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Nucléaire : « La sortie de toute urgence ou l’enlisement mortel »

Par Groupe local de Midi-Pyrénées

Motion proposée par les Amis de la Terre à l’AG du Réseau Sortir du nucléaire

Considérant que, depuis sa création, le Réseau « Sortir du Nucléaire » a accompli un très important travail pour :

- rassembler les militants antinucléaires, dynamiser leur action ;

- informer la population française, la rendre plus consciente du danger nucléaire ;

- développer des liens essentiels avec les antinucléaires européens ;

- entraver l’action du lobby nucléaire par des campagnes et manifestations bien ciblées ;

mais que la détermination du lobby nucléaire ne fléchit pas pour autant, et que celui-ci poursuit vis-à-vis de ses opposants une stratégie d’usure, notamment en :

- diffusant sans trêve, à grands frais, une propagande mensongère sur tous les médias ;

- multipliant les simulacres de débats pour entretenir l’illusion d’un choix démocratique ;

- construisant le laser Mégajoule avec l’assentiment des gouvernements de droite comme de gauche ;

- promouvant le projet ITER et le fantasme, à échéance d’un siècle, d’une nucléarisation radieuse ;

le tout dans un contexte de prolongation irresponsable de la durée de vie d’un parc déjà prématurément vieilli et de dérégulation économique effrénée, qui rend de plus en plus aléatoire la sécurité de l’exploitation des centrales et inéluctables des accidents majeurs, dont chacun sait désormais que l’impossible gestion sera opaque et militaire ;

et, enfin, vu les irrattrapables retards pris, faute de financements adéquats, en matière de solaire et d’éolien, nous estimons le moment venu pour le Réseau « Sortir du Nucléaire » d’exprimer fermement sa volonté de cessation de toute urgence - et non dans 10, 15 ou 20 ans - de toute production d’électricité nucléaire, en France et ailleurs,

par l’exigence :

- d’une politique volontariste et efficace d’économies d’énergie ;

- d’un recours transitoire à l’énergie fournie par les centrales existantes au gaz, au fioul et au charbon avant que leur démantèlement, en cours d’accélération, ne nous interdise définitivement cette option ;

- d’une intensification de l’installation, sur tout le territoire français, d’équipements exploitant les sources d’énergie renouvelables ainsi que d’unités de cogénération.

Sans cela, le Réseau « Sortir du nucléaire » n’échappera pas à l’enlisement dans une guerre d’usure sans espoir avec le lobby nucléaire, qui épuisera en vain les meilleures volontés.

Loin d’être extrémiste, cette position, qui laisse pour l’heure délibérément de côté tous les aspects liés :

- au nucléaire militaire ;

- à nombre d’inconséquences du nucléaire médical ;

- aux applications industrielles de plus en plus nombreuses et dispersées de la radioactivité ;

devrait désormais apparaître à tout militant antinucléaire et tout écologiste dûment informé comme un compromis particulièrement modéré, et être défendu comme tel auprès du grand public.

Proposition de campagne

Dans cette logique, nous souhaitons que la prochaine campagne du Réseau « Sortir du nucléaire » défende l’incontournable recours à tous les moyens de production d’électricité disponibles autres que nucléaires, à titre de transition, en attendant que soient effectivement réunies les conditions matérielles de la mise en place du tout énergies renouvelables. Nous proposons, dans le cadre de la refonte programmée de la brochure « Par ici la sortie... du nucléaire », de rédiger un chapitre en ce sens.

Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées, février 2004