amis de la Terre, Mars 2007

Rédigé le